La nomination par l‘archevêque de Toulouse, Mgr Kerimel, d’un chancelier auteur d’un viol sur mineur il y a 30 ans, l’abbé Dominique Spina, suscite de nombreuses réactions. Voici celle de l’abbé Pierre Vignon dans les colonnes du journal catholique italien Adista.
A propos de la décision de l’évêque de Toulouse, Mgr Guy de Kerimel, de nommer Dominique Spina , prêtre déjà condamné par la justice civile pour abus sur mineur , comme Grand Chancelier du diocèse (avec responsabilité, donc, des archives), au nom de la « miséricorde », nous publions la contribution de l’abbé Pierre Vignon , prêtre à Valence et ancien juge ecclésiastique du diocèse de Lyon.
Ce qui est en jeu, c’est la théologie fondamentaliste de l’archevêque de Toulouse, selon laquelle tout doit être pardonné, immédiatement et inconditionnellement. Cette idéologie, apparemment évangélique, n’est pas chrétienne. Pour être véritablement chrétien, il faut reconnaître que le pardon est un cheminement spirituel qui demande du temps, et accepter ce que Benoît XVI a déclaré le 11 mai 2010 à Fatima : « Le pardon ne remplace pas la justice. »
Le deuxième point concerne la grave faute de la Section disciplinaire du Dicastère pour la doctrine de la foi, qui n’a pas destitué Dominique Spina de l’état clérical. D’autres considérations méritent d’être prises en compte, mais il serait trop long de toutes les énumérer.
A partir de là, nous sommes enfermés dans un faux problème dont la « solution » ne serait rien d’autre qu’une décision personnelle de l’archevêque de Toulouse.
Dominique Spina a gravement transgressé les lois de la République et violé les fondements mêmes du sacerdoce. Son rôle ne peut plus être envisagé que dans le cadre d’une vie de retraite et de pénitence.
J’ajouterais qu’en agissant ainsi, l’archevêque de Toulouse a fait preuve d’un grave manque de discernement, ignorant le travail de la Conférence épiscopale française pour résoudre la crise des abus. C’est comme s’il essayait de faire la leçon à ses frères : « Voyez comme je suis évangélique et comme vous ne l’êtes pas. »
Cette situation est fausse et ne peut durer. Tôt ou tard, il devra démissionner, même s’il ne semble pas en avoir l’intention pour le moment.
Il est clair que nous devons réfléchir ensemble à la réinsertion des prêtres coupables de crimes, mais la solution ne pourra jamais être celle préconisée par l’archevêque de Toulouse.
Je suis frappé par le silence prolongé du Conseil permanent de l’épiscopat et de son président sur cette question. Ce style de gouvernance, selon l’aphorisme de Queuille ( « Il n’est pas de problème que l’absence de solution ne puisse résoudre » ), est une manifestation déplorable de cléricalisme.
Heureusement, les victimes protestent et les défenseurs du bon sens se joignent à elles.
Cette histoire du « parti de la miséricorde » est une tromperie, ainsi qu’une offense à la vraie miséricorde, simplement parce que le pardon ne remplace pas la justice.
Merci, Benoît XVI.
Le problème de l’Archevêque de Toulouse , c’est un manque de discernement qui l’empêché de mesurer le scandale de cette nomination.
La miséricorde ne va jamais sans la justice.
Comme l’affirme l’Abbé Pierre Vignon, l’affaire ne va pas s’arrêter la et la réduction à l’état laïc va s’ensuivre inéluctablement.
Elle aurait dû suivre la condamnation à de la prison ferme.