Trois prêtres issus du diocèse de Toulon ont été envoyés dans le diocèse d’Amiens et installés par Mgr le Stang à Albert, en charge des quatre anciennes paroisses et du sanctuaire marial Notre-Dame de Brebières situé en ville; ils ont émis la volonté de vivre en communauté suivant la spiritualité franciscaine. Seulement, leur intégration se passe mal – ils sont plutôt rigoristes dans une paroisse qui ne l’est pas, ont refusé (à bon droit) des concerts profanes dans des églises et, plus embarrassant, un signalement au sujet de dérives sectaires a été fait à leur sujet en 2020, mais ignoré.
Le courrier picard a fait une longue enquête à leur sujet – il s’agit des pères François-Régis Fabre, Eloi Legrand (ordonné en 2011) et Pierre-Marie Brochery, où l’on apprend que des paroissiens contestent un « virage rigoriste », l’exclusion des divorcés remariés de la communion, ainsi que le refus desdits curés d’accepter que des morceaux profanes soient joués lors de concerts dans les églises – le maire de Bray-sur-Somme a beau être « bouleversé« , les prêtres ne font qu’appliquer le cadre normatif qui régit les concerts dans les églises – même si à la campagne on a l’habitude d’être plus souple envers les groupes musicaux locaux, la musique régionale ou classique profane.

Cherchez les femmes : un signalement pour dérives sectaires ignoré il y a cinq ans
Les paroissiens s’interrogent aussi sur « ces femmes qui les suivent depuis qu’ils sont arrivés et cherchent à s’installer sur Albert. Elles se répartissent dans l’assemblée et donnent l’impression qu’elles cherchent à enrôler le maximum de personnes« .
Or, il y a cinq ans, un signalement avait déjà été fait au sujet de la communauté franciscaine animée par Eloi Legrand, alors qu’elle était dans le diocèse d’Autun : » Le père Eloi Legrand, du diocèse de Toulon, s’occupe de façon très dominatrice d’une communauté qui se fait appeler fraternité franciscaine. Mgr Rey s’est débarrassé du père Eloi Legrand. Un des prêtres de la communauté, François-Régis Favre, a été accueilli avec des membres à Epernay, dans la Marne, par Mgr Touvet. Le reste de la communauté s’est replié à Paray-le-Monial. Il y a deux familles. A ces couples sont joints quatre femmes dont la plus jeune a 30 ans et la plus âgée 55 ans environ. Elles ont acheté une maison dans un village au sud de Paray-le-Monial. Actuellement, le « gourou » du groupe, Eloi Legrand, se trouve bloqué en Italie pour cause de coronavirus. Il ne cesse de harceler les membres par internet et par téléphone« .
Suite à ce signalement, la communauté ne semble pas s’être fixée dans le diocèse d’Autun; un des prêtres est même passé par Epernay dans le diocèse de Châlons sur Marne.
Il faut cependant préciser qu’un procès administratif canonique, intenté à Toulon voici quelques années, avait innocenté l’abbé Legrand.
Faute de vocations…
Néanmoins on peut quand même s’étonner que le signalement n’a pas été transmis en temps et en heure à Amiens – même si le diocèse, qui selon l’annuaire pontifical en 2024 comptait 54 prêtres séculiers, 10 prêtres religieux et un seul séminariste, n’a probablement personne à mettre à Albert, sous-préfecture, ville accueillant un sanctuaire marial, située sur le front de la guerre de 1914-18- Blaise Cendrars a combattu avec d’autres volontaires étrangers dans les environs, et les dizaines de clochers aux environs. La province ecclésiastique de Reims, dont fait partie Amiens, ne compte en tout et pour tout que...14 séminaristes pour ses 7 diocèses.
D’ailleurs Mgr le Stang, en les installant, rappelait qu’ils remplaçaient deux prêtres fidei donum du Burkina Faso : « vous passez de deux prêtres du Burkina Faso, Emmanuel et Damien, qui vous ont accompagnés avec beaucoup de discrétion et de bonté, à une fraternité de trois prêtres, encore bien jeunes, venant du diocèse de Fréjus et Toulon (même s’ils ne sont guère toulonnais d’origine. D’ailleurs, aucun ne parle avec l’accent du midi !) ».
Mgr le Stang : « ces prêtres ont été accueillis avec une première année à l’essai »
En répondant à RCF, Mgr le Stang, évêque d’Amiens, essaie de recadrer les choses : « Ces prêtres ont été accueillis pour trois ans avec une première année à l’essai. Il va falloir évaluer la situation très rapidement pour savoir si on peut continuer l’expérience ou pas […] Il faut être juste pour les personnes qui se sentent blessées et pour ces prêtres. Cela suppose de prendre du temps tout en se pressant. Et de décider tout en restant juste pour chacun« .
En revanche il les conforte au sujet des concerts – en application notamment de la loi de 1905 qui s’oppose noir sur blanc à la tenue d’activités profanes dans les édifices affectés au culte : « C’est un principe de la loi de laïcité qui fait que le lieu de culte doit rester un lieu de culte et pas un lieu de spectacle. il y a une tolérance pour les activités culturelles. ça se fait en bonne composition. Il y a toujours un regard du pasteur local et au niveau diocésain« .
Quant à ceux qui se sentent exclus de la communion, les prêtres ex-toulonnais devront revoir leur copie, pour Mgr le Stang : « Nous sommes dans un diocèse qui a une tradition d’accueil très forte. Que personne ne se sente exclus dans notre Église, c’est une priorité des priorités« .

Nous sommes dans un diocèse qui a une tradition d’accueil très forte .
Tout est dit en cette phrase : le péché n’existe plus , c’est de la foutaise, communions tous et de toute façon nous irons tous au paradis !
Affligeant !