La réinstallation comme vicaire général de Strasbourg de l’abbé Hubert Schmitt mis en cause pour agression sexuelle d’un enfant de chœur dans les années 1990 continue à faire des vagues. Le collectif de victimes de l’abbé Tartu à Tours, Voix Libérées, communique à ce sujet et annonce la projection du documentaire où la victime confie son témoignage.
Les faits sont prescrits pour la justice civile, mais peuvent être poursuivis par la justice canonique – encore faut il la volonté de rendre justice aux victimes plutôt que de protéger un responsable ecclésiastique local.
Nomination du chanoine Hubert Schmitt : le Collectif Voix Libérées dénonce un signal préoccupant pour les victimes
Le Collectif Voix Libérées exprime sa profonde indignation après la récente nomination du chanoine Hubert Schmittcomme vicaire général du diocèse de Strasbourg, alors même que des accusations d’agressions sexuelles sur mineur, remontant à 1993, sont connues de l’Église et de l’opinion publique. Ces faits présumés, jamais jugés à ce jour ni par la justice civile ni par la justice canonique, sont notamment relatés dans le film documentaire La Déposition (2024), qui témoigne avec force de la difficulté des victimes à faire reconnaître leur parole.
Pour notre collectif, engagé depuis 2021 pour la reconnaissance des victimes et la prévention des abus, cette nomination envoie un message profondément décourageant :
celui d’une institution qui choisit encore de promouvoir des clercs mis en cause plutôt que de suspendre leur responsabilité le temps que toute la lumière soit faite. Elle ravive des blessures, fragilise la confiance et met en péril le travail de réparation entrepris ces dernières années.
Nous rappelons que le chanoine Hubert Schmitt bénéficie de la présomption d’innocence, mais nous affirmons que la responsabilité morale et institutionnelle de l’Église impose des mesures de précaution : suspendre les responsabilités, communiquer avec transparence et placer la protection des victimes au cœur des décisions.
Le film La Déposition, qui sera prochainement projeté aux Studios CNP à Tours dans le cadre d’un événement organisé par notre collectif, suivi d’un débat public, incarne symboliquement cette lutte pour la vérité et la reconnaissance. Il met en lumière la persévérance de ceux qui, malgré les silences et les blocages, refusent que les abus restent enfouis.
Nous demandons à l’Église de :
• Revenir sur cette nomination jusqu’à ce que les faits soient pleinement éclaircis ;
• Garantir des procédures transparentes et respectueuses des victimes ;
• Affirmer sans ambiguïté que la lutte contre les abus prime sur toute autre considération institutionnelle.