Dans une imposante lettre pastorale de 11 pages, rédigée en néerlandais et en anglais, Mgr Bonny, le très hétérodoxe évêque d’Anvers, soutien de l’euthanasie et du mariage des prêtres, fait un grand pas en avant vers l’abîme et le schisme en annonçant vouloir ordonner des hommes mariés d’ici 2028, sous couvert d’implémenter le synode sur la synodalité dans son diocèse. Rome n’a pas encore répondu, et la démarche de Mgr Bonny laisse entendre que ni le Vatican ni les évêques belges ne l’ont soutenu dans cette fuite en avant.
Il s’appuie sur l’effondrement des vocations : « tout d’abord, de nombreux diocèses connaissent une pénurie historique de prêtres locaux. Le nombre d’hommes célibataires souhaitant devenir prêtres est quasiment nul. Heureusement, la plupart des diocèses peuvent faire appel à des prêtres étrangers pour pallier en partie ce manque. Notre diocèse est très reconnaissant envers le grand nombre de prêtres étrangers qui viennent combler cette pénurie. Ils enrichissent également notre vie ecclésiale d’une dimension universelle et catholique. Cependant, ils ne peuvent pas répondre à tous nos besoins. Ils viennent nous aider, non nous remplacer. De plus, il ne serait pas juste de leur faire porter le fardeau de cette pénurie« .
Puis affirme que les diocèses ont déjà l’habitude de travailler avec des prêtres mariés, issus des églises non latines : « tous les diocèses comptent parmi leurs prêtres des prêtres catholiques mariés. Certains de ces prêtres, comme dans notre diocèse, appartiennent à une Église catholique orientale (originaires notamment de Roumanie, d’Ukraine, de Biélorussie ou du Moyen-Orient). Ils sont mariés et parents de jeunes enfants. Certains ont été formés dans notre séminaire interdiocésain de Louvain, avec les autres séminaristes. Ils célèbrent les sacrements selon leur rite et notre rite. Progressivement, la plupart des prêtres catholiques orientaux mariés dans le monde vivent en Occident, et non plus en Orient« .
Et après avoir cité le synode sur la synodalité et affirmé que la « sous-culture cléricale était finie », il affirme qu’il ordonnera des hommes mariés, et que d’ici 2028 il le rendra acceptable par le Vatican et les autres évêques belges – ce qui signifie que ce n’est pas le cas aujourd’hui : « je m’efforcerai d’ordonner prêtres des hommes mariés pour notre diocèse d’ici 2028. Je les contacterai personnellement et veillerai à ce qu’ils aient alors acquis la formation théologique et l’expérience pastorale nécessaires, comparables à celles des autres candidats au sacerdoce. Cette préparation se déroulera de manière transparente et discrète, à l’abri des médias. Les deux prochaines années seront également consacrées à assurer la communication et les arrangements nécessaires, tant avec la Conférence épiscopale belge qu’avec le Vatican, afin de bénéficier mutuellement de nos expériences et de nos points de vue ».
Mgr Bonny veut aussi des femmes »pasteur »
L’évêque d’Anvers ne s’arrête pas là dans sa dérive protestantisante, il annonce « de nouvelles étapes dans le développement d’un ministère ecclésial accessible de manière égale aux hommes et aux femmes, et leur donnant une part égale dans le service pastoral et administratif de l’Église. Sur le plan terminologique, il est préférable de parler de la fonction de “pasteur”, comme c’est l’usage en Flandre« .
Même Cathobel, pourtant très mesuré vis à vis des dérives du schisme allemand en Belgique, et autres sorties hétérodoxes des évêques belges, constate que les autres évêques belges ne sont pas sur cette ligne et affirme que Mgr Bonny risque clairement l’excommunication : « reste à voir si et comment le Saint-Siège réagira aux déclarations de l’évêque belge, auquel on reproche d’ailleurs parfois de faire cavalier seul dans l’Eglise de Belgique… Johan Bonny a écrit vouloir se concentrer avec les autres évêques de Belgique et avec le pape. A voir quels résultats les échanges à ces deux niveaux pourrait susciter. Si, d’aventure, l’évêque d’Anvers devait passer outre une autorisation du pape et effectivement ordonner prêtres des hommes mariés, il encourrait certaines sanctions pouvant aller jusqu’à l’excommunication« .
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Le bilan de Mgr Bonny et de ses semblables : la mort de la Flandre catholique
Sauf que justifier des ordinations hétérodoxes par le fait qu’il n’y a plus de vocations est quelque peu spécieux quand on a tout fait pour les décourager. Il y a deux ans presque jour pour jour, Paix Liturgique faisait le portrait de Mgr Bonny et publiait des données statistiques sur l’église en Flandre en pleine agonie
L’évêché d’Anvers compte, selon l’annuaire pontifical, 310 paroisses, 839 prêtres, 526 religieux, 1927 religieuses. Supprimé en 1801, il a été recréé en 1961 par détachement de Malines, sans Malines – il est donc inférieur de 300 km² à la province administrative éponyme. En 2004 on y comptait 1.289.847 baptisés pour 1.4 millions d’habitants.
Mgr Bonny est relativement peu disert sur la pratique dans son diocèse, même si en 2018 il y a fait revenir les dominicains, après 170 ans d’absence. En 2012, il tressait les éloges de l’agglomération d’Anvers – et elle seule – où la pratique se maintient grâce aux immigrés. En creux, il se désintéresse des Flamands et ceux-ci lui rendent bien : « Anvers est depuis toujours une ville ouverte au monde, par son port, marquée par les influences de l’industrialisation, du socialisme, du mouvement flamand, habituée à accueillir des communautés nouvelles et des catholiques de tous les continents. Savez-vous que le dimanche, ici, la communauté catholique la plus importante en nombre est de langue et d’origine polonaise ! La ville a une forte tradition intellectuelle, des ressources, une tradition sociale, des classes moyennes, mais aussi des personnes marginalisées par la pauvreté. On peut construire une Église vivante, en utilisant toutes ces possibilités. Si l’Église a un avenir en Europe, c’est dans des villes ou dans des agglomérations comme Anvers ! ».
En revanche, en 2017 un hebdomadaire flamand, Gazet van Antwerpen, consacre un article au vieillissement du nombre de pratiquants et à leur chute – même si la pratique reste alors quatre fois supérieure en Flandre qu’en Wallonie, à l’occasion de la parution d’un livre – rappelons au passage que l’Église étant un service public en Belgique, les conséquences économiques sont atténuées par rapport à d’autres pays où l’effondrement du catholicisme ne peut plus être caché, comme le Canada.
La pratique hebdomadaire, en Flandre, a été divisée par deux depuis 2005 et par 3.5 depuis 1996. Voilà donc le bilan chiffré de Mgr Bonny et de ses collègues, dont ils ne tiennent guère à parler. Les évêques flamands bénissent les unions LGBT, cependant que les fidèles fuient leurs églises. En 2017 toujours, un catholique pratiquant chaque semaine sur 50 a moins de 34 ans. L’Église en Flandre, après 15 ans d’épiscopat de Mgr Bonny est en train de mourir.
La traduction de cet article a été faite : « Lu dans la Gazet van Antwerpen de ce vendredi 27 janvier 2017 (p. 10) : « 6 % (de Flamands) vont encore à la messe. La grande majorité des Flamands ne fréquente plus l’église qu’à l’occasion des baptêmes, des mariages ou des enterrements. Selon les dernières données, cela vaut pour plus de 45 % de la population entre 18 et 85 ans. « Ce groupe est resté relativement stable en importance au cours des vingt dernières années. Le plus grand changement concerne les croyants profonds et ceux qui disent n’appartenir à aucune religion ou Église », a déclaré Jaak Billiet, professeur émérite du Centre de recherches sociologiques (KU Leuven¹). Les fidèles stables sont des gens qui assistent à une messe chaque semaine » ; 6 % des répondants ont dit le faire encore. Avec ce chiffre, nous nous trouvons au niveau historique le plus bas. Parce qu’en 2005, ils étaient encore 12 %, et en 1996, 20 %. Il y a aussi une proportion de 11 % parmi les fidèles qui se rendent de temps en temps à l’église », a déclaré Billiet. Le sondage est effectué chaque année depuis 1996 auprès de 1.500 Flamands, sur la base d’une enquête approfondie.
Un livre consacré aux changements socio-culturels en Flandre sera présenté le 31 janvier et aussi via regionalestatistieken.vlaanderen.be. Un catholique pratiquant a, en moyenne, 70 ans ; il y en a seulement 2 % qui ont moins de 34 ans. Avec un âge moyen aussi élevé, la question se posele fond a-t-il été atteint ou la fréquentation de l’église peut-elle tomber plus bas ? « Des études ont montré que chaque génération qui vient est de moins en moins religieuse et de moins en moins croyante. Dans le monde chrétien catholique, la chute va encore durer. De sorte que, pendant un certain temps, on ne pourra pas la contenir », a déclaré Mark Elchardus, professeur émérite de sociologie (VUB) ».

Et bien après une telle information que l’on ne nous dise plus jamais que la Fraternité St Pie X est schismatique Cet évêque n’a plus rien de catholique Ce sont de tels et évêques qu’il faudrait sanctionner si le Vatican faisait son travail correctement.
Ingénieuse comme idée . . . pour prendre une retraite anticipée ! Mgr Bonny aura bientôt 71 ans. Ses dernières âneries devraient faire en sorte qu’il soit remercier bien avant ses 75 ans.