Le 3 février dernier, les travaux de démolition de l’église de Saint-Gault, à Quelaines saint Gault en Mayenne, avaient commencé avec la dernière sonnerie des cloches, et l’édifice a été vidé. Néanmoins le 4, les travaux ont été suspendus, le maire s’est dit agressé, et un prêtre de la Résistance a été placé en garde à vue puis a été libéré et a porté plainte en retour.
Le 3 février, « des employés d’une entreprise étaient présents ce mardi matin pour vider l’édifice de ses bancs et de ses meubles. Un prêtre du diocèse de Laval s’est joint au rassemblement. Il n’a pas prononcé de discours mais a fait sonner une dernière fois les cloches ». Une vingtaine de personnes se sont réunies pour dire au revoir à l’édifice – que la mairie veut détruire en laissant quelques murs pour en faire un étrange « lieu de mémoire » qui tient plus de la ruine romantique, alors que visuellement, l’église n’est pas du tout au bord de l’effondrement.

Comme le précise la commune sur son site, l’église a déjà été désacralisée et n’était plus utilisée depuis de longues années à cause de l’état général du bâtiment. « la préfecture a délivré un arrêté de désaffectation à la vue du décret de désacralisation de l’église de Saint-Gault. Lors de la réunion du mercredi 26 novembre 2025, l’avenir de l’église a été acté par le conseil municipal avec le vote à l’unanimité pour le déclassement du domaine public de l’édifice ».
Altercation entre un curé de la Résistance et le maire, plaintes croisées
Cependant le 4 février, alors que la démolition avait commencé, une altercation a eu lieu entre un ecclésiastique de la Résistance – mouvement dissident de la FSSPX créé par Mgr Williamson – et le maire qui s’est dit agressé. Le prêtre a été placé en garde à vue, puis celle-ci a été levé. Selon nos informations le prêtre a aussi porté plainte pour faux témoignage et violences en réunion.
Dans les colonnes de la presse locale, le maire s’explique : «
ans se précipiter, ils sont allés vers leur voiture, on n’était pas très loin d’ailleurs. Le prêtre a démarré et il ne s’est pas arrêté. Moi, il m’a touché la main, sans gravité, mais son rétroviseur a été cassé. Sur le moment, je me suis demandé ce qu’il se passait. Dans les secondes qui ont suivi, je me suis dit oui, on a franchi une étape qui est inadmissible. Je n’étais pas tout seul, d’autres personnes de l’entreprise étaient aussi, près de moi. Le prêtre ne m’a pas visé en tant que maire, il a juste décidé de partir peu importe ce qu’il y avait devant ».
L’abbé Salenave donne aussi sa version des faits : « e n’étais pas vraiment au courant de ce projet de destruction, alors que je suis en Mayenne. C’est un fidèle qui m’a envoyé un lien qui parlait de cette histoire. Ça m’a un peu touché, quand j’ai regardé l’historique et je me suis dit qu’on ne pouvait pas faire ça. Par contre, j’ignorais tout des polémiques passées. Alors, j’ai demandé à un ami proche de m’accompagner à l’église de Saint-Gault, pour faire un petit reportage. À ce moment-là, arrive le maire à toute vitesse. Je ne savais pas qui c’était. Il était en colère. Le caméraman était en train de me filmer, nous étions à l’extérieur, et moi je commentais ce qu’il se passait. Le maire nous agresse verbalement et nous demande d’arrêter de filmer.
Comme la situation était un peu tendue, je dis à mon ami que nous allons partir. Le maire voulait vraiment que l’on détruise la vidéo, alors il tentait de prendre le téléphone. Je voulais vraiment faire quelque chose de pacifique. Et là, le maire hurle : « Arrêtez-les ! Barrez-les, mettez vos voitures en travers, bloquez-les. Nous, on continue de partir, on s’installe dans le véhicule, quand trois ouvriers se mettent juste devant notre voiture. Ils essayent alors d’ouvrir les portes. J’ai démarré le moteur, j’ai avancé tout doucement et ils se sont tous écartés, et je suis parti ».
Les travaux de démolition arrêtés suite à un recours d’Urgence Patrimoine
L’association Urgence Patrimoine a déposé une requête en urgence avec un référé suspension pour suspendre la démolition de l’édifice; la préfecture de Mayenne confirme l’arrêt des travaux en attendant le prononcé du tribunal : « À la suite d’une saisine du tribunal administratif de Nantes, le maire, en accord avec la préfecture, a suspendu les travaux de démolition dans l’attente de l’ordonnance de référé ».