Dom Geoffroy Kemlin, abbé de l’Abbaye Saint-Pierre de Solesme, évoque la question liturgique dans une longue interview sur RCF publiée le 31 janvier (et un article qui est consacré à cet échange sur le site de RCF)
Malgré son départ de Fontgombault, Dom Geoffroy Kemlin garde toujours de bons liens avec l’abbaye. « Depuis deux ans je crois, nous nous réunissons entre monastères attachés à l’un ou l’autre rite pour discuter de nos expériences distinctes, pour partager notre expérience. Ça nous paraît très important pour que la liturgie ne soit plus un sujet de division. »
L’abbaye de Solesmes pratique « l’hospitalité liturgique ». Cela signifie que « quand les pères abbés des monastères qui pratiquent l’ancien rite viennent chez nous, ils ont l’habitude de concélébrer. Si néanmoins, ils souhaitent célébrer selon l’ancien rite, ils sont évidemment accueillis avec joie. » De même, Dom Kemlin « pratique sans difficulté l’ancien rite même si habituellement on me laisse célébrer le nouveau rite ».
Aujourd’hui, la question des rites est un sujet sensible au sein du catholicisme. Les fidèles attachés à l’ancien rite ont pu éprouver un sentiment de rejet suite à la publication du motu proprio « Traditionis custodes », en juillet 2021 par le pape François. L’abbaye de Solesmes œuvre justement à une réconciliation autour de ces questions liées au rite.
« La liturgie est faite pour nous unifier, affirme Dom Geoffroy Kemlin. Les divisions actuelles, la polarisation, un peu, de l’Église est vraiment quelque chose qui nous déchire le cœur. C’est vraiment un contre-témoignage. » Selon l’abbé de Solesmes, « le pape Léon souhaite apaiser la situation, je sais qu’il est attentif à ce qui se passe… Il va prendre les décisions qui conviendront pour apaiser les choses. »
