Après avoir révélé ce 29 août des abus au collège lycée Saint Stanislas entre 1958 et 1995, mettant en cause « cinq prêtres et un surveillant tous décédés« , le diocèse de Nantes lance un appel à témoignages.
« Ce vendredi 29 août 2025, Mgr Laurent Percerou, évêque de Nantes et Mr Frédéric Delemazure, directeur diocésain de l’Enseignement catholique ont réuni les journalistes en conférence de presse afin de leur communiquer des informations concernant des faits d’abus sexuels (commis dans la période 1960-2000) dans l’établissement scolaire Saint Stanislas à Nantes. Tous deux ont rappelé avec force l’abjection de ces agissements et ont voulu redire aux victimes leur profonde compassion et leur volonté sans faille de faire de ces établissements scolaires des maisons sûres ».
L’appel à témoignages concerne aussi les trois anciens petits séminaires (Guérande, Legé, Les Couets) – des abus ont eu lieu, selon nos informations, dans le premier.
Pour Saint Stanislas, selon les témoignages d’anciens élèves et de victimes dont nous avons connaissance, le diocèse de Nantes n’a pas tout dit :
- Tous les auteurs d’abus et de gestes deplacés à Saint Stanislas ne sont pas décédés – et le diocèse de Nantes le sait, puisqu’ils ont été nommément cités par les tags qui en 2021 avaient été faits aux abords de l’établissement puis du Grand Séminaire.
- Il y a bien plus que dix victimes.
- Il y a eu aussi des abus entre élèves, ignorés par la direction, dans les années 1970 à 1999.
- Le dernier prêtre auteur d’abus est décédé en 2017.
- Il a fallu presque quatre ans entre les premiers tags au lendemain du rapport de la CIASE et cette conférence de presse pour que le diocèse de Nantes communique sur les abus dans l’établissement – la longueur de ce délai interroge.
- Certains des faits d’abus dans l’établissement étaient connus et documentés dès le début des années 1980 – mais à cette époque les lanceurs d’alerte ont été ignorés, intimidés, voire chassés de l’établissement.
- Dans un cas d’abus commis il y a plusieurs décennies les parents de la victime auraient été payés pour ne pas déposer plainte. L’auteur, un prêtre, a été envoyé faire des cours de catéchisme (!) aux élèves à la place de la matière qu’il enseignait. Il est décédé dans avoir jamais été poursuivi.
« Le diocèse de Nantes nous a ignoré ostensiblement pendant des années, tous les évêques, les responsables de l’enseignement catholique« , confie une victime, « et maintenant ils continuent à oublier – ou omettre ? – des faits importants, comme s’ils continuaient à couvrir des responsables. Mais eux demandent qu’on leur fasse confiance et qu’on témoigne, c’est un peu fort de café « .