Dans la lettre aux amis et bienfaiteurs de la Fraternité Saint-Pie X (n°89, décembre 2020), l’abbé Davide Pagliarani, FSSPX, Supérieur Général évoque les raisons de la fondation de la Fraternité il y a 50 ans.
Les circonstances providentielles dans lesquelles Dieu a voulu susciter la FSSPX, qui sont celles de la crise terrible où se trouve plongée l’Église depuis 60 ans, nous ont obligés à tenir une place toute particulière dans ce qui a pris la forme d’un véritable combat. On peut dire que c’est un peu une caractéristique de la Fraternité d’être militante : depuis le départ, elle doit lutter avec foi, avec courage, avec persévérance, contre les ennemis de l’Église. Mais il ne faut pas nous tromper sur la nature profonde de ce combat qui, si l’on y réfléchit bien, n’a rien d’exceptionnel ou d’original. Car il est bien dans la nature de l’Église elle-même, ici-bas, d’être militante. La Fraternité est d’Église, elle est donc nécessairement militante.
Quel est notre combat ? Ce fut dès le départ, et c’est certainement encore aujourd’hui le combat pour la préservation du sacerdoce. Et avec celui-ci le combat pour la messe, le combat pour la sauvegarde de la liturgie. C’est aussi incontestablement le combat de la foi, le combat pour la défense de la doctrine, tragiquement menacée jusqu’à Rome même par l’apostasie galopante de notre siècle. C’est enfin, et comme pour résumer tout cela, le combat pour le Christ-Roi, pour le règne de Notre-Seigneur dans les âmes et sur les nations.
« Il ne faut pas nous tromper sur la nature de notre combat »
Mais il faut bien comprendre ce que cela veut dire… et ne pas nous arrêter en cours de route. La vraie portée de ces luttes que nous avons énumérées, quelle est-elle ? Quelle est la raison d’être du combat pour la messe et pour le sacerdoce, celle du combat pour la foi, celle du combat pour le Christ-Roi ? C’est cette réalité qui est le but même de toute l’Église, et la raison d’être ultime de tous les combats qu’elle a dû mener tout au long de son histoire : c’est la vie spirituelle, la vie d’union intime à Notre-Seigneur, Roi.
La Fraternité doit avoir cela bien présent à l’esprit : le développement de la vie spirituelle dans nos âmes est la véritable raison de son existence providentielle. Elle ne
fait ainsi que s’inscrire dans un combat qui est plus grand qu’elle, qui la dépasse, et qui est en vérité celui de JésusChrist et de son Église depuis toujours : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance. » (Jn 10, 10) Si dans ce grand combat nous existons, et si à notre place nous luttons, c’est ultimement pour nous unir à Notre-Seigneur. C’est cela son règne ! Et ce n’est pas une idée abstraite : c’est une union concrète, effective et intime. C’est une vie !Monseigneur Lefebvre insistait magnifiquement sur cette idée : « Toute notre Fraternité est au service de ce Roi : elle n’en connaît pas d’autre, elle n’a de pensée, d’amour, d’activité que pour Lui, pour son règne, sa gloire et l’achèvement de son œuvre rédemptrice sur la terre. Nous n’avons pas d’autre but, d’autre raison d’être prêtres, que de faire régner Notre Seigneur Jésus-Christ : en faisant cela, nous apportons la vie spirituelle aux âmes. »
En totale union de prières: le Saint Rosaire, si souvent demandé par la Très Sainte Vierge Marie, notre Mère à tous depuis la Croix sacrée, glorieuse et triomphante.
Très humblement (je ne suis qu’un pauvre pécheur comme tout le monde, ce qui interdit de porter le moindre jugement, à commencer sur soi-même.)
Bonjour à tous,
n’appartenant pas au milieu traditionnaliste, je tiens cependant à remercier la Fraternité et leurs amis pour leur témoignage de foi, de fidélité à Notre-Seigneur Jésus-Christ, contre vents et marées.
Le militantisme chrétien est effectivement dans l’ADN de l’Eglise catholique, nommé justement « missionnaire ».
Ce n’est pas un volontarisme humain comme dans le syndicalisme, mais bien le prolongement de la Mission du Christ sur terre comme Il l’a enseigné et commandé souverainement.
Ce n’est pas pour rien que le Christ a suscité cette Fraternité, et donc les catholiques doivent par charité chrétienne lui prêter une oreille et un coeur attentifs et bienveillants, même sans forcément rejoindre ce milieu traditionnaliste.
L’appartenance à l’Eglise catholique exige donc à tous, de rester attentifs et vigilants au sujet de la formation chrétienne, du sacerdoce, de la liturgie, de la vie en Eglise, et de la mission.
Fraternellement en Christ.
Et son §8 : « … Nous avons tout dit sur la nocivité de la nouvelle messe; nous avons tout dit sur les erreurs de la liberté religieuse, de l’oecuménisme, etc… ; que reste t-il à dire? (…) En revanche, il reste quelque chose à donner, concrètement : voilà la bataille fondamentale (…) il s’agit du don inconditionné de nous-mêmes. »