[La promotion au cardinalat de l’archevêque de Bruxelles, alors que Mgr Léonard fut privé du « chapeau », ajoute au passif du nouveau « porporato » belge… et invite à revenir sur le dernier scandale ecclésiastique d’outre-Quiévrain]
Une fois n’est pas coutume, la palme du grotesque et du scandaleux n’est pas remise aujourd’hui à des évêques français, mais à leurs confrères d’outre-Quiévrain.
Une communauté nouvelle, récemment implantée en Belgique, et connue en France par la personnalité charismatique de son fondateur, vient d’être purement et simplement chassée, comme un domestique indélicat, du diocèse de Malines-Bruxelles. D’habitude, ces évènements intéressent peu hors de cercles restreints. Les intéressés, plus préoccupés du Bon Dieu que de ses saints, ne se plaignent guère, et vont planter leur tente ailleurs, pour le bénéfice d’autres diocèses. Et les chrétiens dépouillés se contentent de pleurer en silence.
Il semble que cette fois-ci, les choses prennent une autre tournure. Fidèles et clercs n’ont visiblement pas l’intention de se laisser éjecter sans protester. Internet, entre autres, est passé par là. Bruxelles n’est pas la capitale mondiale du lobbying pour rien.
On peut s’interroger sur le fondateur de cette communauté, et ne pas apprécier son style. Et alors ? On est « libéral » ou on ne l’est pas. « Le Roi, la Loi… la Liberté », nom d’un moule à gaufre, dirait le capitaine Haddock. Mais il n’y a pas plus totalitaire qu’un libéral, disait les Anciens.
Les évêques belges peuvent-ils se permettre le luxe de licencier une telle communauté ? Rien n’est moins certain. « La Belgique catholique ressemble à peu de choses près aujourd’hui aux zones industrielles des bassins du Nord ou de Lorraine. De grandes coquilles vidées de leur substance. Un glorieux passé disparu, monde englouti où des syndics de faillite à la foi brumeuse pratiquent tranquillement des soins palliatifs pour les derniers Mohicans, au milieu d’églises et de couvents vides. Une seule chose demeure, des moyens matériels et financiers considérables qui permettent (encore ?) d’acheter la « paix religieuse ». Mais jusqu’à quand ? » (La Nef)
Certes le droit canonique est derrière les évêques. Depuis Vatican II, il n’existe plus aucun contre-pouvoir sérieux à leur toute-puissance. Et Rome ne manque pas une occasion de défendre leurs excellences contre toute prétention à vouloir observer les quelques brides de protection du droit des fidèles et des prêtres qui subsistent encore dans le Code. Le tout, bien sûr, au nom de la miséricorde et de l’accueil des différences, à usage exclusivement extérieur.
Voilà donc les bons confrères de la Fraternité des Saints-Apôtres licenciés. L’annonce en est faite dans un communiqué de la plus belle langue de buis qui se puisse imaginer, à rendre honteux leurs confrères français. À part la luxure, et peut-être l’avarice, et encore, en cherchant bien, on finirait par trouver, on ne voit pas quel péché capital manque dans ce texte. Mensonge, gourmandise, jalousie, orgueil, tout y est.
Le plus drôle. Énorme, dirait Baudelaire, est l’argument employé. Au mépris de la liberté de choix des candidats clairement indiquée dans le droit canon. Accueillir une communauté prospère aux nombreuses vocations constituerait une injustice entre diocèses. On rêve ! « Qui veut tuer son chien… » Quiconque a fréquenté cinq minutes, un séminaire ici ou ailleurs, arpenté les diocèses français ou belges, sait que la péréquation des prêtres se pratique, bon an mal an, facilement depuis longtemps. Et si la situation est catastrophique en France, que dire de la Belgique. Pas un seul évêque français avec un peu de cœur (si, si, je vous promets, il y en a), n’irait se plaindre de partager la maigre ressource avec ses confrères belges. La question n’est pas là. Le vrai, le seul, l’unique reproche fait (implicitement) à cette communauté, c’est de refuser de s’aligner sur la politique de faillite de l’épiscopat belge, de refuser de se laisser mourir dans le confort matériel et la fumée des cigares, entre Wallonie et Flandres. On ne leur pardonne pas de rejeter cinquante ans de catastrophes liturgiques et de doctrines théologiques libérales. Le reste est de la poudre aux yeux.
« Aie confiance, aie confiance… », chantait le serpent Kaa des contes de Rudyard Kipling. L’étouffement lent conduit au même résultat que la mort subite. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, La Fontaine l’a dit. En Belgique, on prend vraiment les catholiques de base pour des moules-frites. Des solutions sont proposées aux membres de cette communauté après l’expulsion. Quelle est, franchement, la marge de manœuvre d’un séminariste par rapport à des supérieurs ? Lorsque le tumulte sera retombé, ils le nommeront en stage dans une paroisse bien « alignée ». Ils brandiront en permanence au-dessus de lui, tout au long de son séminaire, la menace voilée d’un refus d’appel aux ordres. Ils prétexteront d’une « piété rigide », d’une « inadaptation au projet pastoral diocésain », ou toute autre faribole, pour avorter tranquillement une vocation qui ne leur conviendra pas. Même les prêtres, après leur ordination, seront alignés à coup de nominations bien arrangées ou de placardisation. Quant à leurs idéaux de vie fraternelle, d’évangélisation joyeuse ou de foi authentiquement catholique, on remisera tout cela dans le placard de l’immaturité juvénile, pour laisser place au réalisme et à l’« ouverture » des apparatchiks des curies diocésaines. Soyons clairs. Une promesse épiscopale comme celle de l’évêque de Malines ne vaut rien, point barre. Mille exemples concrets pourraient être donnés, en Belgique, en France et ailleurs, sauf à compromettre les victimes. Le terrorisme mou est bien vivant. Les bonnes vieilles méthodes qui prévalent dans les diocèses depuis 60 ans règnent toujours pour formater les esprits. Il faut arrêter de se cacher derrière son petit doigt bagué.
Souhaitons que cette communauté trouve un pasteur à la hauteur de son enthousiasme et à l’ombre bienfaisante duquel naissent et germent de nombreuses vocations, d’un côté ou l’autre du Quiévrain.
Gaston Champenier
[MAJ: selon nos informations romaines, le Vatican a fait passer le message: interdiction de reconstituer la Fraternité où que ce soit… La Curie a décidément été bien réformée: lorsqu’il s’agit de sanctionner les prêtres, c’est célérité absolue et tolérance zéro!]
Quel désastre si c’est vrai. le pape est-il au courant ?
Dieu nous garde
Garmon
Comme c’est triste!
Une Eglise de plus en plus totalitaire:que pas une tête ne dépasse!….
Aller vers les périphéries qui dénaturent la Vérité de l’Evangile et la vraie foi catholique: François dit oui et applaudit. Pour ceux qui se situent dans la Vérité et qui tiennent à conserver la foi catholique: François juge et condamne sans appel et sans miséricorde aucune, si ce n’est celle du Coran, qui n’est miséricordieux qu’envers ceux qui partagent leur système.
Bonjour,
Ne croyez-vous pas cependant que les Évêques concernés, ainsi que les Dicastères romains compétents, auraient quelques raisons de regarder de très près la fondation d’une communauté nouvelle composée de prêtres ? Il serait bon de garder mémoire des graves dérives qui peuvent s’installer dans le cas contraire :
http://pncds72.free.fr/300_03_elements_information.php
Cordialement.
P. Dominique Auzenet
C’est un scandale.
Il n’en reste pas moins qu’il existe d’autres fraternités similaires auxquelles pourraient s’agréger ces vocations…
L’europe de l’ouest est terre de mission plus que jamais, en particulier nos banlieues ; elles sont le passage obligé d’un renouveau chrétien. Cette génération de pasteurs conciliaires va passer, et de ce mal naîtra un bien plus grand encore ; on voit déjà poindre les bourgeons de ce printemps à venir. Une génération s’en va, une autre vient, et la terre subsiste toujours. (Ecclesiaste I, 4)
Si l’état actuel de l’Eglise catholique de la France contemporaine est, au moins en partie, le résultat d’une relation tumultueuse, toujours non apaisée (malgré les « ralliements » successifs), avec des « Pouvoirs publics » héritiers de l’anti-christianisme de la Révolution Française, l’état actuel de l’Eglise de Belgique le résultat d’un autre héritage.
En effet, même si les conspirations contre le christianisme sont aussi présentes dans les deux pays, l’Etat belge, né d’une « révolution libérale », a offert à l’Eglise, dès l’origine, une liberté d’action, une reconnaissance légale et un confort matériel pour l’exercice de ses activités pastorales, éducatives (cf. le « chèque scolaire », permettant le libre choix des familles), sociale et de bienfaisance, des plus généreuses.
Il en a résulté une habitude de confort institutionnel et matériel dans lequel l’Eglise, en Belgique, s’est assoupie moralement, lui ôtant tout ressort.
En conséquence, elle n’en a que mieux accueilli les innovations post-conciliaires les plus extrêmes de son voisin néerlandais (et aussi de son voisin français !).
Une chose me semble évidente après la lecture de cet article : si jamais un jour la fraternité Saint Pie X obtenait de Rome une reconnaissance canonique et un Ordinariat dans l’Eglise alors le trou financier, la diminution en nombre de pratiquants et la fuite de séminaristes dans les Eglises diocésaines classiques risquent d’être sévères.
Bravo pour l’article clair et lucide de Gaston Champenier. Bergoglio, Cupich, Lehmann, Kasper, De Kesel ou Danneels sur le siège de Pierre, c’est du pareil au même. Le pire, c’est que ceux-ci (en particulier le dernier cité) ayant déjà fait la preuve qu’ils ont plongé leur diocèse dans un état comateux, c’est aujourd’hui l’Eglise tout entière qui risque gravement un sort identique. Et comme l’actuel pontife semble bien (à travers ses nominations) mettre tout en oeuvre pour qu’au prochain conclave, quelqu’un de son cru soit élu, le risque est grand d’être parti pour longtemps. A travers ce pontificat, peu à peu une pseudo-Eglise (syncrétiste et relativiste) est en train de supplanter l’Eglise authentique. Face à cette situation suicidaire à travers laquelle les plus lucides devinent les fumées de Satan, les médias, le monde, la franc-maçonnerie, les néo-modernistes et autres ennemis de la vraie foi catholique applaudissent. Les fidèles à la Tradition (comme ceux de la Fraternité des saints apôtres dont on connaît le triste sort) se sentent de plus en plus comme des brebis sans berger. Un espoir cependant: après l’apostasie que nous connaissons déjà et qui ne fera que s’amplifier, reviendra corporellement le Christ en gloire jpsnyers.blogspot.com
Tout ceci est à pleurer.
Je croyais que le (Pape ?) François aimait à dire : « Qui suis-je pour les condamner ? »
Il semblerait que la Foi l’indispose – lui et beaucoup d’évêques – plus que le péché.
Qui servent-ils ?
Sans connaître le dossier : pourquoi cette fraternité a-t-elle été déclarée indésirable dans le diocèse de Fréjus-Toulon (ce que j’apprends par l’article) ? Autant à Bruxelles, on peut suspecter les orientations du nouveau cardinal, autant à Fréjus-Toulon, c’est plus difficile.
Quelqu’un a des éléments là-dessus ?
Vous trouverez un certain nombre d’informations dans un article de Golias par Christian Terras.
Mgr Pontier et les dérives sectaires dans l’église :les limites d’une reconnaissance
golias-news.fr>article 5923
Les commentaires de @fs (du début de l’article après la zone colorée en vert) nous donne de nombreux renseignements sur comment cette Fraternité a été creee d’une façon surprenante avec un portrait du fondateur tout à fait atypique.
On apprend que l’histoire itinérante de la Fraternité commence avec le refus de Mrg Pontier d’accepter les séminaristes .Mrg Rey les prend dans son séminaire à la Castille……mais ceux -ci vont poser quelques problèmes… Le fondateur claque la porte…..
La rencontre de Mgr Léonard avec le fondateur se révèlera déterminante pour la suite de la création de la Fraternité…..
..Le portrait de deux prêtres Jérémie Schaub (issu de la communauté de saint Jean) et Damien Bernier (issu des légionnaires du Christ) nous fait comprendre les liens existants de cette communauté avec le fondateur.
On comprend mieux les réticences des évêques français puis belges…et la dissolution de la Fraternité.
Il faut être aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas voir que la récente promotion de Mgr De Kesel est un « scud » lancé par le cardinal Danneels et le pape François Ier contre le pape émérite Benoît XVI, qui en 2010 avait refusé expressément la nomination de Mgr De Kesel au siège de Malines-Bruxelles et lui avait préféré l’excellent Mgr Léonard. De fait, on chercherait en vain les titres et mérites de Mgr De Kesel, personnage insignifiant, sans charisme pastoral et dépourvu d’envergure intellectuelle ; son épiscopat à Bruges a été jugé calamiteux. Mais visiblement, pour s’attirer les faveurs du pape régnant, il suffit d’être le protégé du cardinal Danneels et avoir donné des gages d’« anti-léonardisme » en s’attaquant à la Fraternité des SS. Apôtres.
Jésus a créé la foi…l’église a créé le clergé !!!!…on voit ce que cela donne….;
Courage aux frères de la » fraternité des saints apôtres » -même scandaleusement supprimée – pour continuer leur évangélisation… nous , les chrétiens de foi et de coeur, avons un grand besoin d’eux …qu’ils ne nous abandonnent pas…jamais!!!
je lis tout cela avec tristesse et vois que cela date de 2016. A mon avis la fraternité fait du bon et saint travail à Ste Catherine Bruxelles. Messe célébrée avec dévotion et beaucoup de fidèles aussi en semaine.
Il faudrait peut-être mettre à jour?
Les critiques contre le pape sont faciles et nombreuses de nos jours, comme si il fallait un bouc émissaire pour
résoudre les problèmes d’une Eglise souffrante en Belgique.
L’Eglise c’est nous tous en fait. il faut prier pour des séminaristes, veiller auprès du Saint Sacrement, former les jeunes, visiter les familles et les malades, vivre en chrétien mais on entend plus parler de luxe, de plaisirs et bien-être….que peut faire l »Eglise » si le peuple ne demande pas, ne participe pas, ne veut pas entendre parler de sainteté.
Aus Pays-Bas on a eu les pires dérives sous influence protestante bien souvent mais les catholiques convaincus ont encore leurs églises (les autres ont disparu pour la plupart ou sont converties en appartements etc…mais celles qui sont restées attirent autour des célébrations liturgiques aussi en semaine, autour de l’adoration, vers la confession sacramentelle aussi, oui!