Par 69 voix contre 57 le Parlement écossais, au terme de douloureux débats, a rejeté une proposition de loi qui visait à faire de l’Ecosse le premier pays du Royaume-Uni à légaliser l’euthanasie.
Les propositions, déposées par le libéral-démocrate Liam McArthur, auraient permis aux adultes en phase terminale et mentalement capables de demander une aide médicale pour mettre fin à leurs jours. À l’issue d’un débat final chargé d’émotion, le projet de loi a été rejeté par 69 voix contre 57. Un député s’est abstenu.
Comme l’indique la BBC qui publie les noms des députés qui ont voté pour ou contre le projet, le projet de loi « aurait légalisé le fait pour un médecin ou un professionnel de la santé autorisé d’administrer à un patient éligible un médicament létal pour mettre fin à ses jours. Pour en arriver là, ils devraient faire deux déclarations affirmant leurs souhaits, ainsi que passer des examens médicaux pour vérifier s’ils ont été contraints ou influencés« .
Le porteur du projet, le député libéral-démocrate Liam McArthur, avait dès l’ouverture du débat essayé de faire pleurer dans les chaumières en affirmant que rejeter le projet enverrait les volontaires se faire euthanasier à l’étranger et qu’il fallait écouter« les voix d’Écossais mourants ».
L’ex-premier ministre écossais, de confession musulmane, Humza Yousaf, a fait une intervention remarquée – en réaffirmant ce que bien des chrétiens n’osent plus dire, surtout au Royaume-Uni : « « ma conscience me dit ceci : une société qui laisse une personne atteinte d’une maladie en phase terminale croire que ses seules options sont soit d’endurer des souffrances intolérables, soit de mettre fin à sa vie prématurément est une société qui l’a laissée tomber ».
Par ailleurs Jeremy Balfour, député indépendant écossais – né sans bras gauche et avec un bras droit qui s’arrête au coude – a déclaré que les personnes handicapées étaient « terrifiées » par la législation sur l’aide médicale à mourir. Il a averti que le projet de loi ouvrirait « la boîte de Pandore » et a déclaré qu’il ne pourrait y avoir « aucune protection significative » contre la coercition.

