Candidat à sa réélection, Philippe Marini, maire de Compiègne, écrit aux catholiques, une démarche assez peu habituelle. La presse locale relaie sa lettre ouverte, où il parle d’euthanasie, et d’humanisme chrétien :
« «On le sait, je suis un catholique pratiquant. Je vais à la messe pour prier et non pour me faire voir. Chaque semaine, j’entends une homélie qui insiste, le plus souvent, sur le respect de la vie, de la conception à la mort.
Je sais qu’il y a une petite cabale hypocrite révélatrice de notre nature humaine, qui insinue et répand des rumeurs… Soyons sérieux : qui n’a eu de cesse de valoriser notre spiritualité dans notre ville ? Qui a apporté tous les moyens municipaux pour célébrer, dans un espace public, la canonisation de nos Carmélites ? Qui a proposé à nos prêtres les moyens techniques de se faire entendre et de célébrer alors que les églises étaient fermées pour cause de Covid ?
Et qui n’a cessé d’encourager l’enseignement catholique, dans le respect de la loi républicaine ? Je pourrais prolonger très longtemps cette énumération…
Mais, rappelons-le, qui a voulu l’église Notre Dame de la Source en disant qu’elle apporte un « supplément d’âme » à un quartier ?
«Vous le savez, je suis profondément hostile à tout mélange des genres, et je pense que l’Eglise doit se tenir éloignée de toute forme de politique. J’ai pratiqué les enseignements du Pape François, qui nous a invités à aller voir les périphéries et à ne pas nous endormir dans le confort douillet et l’entre soi de nos habitudes.
Mais il y a des principes fondamentaux et en particulier celui de la valeur inestimable de toute vie humaine. Alors, sous prétexte de dénigrer le choix de compétence et de crédibilité que j’ai fait, à 76 ans, pour préparer ma future succession… on déroule le tapis rouge aux derniers partisans d’un président de la République initiateur et promoteur d’une loi qui ouvre la voie à l’euthanasie la plus large… Et, par opportunité, on s’allie au collaborateur direct du ministre de la Justice qui a pour mission de faire voter cette loi, par pure démagogie !»
[Le “on”, c’est Sophie Schwarz. Le collaborateur direct du ministre de la Justice, c’est Etienne Diot].
«Alors, chers amis catholiques, vous continuerez à me voir à la discrète messe de 9h à Saint-Jacques ou à celle, le soir, de St-Germain…
Je vous incite simplement, comme tout chrétien militant doit le faire, à pratiquer les valeurs évangéliques. Celles du partage, de l’accueil, du respect des autres, de l’ouverture à toutes celles et tous ceux qui se réfèrent à d’autres convictions religieuses ou qui sont dans la solitude de l’incroyance… Et à refuser toutes les basses manœuvres que dictent la mesquinerie, l’ignorance, les ambitions personnelles déçues.
Ce ne sont que les propos d’un vieil homme qui sait ce qu’il doit à l’humanisme chrétien
Bien fidèlement à toutes et à tous.»
