Depuis le 28 février 2025 la congrégation de Betharram a confié à une commission indépendante liée à l’IFJD (institut francophone pour la justice et la démocratie), une ONG fondée en 2013 et basée à Bayonne, la mission d’enquêter sur les abus commis dans la congrégation de Bétharram – au delà des 250 victimes du collège éponyme situé à Lestelle-Betharram. Celle-ci s’est notamment rendue en Côte d’Ivoire où six victimes du père Benat Ségur – aussi passé à Betharram – se sont fait connaître et prévoit d’y retourner, car il y aurait selon elle un nombre supérieur de victimes :
« Selon le président de cette commission, Jean-Pierre Massias, en visite en Côte d’Ivoire fin février, six personnes de nationalité ivoirienne ou originaires de ce pays ont dénoncé des faits d’agression sexuelle qu’elles imputent notamment au prêtre Bénat Ségur, présent dans les années 1970 et 1990 dans cette ancienne colonie française, devenue indépendante en 1960. Au moins une de ces personnes a déposé une plainte en France, qui n’entraînera pas de poursuite judiciaire car les faits sont prescrits et le père Ségur, principal accusé en France et à l’étranger, est décédé en 2010.
Le nombre de victimes en Côte d’Ivoire « pourrait tout à fait augmenter, parce que chaque fois qu’on a rencontré des gens ici (…) le leitmotiv était de dire +Ca n’est pas arrivé qu’à moi+ », a affirmé Jean-Pierre Massias à l’AFP, au terme de ses premiers entretiens à Abidjan. « On va vraisemblablement recommander une enquête d’importance sur les agissements de la communauté de Bétharram ici ».
Pour rappel le père Benat Ségur, aujourd’hui décédé, « a passé de nombreuses années en Côte d’Ivoire, notamment comme directeur d’établissement d’enseignement, et qu’il a aussi connu un temps comme aumônier du collège Ozanam de Limoges – celui qu’a dirigé le père Tipy, lui aussi mis en cause par d’anciens élèves pour abus, et où était dans les années 1980 le père Lamasse, reconnu comme auteur d’abus sur un élève de l’Apostolicat de Bétharram dans les années 1950. Le père Segur a aussi été aumônier du Mouvement Eucharistique des Jeunes (MEJ) à Limoges au même moment, puis, juste après son temps comme directeur à Bétharram, directeur du collège Etchecopar à Saint-Palais – qui porte le nom d’un autre fondateur de la congrégation de Bétharram – comme l’abbé Silviet-Carricart, autre auteur d’abus dans la congrégation« .
