Il n’y a pas qu’en Guyane que des prêtres haïtiens s’illustrent par de mauvaises pratiques, abus et même vente de sacrements ou de cérémonies vaudou (!) pour certains d’entre eux – ce qui n’empêche pas certaines congrégations de recourir largement aux vocations haïtiennes, sans avoir les moyens de les encadrer ou de les former. La presse haïtienne révèle qu’une affaire est en train de faire imploser le diocèse de Jérémie en Haïti :
« il y a environ un mois depuis que la Sainte Eglise Catholique dans le diocèse de Jérémie a la fièvre. Sa température monte de jour en jour. Il suffit, pour s’en convaincre, de consulter les pages de Facebook, de Tiktok ou de Youtube pour voir á quel point l’Eglise est éclaboussée par l’affaire Pétuelle Siméon, une jeune infirmière qui accuse le curé de la cathédrale Saint-Louis de l’avoir abusée sexuellement pendant prés d’une décennie.
Des allégations que le disciple du Christ a totalement démenties et se considère plutôt victime de « flagellation » pour avoir aidé une personne qui était dans le plus grand besoin á un moment donné de sa vie. Cette situation vraiment dérangeante tant pour l’infirmière, le père que pour l’Eglise, nous fait penser á l’histoire de Jules César qui était profondément déçu de voir Brutus qu’il considérait comme son fils parmi ses assassins. Et, c’est á ce moment fatidique qu’il se serait hurlé : « Tu quoque filii : Toi aussi mon fils. » ou toi aussi ma fille dans ce contexte ».
Une transaction financière en cours entre l’évêché de Jérémie et la victime
Comme l’explique un autre titre local, Vant Bef Info, il s’agit d’une infirmière, Pétuelle Simon, qui a accusé voilà trois mois le père Marc Arthur Emile, curé de la cathédrale de Jérémie, de l’avoir abusé pendant dix ans, alors qu’il payait ses études d’infirmière. « Depuis la révélation de l’affaire, Petuelle Siméon dit recevoir des menaces de mort de la part de proches du prêtre et d’individus qu’elle qualifie d’« acolytes ». Elle rapporte que certains lui auraient dit : « Dans ce dossier, il vaudrait mieux qu’elle soit morte, qu’elle n’existe pas du tout. » Elle affirme avoir tenté de contacter à plusieurs reprises l’évêque de Jérémie, Mgr Gontrand Décoste, sans obtenir de réponse satisfaisante.
Un accord aurait été conclu entre des représentants de l’Église et des autorités judiciaires locales, fixant une compensation de 40 000 dollars américains. D’après les informations disponibles, 25 000 dollars auraient déjà été versés sur le compte de la victime. Malgré cela, Siméon affirme que les menaces persistent et que le reste de la somme n’a pas été payé, ce qui l’a poussée à porter l’affaire devant la presse et la justice« .
Le prêtre se dit victime d’un chantage (mais reconnaît la relation) :
« Le prêtre présente une lettre datée du 5 avril 2025, qu’il dit avoir reçue de Siméon et qu’il qualifie de « confidentielle ». Dans cette lettre, elle aurait écrit : « Après neuf ans avec toi, tu n’as rien fait de sérieux pour moi. Maintenant, je veux que tu me donnes un terrain et une maison de quatre pièces, sinon je vais te salir, je vais mettre le dossier dans la rue pour en finir avec toi. » Selon lui, cette lettre constitue une preuve de chantage, et sa famille aurait accepté de payer pour protéger son image et celle de l’Église. Il continue de nier toute conduite inappropriée ou acte de violence envers Petuelle Siméon« .
Des scandales « trop nombreux » et souvent étouffés
La presse locale conclut : « Ce n’est un secret pour personne : les scandales sexuels au sein de l’Église catholique, en Haïti comme ailleurs, sont nombreux. Trop souvent, la hiérarchie ecclésiastique a préféré le silence à la transparence, étouffant les affaires plutôt que de les affronter ».
