Lu dans la lettre des Veilleurs – qui continuent tous les jours de semaine, à midi, leurs chapelets devant l’archevêché de Paris pour le rétablissement des messes supprimées par Mgr Aupetit à Notre-Dame du Travail, Saint-Georges de la Villette et autres lieux, – au sujet de la fermeture envisagée de Notre-Dame du Lys suite au retrait brutal du diocèse de Paris :
L’affaire, car c’en est une, de Notre-Dame du Lys à Paris, provoque de gros remous et de grandes inquiétudes.
On sait que, dans la chapelle Notre-Dame-du-Lys, 7 rue Blomet, dans le quinzième arrondissement de Paris, est célébrée tous les dimanches une messe traditionnelle à 11h30, horaire très familial, par l’abbé François Scheffer, recteur de la chapelle, prêtre du diocèse de Paris. Cette messe rassemble tous les dimanches selon les saisons de 150 à 250 fidèles. Des messes selon le missel de Paul VI sont aussi célébrées, le dimanche à 10h et en semaine du mardi au samedi. Une autre messe traditionnelle y est chantée le mercredi à 19h45, par l’abbé de Labarre, de la FSSP, messe pour les jeunes, anciennement célébrée à Saint-François-Xavier avant le motu proprio Traditionis custodes et les décisions restrictives de Mgr Aupetit.
La chapelle Notre-Dame-du-Lys, qui appartient à la congrégation des Pères de Saint-Vicent-de-Paul qui la desservaient jadis et ne le peut plus faute de personnel ecclésiastique, est insérée dans un ensemble immobilier qui accueille un patronage florissant fondé par ces Pères de Saint-Vicent-de-Paul, aujourd’hui dirigé par Kevin Agnero, sous la responsabilité de l’abbé Scheffer. Elle dépend juridiquement de la paroisse Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle.
Mais ces bâtiments anciens parfois vétustes nécessitent des travaux qui demandent des investissements importants (un million d’euros rapidement, trois millions à terme). Les Pères de Saint-Vincent-de-Paul ne peuvent pas assurer cet apport financier et le diocèse de Paris ne le veut pas.
C’est ce que Mgr Michel Gueguen, vicaire général du diocèse de Paris, était venu annoncer mercredi dernier, 26 novembre, à une assemblée d’environ 250 fidèles, avec une certaine brutalité : le diocèse de Paris entend se désengager de Notre-Dame-du-Lys à partir du mois de juin prochain ; les fidèles des messes Paul VI sont invités à se rendre désormais dans les paroisses voisines ; les fidèles de la messe tridentine pourront aller à Saint-François-Xavier, dans le septième arrondissement, pour une messe qui devrait être célébrée à 9h dans la chapelle absidiale ; les enfants du patronage seront répartis dans d’autres patronages paroissiaux ; la messe traditionnelle pour les jeunes du mercredi passe purement et simplement à la trappe et l’abbé Scheffer sera renvoyé à d’autres fonctions.
Le choc a été violent pour les fidèles présents qui ont exprimé avec force leur étonnement d’être traités de cette manière, sans avoir été préalablement consultés ni même informés de cette décision unilatérale. La disparition du patronage a été particulièrement mal ressentie. Le cri unanime a été de demander du temps pour réfléchir paisiblement à des solutions raisonnables, d’autant que les Pères de Saint-Vincent-de-Paul pourraient être disposés à confier les lieux à une communauté sacerdotale qui voudrait bien assurer ou faire assurer le service cultuel dans les deux rites et se charger du patronage, moyennant la prise en charge des travaux nécessaires.
Faut-il ajouter que le vicaire général ne s’attendait nullement à ces réactions et les a reçues avec un certain agacement ?
L’assemblée comportait d’ailleurs un certain nombre de professionnels ayant une bonne pratique des affaires, qui ont fait entendre qu’il fallait étudier posément le coût des travaux à réaliser et les levées de fonds dont on pouvait penser qu’elles pourraient les couvrir. À la limite, une association de fidèles pouvait s’insérer dans l’organisation globale pour prendre en charge toute la partie financière du projet. À moins que toute cette affaire menée à la hussarde ne cache une juteuse opération immobilière au profit des pères de saint Vincent de Paul… et du diocèse de Paris ?
Il ressortait à l’évidence que l’ensemble du dossier méritait d’être étudié sérieusement en prenant le temps nécessaire. Il devait l’être par toutes les parties concernées, spécialement, en ces temps de synodalité, les fidèles directement concernés par les décisions qui seraient finalement arrêtées. Diverses solutions pourraient ainsi être trouvées pour le service de la chapelle, la pérennité du patronage, la célébration des messes tridentines.
En un mot, cette affaire réclame du temps et un dialogue paisible et constructif.
Les échos que nous avons reçus de cette réunion vont tous dans ce sens » Pourquoi agir si vite ? » se demande un père de famille converti à la foi il y a des années par sa participation au patronage ? » Et donnons-nous du temps, au moins deux ou trois ans, pour réfléchir aux solutions possibles » et un autre de nous dire » nous faire partir vers Saint-François-Xavier va nous éloigner de chez nous et surtout pour quel accueil ? et à quelle heure ? » sur quoi une autre fidèles s’énerve » Nous dépendons déjà de Saint-Jean-Baptiste de la Salle pourquoi ne pas nous y installer plutôt que nous exiler dans le VIIème ? » Un autre appel d’un fidèle travaillant dans l’immobilier se veut plus pragmatique » L’ensemble immobilier actuel a une valeur considérable : il serait envisageable de lever des fonds pour faire que perdure cette belle-oeuvre » une mère de famille qui regrette le départ des pères de Saint-Vincent de Paul » C’est bien dommage qu’ils souhaitent s’écarter définitivement mais qu’ils nous laissent du temps, au moins deux ou trois années, pour trouver dans le calme et la prière une solution pérenne. »
D’autres plus incisifs pensent que le diocèse et les pères de SVP ne veulent pas renoncer à une opération immobilière » juteuse » ( environ 10 millions qui serait partagée à 50/50 entre le diocèse de Paris et les pères de SVP ). Une opération qui serait déjà décidée…
