Un couple de Sarcelles dans le Val d’Oise sera jugé le 8 juin prochain pour avoir, de 2019 à 2025, escroqué 32 prêtres parisiens âgés et leur avoir extorqué de l’argent. L’homme écrivait jusqu’à quatre lettres aux prêtres âgés par jour, les appelait voire leur rendait visite pour obtenir de l’argent, que sa femme encaissait sur son compte bancaire. Ils étaient particulièrement actifs à l’approche de Noël.
» Le sexagénaire aurait escroqué 32 prêtres parisiens, pour un préjudice de plus de 230.000 euros. Il aurait sollicité à de très nombreuses reprises les hommes d’Eglise âgés, arguant de toutes sortes de difficultés, de santé comme financières, pour leur demander une aide. Ses agissements ont été découverts par un signalement du diocèse« . Dans l’attente du procès, ils ont été placés sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact avec leurs victimes.
Arnaqueurs de curés de père en fils
Cette affaire francilienne somme toute assez artisanale n’est pas sans rappeler le procès hors norme en 2024 d’un réseau, qui à partir de la prison de Val de Reuil avait escroqué 62 prêtres et soutiré 400.000 euros par des « arnaques à la charité » dans toute la France; le cerveau, Kevin G, avait été condamné à six ans de prison ferme. Non seulement il était en état de récidive – il avait été condamné avec sept autres prévenus en 2021 pour avoir escroqué, entre 2018 et 2020, 29 prêtres, un peu partout en France, pour un montant de 150 000 euros, mais la combine lui avait été enseignée par son père, lui aussi connu pour ce type d’arnaques.
Michel G, le père du prévenu, s’adonnait à ce type d’escroqueries depuis 1979 – en 2016 il avait déjà été condamné 21 fois pour ce type d’escroqueries, avec près de 150 prêtres victimes. Il les justifiait invariablement par des viols subis de la part d’ecclésiastiques dans son enfance, lorsqu’il était chez les Apprentis d’Auteuil : « pour comprendre le ressentiment de Michel Gosse envers les prêtres, il faut remonter à son enfance, durant laquelle il aurait été victime d’une série de viols et d’attouchements sexuels. Deux courriers, expédiés l’un par un archevêque du Vatican, l’autre par un évêché de Troyes, reconnaissent d’ailleurs ces préjudices, sans que l’affaire ne soit jamais porté devant un tribunal. A la suite de ces abus, Michel G. a consacré sa vie à se venger, prenant pour cible autant d’hommes d’Eglise qu’il pouvait. Si bien qu’entre 1979 et 2010, il a arnaqué des dizaines de prêtres, ramassant plusieurs centaines de milliers d’euros. « Sur le plan criminologique, c’est stupéfiant de voir cette obsession pour sa mission vengeresse », défend à l’audience Me Dassa, qui évoque une forme de « catharsis ». Et de résumer : « il a voulu leur faire payer ce qu’il a subi il y a 25 ans. »
