La presse polonaise publie un article sur le père Eugeniusz Plater-Syberg, personnalité catholique reconnue en France et en Pologne, curé dans le diocèse de Sens-Auxerre. Au moins huit de ses anciens élèves, aujourd’hui adultes et installés dans plusieurs pays européens, le mettent en cause pour des abus commis alors qu’il était enseignant au petit séminaire polonais de Paris, dans les années 1970. Il est présent dans le diocèse de Sens-Auxerre depuis le début des années 1980, accueilli à l’époque par Mgr Eugène-Marie Ernoult.
Entre autres, certains attouchements ont eu lieu à l’infirmerie, quand il mesurait la température des élèves ou touchait leurs parties; des pénétrations anales sur les enfants sont aussi citées, ainsi que des mauvais traitements – il dénudait et battait les élèves jusqu’au sang.
Il a été curé de campagne pendant 28 ans à Saint-Valérien dans l’Yonne; en 2014 la presse locale faisait son portrait à l’occasion de la sortie d’un livre : « dans cet ouvrage, ils évoqueront l’homme de convictions, bourru, prêtre engagé, généreux, humaniste, aristocrate et polyglotte. « Le père Eugène Plater-Sybert ne peut pas laisser indifférent, il fallait que nous parlions de tous les événements importants qui ont jalonné sa vie. » Seront évoqués ses débuts en Pologne sous la période nazie, ses études à Paris et à Rome, la période où il a enseigné, son rôle d’organisateur de l’aide humanitaire à la Pologne en 1982, à l’Afrique mais aussi auprès de familles du territoire. Les auteurs parleront aussi de son choix de devenir curé de campagne en 1986 et des enfants d’origine africaine qu’il a adoptés« .
Issu d’une famille de la noblesse polonaise, « le père prélat Eugeniusz Plater-Syberg est né en 1936 dans le domaine familial des Plater à Moszków, à la frontière orientale. En 1939, il échappa à la déportation en Sibérie avec sa mère, Paulina Plater-Syberg, née Wielopolski, et ses quatre frères et sœurs. En 1947, ils arrivèrent en France. Il étudia et obtint son doctorat à Rome, où il fut ordonné prêtre en 1961. Dans les années 1970, il fut professeur et éducateur au Séminaire polonais de Paris. Pendant la loi martiale, en tant que plénipotentiaire de la Conférence épiscopale polonaise pour l’aide caritative, il créa plus de 360 comités en France, apportant une aide financière et matérielle aux Polonais et à la résistance polonaise. En 2018, il reçut une distinction spéciale de l’ambassadeur de Pologne dans le cadre du concours « Polonais exceptionnel en France« .