Alors que les catholiques semblent depuis plusieurs mois se réconcilier avec l’espace public qu’ils réinvestissent et avec la politique qu’ils se réapproprient, une forte réticence, voire un véritable divorce persiste avec le monde de l’économie. Longtemps absents de l’espace public, pour des raisons idéologiques internes (comme l’enfouissement post Vatican II) ou par un certain rejet de la corruption morale des élus, les catholiques réoccupent massivement le terrain politique poussés par leur conscience. Car c’est bien elle qui pousse des centaines de milliers de catholiques dans la rue et qui attire d’autres centaines de milliers de non catholiques dans ce même sillage. Ces millions de gens qui descendent dans la rue, signent des pétitions, engorgent le service courrier des palais de la république ou interpellent sans relâche l’ensemble du gouvernement ont, en effet, atteint la limite de ce que leur conscience pouvait accepter. C’est ce qui rend la situation unique et historique, mais aussi extrêmement instable. La conscience, une fois réveillée, ne peut être de nouveau anesthésiée. Lorsque la rue dit « on ne lâche rien » ce n’est pas un rapport de force, c’est une question de conscience.
Voilà pourquoi les catholiques, qui nous ont habitués depuis si longtemps à tendre la joue gauche, sortent de sous le boisseau et comme leurs aînés d’il y a 2000 ans sont prêts à se battre jusqu’au bout. Pour eux, mais aussi pour nombre de Français qui serrent les rangs à leurs côtés, la société qu’ils ont délaissée durant des décennies va trop loin dans l’inadmissible. C’est leur responsabilité devant leur conscience, mais également face aux générations à venir, qui a été exaspérée. Aussi, nos bonnes brebis se sont-elles muées en cerbères d’une certaine vision de la société, en combattants de la libération de décennies, de siècles d’oppression intellectuelle de la pensée unique. En définitive, les catholiques ne réinvestissent pas l’espace public, ils ne reviennent pas en politique, ils se contentent de secouer le joug avilissant de l’illusion moderniste qui semblait avoir triomphé d’eux. Ils crient, et des centaines de milliers de Français avec eux, leur droit à être des hommes et des femmes selon la nature et non des êtres virtuels forgés dans l’absurde. Ils ne cherchent pas à prendre le pouvoir, mais à rappeler à ceux qui l’ont qu’ils ne sont pas des dieux et que la toute-puissance humaine est un mythe, bref que ce pouvoir ils l’ont reçu d’en haut. Cette conscience des catholiques, tenue en éveil par des siècles de connaissance humaine a fait l’objet de l’attention particulière des papes depuis Paul VI, prêchant inlassablement sur les principes intangibles de la dignité humaine. Ainsi, le respect de la vie de sa conception à sa mort naturelle, la liberté de conscience et de religion ou encore l’attention aux plus démunis (et aujourd’hui l’enfant, comme la personne humaine, sont des êtres démunis contre les agressions du modernisme), sont des marqueurs fortement ancrés dans les consciences catholiques et chrétiennes en général. Or, on ne peut rien contre la conscience et c’est toujours ce qui, dans l’Histoire, a permis, in fine le triomphe des chrétiens. De tout temps, avec les mots de leur époque, ils se sont dits « on ne lâche rien », tout simplement parce que cela leur était aussi impossible que de continuer à vivre sans respirer.
Mais curieusement, les catholiques sont moins à l’aise avec la sphère économique. Or celle-ci touche tout autant l’espace public et la dignité humaine que les menaces socialistes. Comme nous avons assisté au divorce entre politique et catholiques jusqu’à aujourd’hui, nous sommes confrontés à la même attitude de défiance des catholiques vis-à-vis de l’économie, mais pour d’autres raisons. Si la politique était vue comme un milieu pourri et dangereusement contagieux pour qui s’y frotte, l’économie, pour sa part, est considérée comme le domaine particulier de l’ennemi par excellence, l’argent. C’est pourquoi les protestants, qui ont un tout autre rapport à l’argent, sont moins, voire pas, défiants vis-à-vis du monde économique. Cette confiance parfois aveugle n’est pourtant pas exsangue de nombreux travers. Si pour le protestant la richesse est vue majoritairement comme une bénédiction divine, pour le catholique en revanche, la pauvreté est le plus sûr chemin vers Dieu. Et le nouveau souverain pontife risque bien de renforcer une telle conviction. Si les repères catholiques dit « pro vie » sont désormais globalement bien assumés, parce que l’intelligence conforte la conscience, il n’en va pas de même pour le monde économique. Le jour où les catholiques seront aussi fermes sur leurs convictions économiques et sociales qu’ils le sont sur les fondements anthropologiques, nous assisterons au même sursaut des consciences. Ce n’est pas pour rien qu’il y a maintenant plusieurs décennies certaines loges franc-maçonnes se sont évertuées à mener la diversion homosexuelle, allant jusqu’à créer le Marais. L’enjeu financier est capital, car le monde économique actuel repose lui aussi sur une conception erronée de la dignité humaine. Si les catholiques saisis par leur conscience et rejoints par les hommes et les femmes de bonne volonté, prenaient à bras le corps les dérives du monde économique, plusieurs fortunes construites sur le non-respect de l’homme, de nombreux réseaux d’influences bâtis sur la déstructuration de la personne humaine seraient mis à mal. Concentrer l’attention des catholiques sur les questions bioéthiques ou « sociétales », multiplier les brûlots du genre « mariage pour tous » sont autant de moyens sciemment mis en œuvre pour détourner l’attention des catholiques et des défenseurs de la dignité humaine des réalités économiques. Sans imaginer de théorie du complot, c’est pourtant bien l’action menée par le Grand Orient depuis les années 90.
Pourtant, il est impossible de prétendre œuvrer à la dignité intégrale de la personne humaine sans restaurer une vision juste et réaliste de l’homme jusque dans la sphère économique. Actuellement, la perception que les catholiques ont de l’économie ne leur permet pas d’être au monde économique ce qu’ils sont devenus dans l’espace politique, le rempart de la conscience. Le capitalisme est parfois tout juste toléré. Et alors que le socialisme est présenté en modèle par certains, le libéralisme est devenu l’étendard pour d’autres croyants. Le rassemblement des catholiques sur les questions « sociétales » s’est fait par le réveil de la conscience et son adéquation à la raison grâce à l’immense travail des papes et de nombreux catholiques engagés pour la défense de la vie. Ce réveil des consciences gagne de plus en plus les non catholiques précisément parce qu’il est en adéquation avec le réel que nie l’idéologie officielle du gender. L’unité des catholiques sur les questions économiques passera elle aussi par le réveil des consciences, lequel suppose une clarification de l’éthique chrétienne en la matière et la fin des anathèmes réciproques que se lancent sans discernement capitalistes, marxistes et libéraux, tous convaincus d’être les authentiques héritiers du Christ. La schizophrénie que vivent de nombreux catholiques entre leur vie professionnelle et leur vie de foi est suffisamment douloureuse pour qu’enfin le monde catholique se réapproprie cet espace dans lequel l’homme est aussi immergé qu’un poisson l’est dans l’eau. Si cette eau est trouble et polluée, aucun refuge ne protègera jamais le poisson. Les mêmes marqueurs qui ont conduit à la rébellion de la conscience face aux projets « sociétaux » mortifères, peuvent s’appliquer au monde économique car il s’agit bien du même homme, de la même dignité et du même combat.
A partir des éléments constitutifs de la dignité de la personne humaine se déroule naturellement une vision chrétienne de l’économie. Vision qui n’est pas d’abord un programme, mais une exigence de vérité anthropologique. C’est parce qu’il appartient à la dignité de la personne humaine d’être libre, responsable, éduquée, que l’économie ne peut ni asservir, ni assister l’homme, mais doit au contraire lui donner les moyens de sa liberté et de sa responsabilité, notamment par l’éducation et la formation. C’est parce qu’il est un droit fondamental à la vie, à l’autonomie, à l’épanouissement physique et intellectuel que l’économie doit permettre la propriété privée, l’initiative, la créativité et l’accès aux biens du corps et de l’esprit. C’est parce que l’homme est avant tout une personne que l’économie impose la relation responsable à autrui, la construction et la défense solidaire du bien commun. Parce que tout cela n’est pas clair, parce que l’équilibre et l’ordre qui président à une telle construction ne sont pas suffisamment perçus, la conscience des catholiques aujourd’hui n’est pas à même de se rebeller pour dire non seulement « c’est assez », mais surtout « on ne lâche rien ». Le jour où les catholiques seront aussi sûrs de leur conscience économique qu’ils le sont aujourd’hui dans leur engagement pour la dignité humaine, il y a fort à parier que les disciples du Grand Architecte verront leurs édifices sans fondations s’écrouler et le rideau de leur temple se déchirer.
Cyril Brun
La ligne éditoriale de Riposte catholique cherche à sortir de la « langue de buis » qui n’aide pas à chercher la vérité. Les tribunes publiées sur Riposte Catholique n’engagent que leurs auteurs. Nous les proposons à nos lecteurs en tant que contributions au débat et à la réflexion. La Rédaction
Bonjour, OUI ,les catholiques Français sont aussi des citoyens , depuis plus de 200 ans . mais la France est aussi de foi Chrétienne depuis plus de 1500 ans . de culture Gréco-romaine . ce sont les ciments de notre civilisation.
Les lumières ont apporté une bouffée de fraicheur passagère qui a contribué a l’orientation d’une France Humaniste mais par leur omniprésence les loges maçonniques ont voulu totalement dissocier l’Homme de Dieu .mais elles ont été débordés depuis par d’autres composantes plus obscures et plus occultes . en voulant libérer L’homme de DIEU , elles font de l’homme un être individualiste , égoïste et consumériste. un être sans repères , sans autres guide que la loi du Marché et de l’argent . il devient un esclave du système qui l’enchaine et l’avili. le déresponsabilise vis à vis des siens . de sa famille de ses enfants de ses amis.
Jésus a chassé les marchands du temple . iL faut suivre les pas du CHRIST et à notre tour libérons nous des chaines de la soumission financière et sociétale que nous impose une oligarchie mondialiste vouée au culte de Mammon . reprenons la place dans la société Française que les Catholiques n’auraient jamais du abandonner .Et puisque nous sommes dans une « démocratie » (représentative), réécrivons avec tout le Peuple Français un constitution à la hauteur d’une vraie souveraineté du Peuple Français. haut les cœurs! dans la foi du CHRIST. à cœurs vaillants rien d’impossible. dés maintenant exigeons aux candidats à la présidentielle un programme où l’humain sera prioritaire sur la finance. et pour référendum pour une constituante du Peuple qui écrira un nouvelle constitution.compatible avec une EUROPE DES NATIONS.
Les catholiques doivent méditer, imaginer les pensées du Seigneur et de Dieu son Père.
Pour eux quels peuvent être les erreurs humaines à corriger de toute urgence ?
L’économie ? Je ne le crois pas, » des pauvres vous en aurez toujours dit le Seigneur »
Les crimes par injustice, et l’avortement est la marque de l’injustice la plus sanglante. Comment une femme qui a reçu la vie, peut elle donner la mort à un être vivant qui n’a pas encore bénéficié de ce cadeau. Car l’existence en soi est un cadeau, même si notre vie nous pouvons la transformer en misère.
Le mariage pour tous ? Cela est tellement un signe de mépris pour l’amour de Dieu pour les hommes, que Notre Dieu trois fois Saint n’y fera pas même mention, car il nous a déjà tellement averti à ce sujet.
Economie, écologie, ne sont pas à négliger, mais l’urgence est à supprimer les crimes de sang.
TRISOMIE 21 PATRIMOINE DES HOMMES ! A méditer.
« Malheur à celui qui fait travailler son prochain et ne lui verse pas son salaire. »
« Nul ne peut servir deux maîtres : Dieu et l’argent ».
Exit l’esclavage (il y eut l’esclavage industriel au XIXe siècle, il y A l’esclavage économique au Pakistan, au Soudan, en Mauritanie et dans de nombreux autres pays musulmans, il y a l’esclavage/le tourisme sexuel touchant femmes et des enfants, l’esclavage de l’Etat Islamique auto-proclamé tel qu’institué dans le Coran).
Exit les « plans sociaux » pour augmenter les bénéfices alors que l’entreprise est prospère, le chiffre d’affaires en hausse.
Exit les délocalisations pour faire travailler les pauvres du Tiers Monde.
Exit les prêts à taux d’usure et le surendettement, pour les Etats comme pour les particuliers.
La liste est longue, oui les catholiques ont fort à faire pour faire fleurir une économie saine et la juste répartition des biens de ce monde.
Produite par une association féministe, cette note sur l’introduction des programmes gender et queer dans l’entreprise montre, si besoin était, que les chrétiens devront aussi au sein des entreprises batailler pour que l’idéologie du genre/queer n’arrive pas à donner leurs pleins effets : http://www.thinktankdifferent.com/fr/les-publications/les-notes/theme-2-axe-dynamiques-economiques/id-2-l-impossible-neutralite-de-l-entreprise-ou-l-organisation-vue-comme-un-lieu-politique-synthese-
De qui se moque-t-on? De Dieu ou de nous-mêmes? De quoi parle-t-on? Avant de condamner ce qui se passe dans d’autres secteurs de la vie, les fidèles chrétiens, prêtres et évêques devraient d’abord s’interroger sur leur responsabilité dans tout ce qui se dit, se vit et se passe ailleurs. Par exemple, certains fidèles chrétiens, certains prêtres et évêques vivent le mariage pour tous, ce n’est un secret pour personne; les entrepreneurs chrétiens font souffrir leurs employés et contribuent au chômage; les femmes chrétiennes avortent volontairement; le Vatican a des banques et pourtant 3/4 des prêtres ne sont pas payés et ne vivent pas dignement; hormis les diocèses concordataires. Alors, »enlevons d’abord la paille qui est dans l’œil de l’Eglise… » pour que notre combat chrétien soit honnête dans le monde et dans les sociétés, sinon il n’aboutira pas car »tout royaume divisé est voué à dépérir ».