Le tribunal administratif de Nantes a suspendu provisoirement – dans l’attente de la décision sur le fond attendue dans plusieurs mois – la démolition de l’église Saint-Gault de Quelaines Saint Gault au sud de la Mayenne, notamment parce que la municipalité qui soutient ce projet a méconnu les dispositions de son propre PLU. Le recours était porté par l’association pour la sauvegarde de l’église et Urgences Patrimoine.
« Dans un document de six pages, le tribunal estime qu’il y a urgence à suspendre la démolition, « compte tenu de l’imminence de l’exécution des travaux ». Une décision, car il existe, selon le tribunal, « un doute sérieux » sur la légalité du permis de démolir, signé par le maire Laurent Lefèvre début janvier. Ce doute est justifié par un élément du plan local d’urbanisme (PLU) de Quelaines-Saint-Gault, le document qui fixe les règles d’aménagement. Il y en a dans toutes les communes. Une des orientations du texte consiste à « préserver » et à « mettre en valeur le patrimoine architectural identitaire ».
Le tribunal a aussi enjoint la mairie à verser 800 euros à l’association pour la sauvegarde de l’église, remboursée de ses frais de justice.
Plusieurs repreneurs volontaires pour racheter et restaurer l’église
Par ailleurs le maire de Quelaines Saint-Gault, s’il a été réélu – il était le seul candidat – ne peut plus se prévaloir de l’absence de solution pour l’église, ou du fait que la mairie devra seule porter le coût d’une éventuelle restauration. A la suite de l’historien Reynald Sécher, d’autres porteurs de projets plus locaux se sont fait connaître et sont volontaires pour racheter et restaurer l’église, loin d’être en ruines cela dit.
Par ailleurs la démolition de l’église s’avère très impopulaire – fin février, le Courrier de la Mayenne a fait un sondage sur le sujet, sur 3500 personnes qui y ont répondu, 94% se sont opposées à la destruction de l’église Saint-Gault. Vox populi, vox dei.
