Alors que des prières de délivrance plus ou moins charismatiques, voire pentecôtistes, essaiment dans les diocèses et jusqu’à ce que certaines branches de la Tradition, portées par une théologie plus ou moins erratique – ouvrant large la porte aux abus spirituels et à des faits d’emprise, Anne Lécu fait un rappel salutaire dans la revue Etudes (juin 2024) :
« La prière de délivrance par excellence est la finale du Notre Père (« Délivre-nous du Mal »). Elle est accessible à tous et pour tous. Charge à nous tous, chrétiens, de lui donner toute sa force. Ensuite, il convient de rappeler la place du sacrement de réconciliation, qui opère conversion du pécheur et libération intérieure ».
Quant aux demandes plus particulières des personnes qui se sentent emprisonnées dans des liens ou qui cherchent la protection de Dieu, la première réponse consiste à les écouter longuement et à leur proposer la bénédiction de Dieu. Une belle bénédiction permet de comprendre que l’amour du Seigneur est premier, qu’il nous accompagne dans toutes nos épreuves, mystérieusement. Il s’agit d’orienter le regard vers le Christ. Et si cela paraît nécessaire, le recueil Protection, délivrance, guérison propose un cadre pour des célébrations ecclésiales tout à fait pertinent et sobre, comme l’Église catholique l’a toujours été en ce domaine.
Enfin, lorsque l’on en vient à penser que les troubles d’une personne relèvent de l’exorciste, il convient de rappeler avec force que ce domaine est sous la seule autorité de l’évêque et de son exorciste délégué. »
