L’appel à témoignages lancé par le diocèse de Nevers au sujet du père Gaston Rouzeau, décédé en 2021 et curé de Sainte-Saulge, Saxi Bourdon et des villages voisins, entre Nevers et Châtillon en Bazois sur la route de Château-Chinon, a provoqué un choc. Les villageois sont dans le déni, tandis que les autorités religieuses reconnaissent la gravité des faits, qui se seraient produits dans les années 1970.
Il n’y aurait qu’une seule victime connue du diocèse, une femme qui « s’est d’abord confiée à l’évêque de Nevers, Grégoire Drouot, à qui elle a livré l’intégralité de son histoire. Elle a ensuite contacté le père Geoffroy Reveneau, actuel curé de la paroisse Saint-Paul-au-Cœur-de-la-Nièvre, qui regroupe notamment Saxi-Bourdon et Saint-Saulge. « Cette personne victime est venue à ma rencontre il y a quelques mois », explique-t-il, « pour me dire qu’elle avait été abusée sexuellement par ce prêtre et qu’elle était accompagnée, en voie de reconstruction ».
Les villageois dans le déni, le maire « foudroyé »
Des villageois interrogés par la presse locale, qui souhaitent rester anonymes, nient toute possibilité que leur prêtre pendant près d’un demi-siècle, considéré comme bienfaiteur de la commune de Saxi-Bourdon, ait pu commettre des abus, et vont jusqu’à remettre en cause la parole de la victime (!), mais évidemment sans se dévoiler – la témérité a des limites : « deux paroissiens, un homme et une femme qui souhaitent rester anonymes, se disent même « scandalisés ». « Ce n’est pas crédible, une affaire pareille. On a jamais rien entendu ! » assure la paroissienne, qui a fait « 18 ans de catéchisme » avec le père Gaston Rouzeau. « Il était très proche de tout le monde, c’est tout. Dans le village, tout le monde connaissait Gaston et était copain avec lui. C’était une figure locale très appréciée. Jamais, jamais on a eu quelque chose à lui reprocher. »
Dans le village, tout juste reconnaît-on que le prêtre, décrit comme un « bon vivant », « faisait des blagues un peu crues ». Mais des agressions sexuelles ? Les habitants que nous avons rencontrés refusent de l’envisager. « Ce n’est pas crédible, j’assurerais même que ce n’est pas vrai », répète un autre paroissien, qui a connu le père Rouzeau « depuis tout gamin ». « On a travaillé avec lui, organisé des fêtes, fait de l’entretien, des manifestations, des voyages de paroisses… »
Le maire se dit « foudroyé sur place. Sincèrement, j’en suis tombé des nues. « Et il refuse de débaptiser sa salle des fêtes, à moins d’y être obligé…
Les victimes ou témoins peuvent se manifester auprès de deux interlocuteurs :
- Jacqueline Besson Le Huede, responsable de la cellule d’écoute du diocèse de Nevers (03 86 61 29 65 ou [email protected])
- L’instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation ([email protected]).
