Dans le dernier Appel de Chartres, Notre-Dame de Chrétienté publie le témoignage d’un fidèle qui explique son attachement à la forme extraordinaire :
Comme je l’évoquais plus haut, le rite passe par le sensible pour amener à une élévation de l’âme vers la contemplation et la communion. Ce que la forme extraordinaire m’offre,c’est un chemin déjà « balisé » pour cette démarche spirituelle.
Par l’attitude : je me mets à genoux dès le début de la messe, lors des prières au bas de l’autel. Une manière très simple de me rappeler que je suis ici pour quelque chose de sacré qui me dépasse.
Par les chants, que ce soit le grégorien, qui, lorsqu’il est bien chanté, ne peut que m’élever par sa mélodie ou la polyphonie qui ne peut accompagner ce rite que par des chants au rythme calme. Pour le renouvellement du Sacrifice du Christ, j’ai besoin d’être porté par le recueillement. Le registre qui généralement accompagne la forme extraordinaire m’y aide, notamment parce qu’il invite ensuite au silence.
Par le silence : Je n’ai jamais si bien perçu la grandeur de ce qui se jouait à la messe que lorsque le prêtre murmurait,penché sur l’hostie : « Hoc est enim corpus meus ». Avec ce degré d’intimité caractéristique de cet « autre Christ »prononçant ces paroles ainsi, ce murmure performatif que les fidèles en prière entendent à peine mais dont le son de la clochette les avertit. Le sacré de l’Eucharistie est là. Et lorsque l’on mesure cela, on ne veut plus rien d’autre, si ce n’est plus de sacré encore.
Par le respect : l’attitude qui découle de la présence du Corps et du Sang du Christ me semble être le « minimum syndical » à la messe. Une fois les paroles prononcées, si je crois vraiment que Dieu est présent sur l’autel, je devrais être terrassé. Heureusement, dans sa pédagogie, Notre-Seigneur se laisse voir sous une forme accessible pour les pauvres humains que nous sommes, mais ce n’est pas une raison pour négliger l’attitude respectueuse que je lui dois.
Un pasteur protestant ayant assisté à une messe déclarait au prêtre qui l’avait célébrée : « Je ne comprends pas votre attitude lors de la communion. Si vraiment je croyais comme vous recevoir Dieu sous cette forme, c’est à genoux depuis le fond de l’église que je viendrais le recevoir, et certainement pas dans mes mains de pauvre fidèle ». C’est assez bien résumé. Je crois que l’Eucharistie est un mystère tellement grand qu’il ne peut se recevoir qu’avec l’attitude du plus profond respect. En effet les fidèles sont à genoux sur le banc de communion, — belle image de la communauté du peuple racheté, dans une posture plus humble me semble-t-il que les files individuelles de personnes qui communient debout — , pour recevoir l’hostie des mains consacrées du prêtre ou du diacre,directement sur la langue car nous sommes indignes de la toucher.
Par le recueillement : je l’ai déjà évoqué un peu, je ne peux concevoir la messe sans ces moments de silence, durant l’offertoire, avant, pendant et après la consécration et plus encore avant et après la communion. Il n’est déjà pas facile de prier sans être distrait par mille choses, alors ce que j’apprécie avec le rite extraordinaire, c’est qu’il facilite la mise en condition de notre âme pour le recueillement avant de recevoir le corps du Christ et qu’il offre aussi ce temps pour l’action de grâce après, temps qui ne sera interrompu que par la prière finale et la bénédiction du prêtre
Tout ce qui est écrit dans ce texte est bel et bon, mais pourquoi parler de « forme extraordinaire » alors qu’en réalité, il s’agit de la « liturgie de toujours » ?
Au moins à la Fraternité Saint-Pie X,on est logique : on célèbre les sacrements qui appliquent l’adage « lex orandi, lex credendi » et se réfèrent à un Magistère qui n’est pas celui de Vatican II.
Lorsque l’on parle de « forme extraordinaire », cela signifie que l’on avalise ce Magistère de Vatican II et l’on sait à quelle catastrophe il nous a conduits. Ce lecteur y a-t-il pensé en rédigeant son texte que l’on aimerait approuver, mais bien difficilement parce que tout simplement la coexistence entre un magistère « conciliaire » et le véritable magistère que l’on a de facto abrogé avec Vatican II , avec ou sans « esprit du Concile »,, je précise) est impossible comme le pape François 1er le rappelle dans ce Motu Proprio du 16 juillet
dernier. ?
En toute logique, ce lecteur doit rejoindre la Fraternité pour retrouver la beauté , la profondeur, le sens spirituel de cette liturgie « de toujours « dans un environnement magistériel qui est le contraire de celui de Vatican II. Cela devrait être la conclusion de son commentaire.
Courivaud, je ne suis pas partisan des dérives actuelles et je ne suis pas de ces inconditionnels du concile. Mais vos arguments confinant à la monomanie desservent tellement la cause de l’Eglise que je dois vous demander simplement : avez-vous lu in extenso les textes de Vatican II, à la source ? Ou vous êtes-vous limité à des extraits commentés par la FSSPX ? Je parle bien des textes, et seulement des textes : les avez-vous lus ?
Doit on refaire dans nos colonnes le débat cent fois recommencé (et jamais avancé, ni tranché) par… Le FC par exemple, et bien d’autres forums ?
:)
Pour Arôme.
Il se trouve que j’ai lu ces textes de Vatican II, je les lus in extenso et j’estime que ce motu proprio dit TC a au moins le mérite de relancer le débat sur l’opportunité de garder Vatican ll non seulement comme un point de répère doctrinal mais aussi et surtout comme unique référence doctrinale, tant ces textes sont entachés d’ambiguïtés dont les modernistes ont su tirer parti pour le plus grand malheur de l’Église dans toutes ses composantes.
Et à la direction de RC je répondrais que ce n’est pas avec des blogues et autres modes de communication dits « réseaux sociaux » que l’on doit réouvrir un débat fût il le 101 ème, tant ce mode d’expression est défectueux, voire dangereux mais dans un journal écrit et diffusé en forme classique, réunissant toutes les tendances critiques de Vatican II, un journal que chacun prend le temps de lire pour mieux réfléchir et agir à bon escient.
Qui veut sincèrement, pour le bien de l’Eglise, lancer un tel journal « fédérateur » d’idées constructives ?