nommé préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique, Mgr Raymond L. Burke n’a pas l’intention de se taire. Tout au contraire, il semble que cette nouvelle haute fonction qu’il
assume en tant que collaborateur de premier rang du Saint Père lui procure une nouvelle tribune d’où sa forte voix – qui est celle de l’orthodoxie catholique – pourra porter encore plus loin…
Mgr Burke a accordé un entretien au magazine italien Radice Christiane, de tendance très traditionnelle…, et qui vient d’être publié dans sa livraison du mois d’août. Le
préfet y redit ce qu’il n’avait cessé d’exprimer haut et fort quand il était évêque de La Crosse (Wisconsin) puis archevêque de St. Louis : on doit refuser la communion sacramentelle aux
politiciens et personnalités publiques catholiques qui soutiennent ou promeuvent le “droit” à l’avortement, c’est-à-dire « en se conformant à l’esprit du siècle » que Benoît XVI a
dénoncé devant tous les évêques américains, lors de son voyage apostolique le 16 avril dernier, en ce qu’il se manifeste notamment par « le scandale créé par les catholiques qui défendent un
prétendu droit à l’avortement ».
Voici des extraits des propos de Mgr Burke extraits de l’entretien qu’il a accordé à notre excellent confrère transalpin…
«
Recevoir le Corps et le Sang du Christ de
manière indigne est un sacrilège. Si c’est fait délibérément en état de péché mortel, c’est un sacrilège [c’est ce qu’on constate chez] des responsables politiques qui, le sachant et y
consentant, soutiennent des actions qui sont opposées à la Loi morale divine et éternelle. Par exemple, s’ils soutiennent l’avortement, ce qui revient à ôter la vie à des êtres humains innocents
et sans défense. Une personne qui commet un tel péché doit être admonestée de telle sorte qu’elle ne puisse recevoir la Communion tant qu’elle n’aura pas réformé sa vie (…) Si une personne qui a
été admonestée persiste dans ce péché mortel et public et tente de recevoir la Communion, le ministre de l’Eucharistie est obligé de la lui refuser. Pourquoi ? Avant tout pour le salut de cette
personne, pour l’empêcher de commettre un sacrilège (…) Nous devons éviter de donner aux gens l’impression qu’on peut être en état de péché mortel et recevoir l’Eucharistie (…). Ensuite, parce
que cela peut provoquer une autre sorte de scandale qui consiste à amener les gens à penser que l’acte public que cette personne accomplit, et que jusqu’à présent tout le monde considérait comme
un péché grave, n’est en fait pas si grave que ça puisque l’Église lui permet de recevoir la Communion (…) Si une personnalité publique, connue pour soutenir ouvertement et délibérément le droit
à l’avortement, reçoit l’Eucharistie, que va penser une personne ordinaire ? Elle en viendra à estimer que dans une certaine mesure ça ne pose pas de problème de supprimer une vie humaine dans le
ventre de sa maman (…) Il ne s’agit pas de s’ingérer dans la vie publique, mais plutôt dans la vie spirituelle de l’homme publique ou du politicien qui, si il est catholique, devrait se conformer
à la Loi divine y compris dans la sphère publique (…) Par conséquent, il est tout simplement ridicule et erroné de vouloir faire taire les pasteurs en les accusant de s’ingérer dans la politique
et de lui refuser de faire du bien à l’âme d’un des membres de son troupeau (…) [Nous devons] porter le témoignage de notre foi non seulement en privé, dans nos maisons, mais aussi dans nos vies
publiques dans nos relations avec les autres de manière à donner un témoignage fort du Christ ».
Je me permets de rappeler aux habitués de ce blogue que Mgr Burke, en sa qualité de préfet de la Signatura, a accordé son premier entretien à un organe de la presse non
américaine, à L’Homme Nouveau, le 3 juillet dernier. Ce très intéressant entretien – je vous prie de me croire… – sera publié dans le n° 1428 qui paraîtra le 13 septembre. Il
n’est donc pas trop tard pour vous abonner à
Nouveau si vous voulez recevoir ce numéro…
………Il ne s’agit pas de s’ingérer dans la vie publique, mais plutôt dans la vie spirituelle de l’homme publique ou du politicien qui, si il est catholique, devrait se conformer à la Loi divine y compris dans la sphère publique (…) ………
Dont acte.
Etre catholique c’est avant tout un mode de pensée, d’idée, de conduite, d’actes, de vie. Bref c’est un positionnement. Il faut vivre en accord avec ce que l’on pense. Ou que l’on dit penser.
La séparation de l’Eglise et de l’état, de Dieu et de la politique est un peu un leurre, comme nombre d’inventions prétendues lumineuses, car découlant directement ou pas du Siècle des (prétendues) Lumières.
L’Eglise doit penser droit, doit penser ferme, rigide et cependant juste…Face à la mollesse séculaire.
Tiens! Le bienheureux Charles de Foucault ne disait-il pas que les musulmans se feraient catholiques si les catholiques étaient plus pieux. Il devait avoir en tête ces invertébrés qui veulent servir l’opinion en demandant à Dieu de bien vouloir se contenter des restes.
Effectivement, cette séparation de l’Eglise et de l’Etat n’est pas évidente. A mon avis il s’agit essentiellement d’une résolution visant à assurer la domination de l’Etat sur l’ensemble de la société. Par exemple l’enseignement de l’Eglise concernant la vie des couples se verra contesté comme ingérence de celle-ci dans la sphère publique. Pourtant la vie d’un couple relève de l’intimité. Voilà le hic : public et privé ne sont pas étanches. Et dois-je rappeler que depuis la Révolution française le mariage est pris en charge par l’Etat et les autorités publiques. Nous ne nous marrions pas devant Dieu mais devant le maire. Les sacrements ne sont que des rites facultatifs regardant les seuls individus. Même notre habillement a fait l’objet d’une loi. Les idées que nous exprimons peuvent être réprimées par une série de lois dont la liste risque de s’allonger.
Selon la mythologie nationale l’Etat serait neutre. Mon oeil! la doctrine libérale est une vieille arnaque.
Pour en comprendre les enjeux un auteur est particulièrement pertinent : le théologien américain William Cavanaugh. Ses articles en anglais pulullent sur le Net, et il est de plus en plus édité en français.