L’Abbaye Sainte Marie de la Garde (Saint Pierre de Clairac, 47) vient de publier sa dernière lettre aux Amis (n°52, 5 mars 2026) :
Un Carême… pour chercher Dieu
Bien chers amis,
1915. S’approchant du Père Abbé de Maredsous, une personne présente une image et, à brûle-pourpoint, lui demande de bien vouloir inscrire au verso un résumé de la vie spirituelle. D’un trait de plume, Dom Columba Marmion trace en quatre points un véritable programme de sainteté qui, à vrai dire, vaut pour tous et à toute époque. Puisque le Carême et le temps pascal n’ont d’autre fin que de nous conduire plus avant dans l’union à Dieu, je vous propose de découvrir ensemble ces quelques principes et de les commenter. Énoncés par l’un des grands maîtres spirituels de notre temps, ils sont à eux-mêmes un gage d’alliance plus profonde avec le Seigneur et la promesse d’une paix intérieure toujours plus prégnante.
1. Cherchez Dieu seul et son bon plaisir.
Notre vie est une recherche continuelle. Nous courons – ce semble – vers le bonheur, mais en réalité c’est lui qui nous meut et attire sans relâche. L’amas confus des mille et une choses qui, chaque jour, aiguisent ou tentent notre désir le prouve aisément. Néanmoins, parce les éphémères réalités d’ici-bas nous déçoivent si souvent, nous percevons qu’ultimement, le bien que nous poursuivons et dont nous avons vraiment soif n’a qu’un nom : Dieu. Comment pourrait-il en être autrement ? Parce que, de toute éternité, notre Créateur a eu dessein de nous rendre participants à sa vie bien-heureuse, nous sommes en continuelle recherche de lui. Et même lorsque nous claudiquons et marchons à tâtons, Dieu use encore de tous les moyens sortis de sa bonté infinie pour nous déterminer à venir vers lui et à trouver ainsi notre unique félicité. À certains moments de l’existence, surtout au cœur de l’épreuve, nous pressentons que tout l’enjeu de notre vie consiste à rejoindre et trouver le Seigneur. Ceci dit, chercher Dieu seul signifie également répondre en actes à son bon plaisir. Cette quête n’a rien d’éthéré, elle est très concrète au contraire. Dom Gérard avait coutume de dire que pour discerner la volonté divine sur nous et la traduire en actions, il « suffisait » d’observer avec amour et ténacité ce principe qui a fait tous les saints : être là où il faut, quand il faut, et accomplir alors du mieux possible la tâche qui nous incombe. Essayez-vous à cela aujourd’hui, et vous goûterez déjà au bonheur de chercher Dieu vraiment !
2. Cherchez Dieu par la voie : Jésus-Christ.
Pour aller vers le Père et le trouver, il n’y a qu’un chemin. Cette route est une Personne : Jésus-Christ. Ici, permettez une confidence. Chaque année, à l’abbaye, nous accueillons nombre de retraitants, de familles et de groupes. Fréquemment, j’aime à poser la question : « avez-vous déjà lu, en entier, l’un des quatre Évangiles ? » Non, hélas, bien peu de chrétiens se sont souciés de lire ne serait-ce qu’une fois la vie de Jésus. Ils s’intéressent à des figures majeures de l’histoire, du sport ou du show-biz, mais Celui qu’ils auront le bonheur de contempler durant l’inextinguible éternité ne semble pas faire l’objet de leur intérêt sur cette terre. Ils ont bien mieux à faire… Qu’il en soit autrement pour nous et, par exemple, faisons la lecture continue et suivie, jusqu’à l’Ascension, de l’évangile de saint Marc – le plus court de tous ! Outre une nourriture pour l’intelligence, cette fréquentation assidue de Jésus à travers l’Écriture ouvrira entre lui et nous un dialogue d’amour, notamment dans la prière. Parions que la voie qui mène au Père deviendra alors de plus en plus large, libre et engageante.
3. Regardez Dieu beaucoup plus que vous-même.
Voyez tout, même vos fautes et vos misères, en Lui.
Sa miséricorde est un océan qui les noiera toutes.
La clé du progrès spirituel tient en cette disposition intérieure : regarder Jésus. Même lorsque nous sommes en butte avec nous-mêmes, avec nos défauts, nos limites et nos péchés, il y a urgence à rejoindre le regard d’amour que le Christ ressuscité pose continuellement sur nous. Et rassurons-nous, jeter – avec foi et une immense confiance – ces rapides œillades du côté du Seigneur est à la portée de tous, y compris des plus occupés. Lorsque nous nous prêtons à ce jeu de l’amour avec constance, les yeux de Jésus purifient notre cœur, le pénètrent comme une flamme et deviennent jour après jour source de salut et de joie.
4. Priez beaucoup pour celui qui ne vous oubliera jamais devant Dieu.
Ici, je vous laisse traduire : priez beaucoup pour notre communauté, laquelle ne saurait vous oublier devant Dieu. Et selon la célèbre formule du bienheureux Columba Marmion, souhaitons-nous mutuellement « la fidélité en tout » puisqu’elle est « la plus délicate fleur de l’amour pour lequel rien n’est petit ».
Bonne route vers la sainte Pâque ! Fr. Marc, abbé
Abbaye Sainte Marie de la Garde
Suivre les travaux de l’Abbaye qui va entamer la construction de son église abbatiale (Celle-ci devrait être achevée en 2028). (Ci dessous projet de l’architecte)

