Suite au récent sondage diffusé par l’ADMD :
À l’approche de l’examen de la proposition de loi relative à la fin de vie, un sondage commandé par l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) a été diffusé, laissant entendre qu’un consensus existerait, y compris parmi les catholiques, en faveur du texte.
Un débat d’une telle gravité demande rigueur et discernement.
La présentation de ce sondage appelle plusieurs réserves : la formulation des questions tend à opposer « aide active à mourir » et soins palliatifs, comme s’il s’agissait d’alternatives équivalentes, et la mise en avant du « vote des catholiques » repose sur un échantillon de seulement 494 personnes. L’appartenance religieuse ne saurait donc être mobilisée pour donner l’apparence d’un consensus.
Les réponses diffèrent lorsque les termes du débat sont clairement posés. L’étude publiée en décembre 2025 par la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), réalisée auprès de plus de 3 000 Français, présente ainsi des chiffres sensiblement différents :
- 52 % des personnes interrogées préféreraient, pour un proche gravement malade, des soins palliatifs de qualité plutôt qu’une euthanasie (38 %) ;
- 50 % estiment qu’il faut d’abord assurer l’accès effectif aux soins palliatifs sur tout le territoire avant d’envisager une légalisation ;
- Parmi les catholiques, 53 % expriment une opposition au texte, proportion qui atteint 60 % chez les pratiquants réguliers.
Ces données invitent donc à une grande prudence face à toute instrumentalisation d’une appartenance religieuse.
Au-delà des convictions confessionnelles, cette question engage notre conception de la solidarité et notre attitude face à la vulnérabilité. Elle mérite un débat à l’abri des simplifications.
Nous souhaitons ainsi réaffirmer que, sur la question de la fin de vie, la seule bonne réponse est le développement effectif et équitable des soins palliatifs sur tout le territoire. Aucun de nos concitoyens ne devrait se sentir conduit à demander la mort faute d’un accompagnement suffisant.
Mgr Vincent Jordy, archevêque de Tours, vice-président de la Conférence des évêques de France
Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre
Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque de La Rochelle et Saintes
