Comme nous l’indiquions en début de semaine, les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X avaient reçu la consigne d’expliciter aux fidèles la décision de sacrer de nouveaux évêques lors des messes célébrée dimanche dernier. L’abbé Bernard de Lacoste, recteur du Séminaire d’Ecône, a donné quelques explications aux séminaristes et aux fidèles d’Ecône :
Chers séminaristes, chers fidèles,
Lundi dernier, le 2 février, le Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X a annoncé qu’il y aurait des consécrations épiscopales, c’est-à-dire des sacres d’évêques, le mercredi 1er juillet prochain. La cérémonie aura lieu ici, à Écône, sur la célèbre prairie des ordinations, exactement au même endroit où, le 30 juin 1988, Mgr Lefebvre a sacré quatre évêques.
Ce sera un événement historique, mais il est important d’en bien comprendre la portée et la signification. La particularité de cette cérémonie, c’est que, pour l’instant, elle n’a pas reçu l’autorisation du pape Léon XIV. Nous espérons de tout cœur que le Souverain Pontife permettra ces sacres. Il faut prier à cette intention.
Démarches auprès de Rome
Normalement, il est interdit de faire des évêques sans l’autorisation du Vicaire du Christ, du successeur de Pierre. C’est pourquoi notre Supérieur général, il y a plusieurs mois, a sollicité une audience auprès du pape. Mais hélas, cette audience ne lui a toujours pas été accordée. Il a écrit plusieurs lettres au pape et, pour l’instant, la seule réponse qu’il a reçue, en provenance du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, est une réponse négative.
Nous continuons d’espérer et de prier.
Jeudi prochain, dans quatre jours, l’abbé Pagliarani, notre Supérieur général, se rendra à Rome pour répondre à l’invitation du cardinal Fernandez. Mais ce cardinal n’est pas un grand ami de la Tradition. C’est pourquoi, à vue humaine, il ne faut pas espérer grand-chose de cet entretien. Cependant, si le Saint-Esprit souffle, tout est possible. C’est pourquoi il faut prier avec confiance et insistance.
Nous ne sommes pas d’accord avec ceux qui se moquent du pape, qui méprisent le Saint-Siège et qui vivent comme si Léon XIV n’existait pas. Le Christ a fondé son Église sur saint Pierre et sur ses successeurs. L’amour et le respect du Souverain Pontife, l’amour de Rome et du Saint-Siège, la soumission au magistère de l’Église, tout cela fait partie de l’esprit de la Fraternité Saint-Pie X telle que Mgr Lefebvre l’a fondée.
Constat d’une crise dans l’Église
Cependant, hélas, on ne peut que le constater : depuis 60 ans, ceux-là mêmes qui ont reçu du Christ la mission de confirmer les prêtres et les fidèles dans la foi usent de leur autorité, de leur pouvoir, pour attaquer la foi et la morale. Depuis 60 ans, le Saint-Siège diffuse des enseignements confus, ambigus et même parfois faux, radicalement contraires à ce que l’Église a toujours enseigné.
Si nous voulons garder la foi et l’état de grâce pour aller au Ciel, nous sommes donc obligés de résister à ces autorités, de ne pas les suivre lorsqu’elles nous détournent du vrai ou du bien.
Voici quelques exemples d’enseignements venus de Rome et que nous devons refuser pour rester catholiques :
« Les communautés chrétiennes non catholiques peuvent être des moyens de salut. » C’est faux.
« Il ne faut pas que le Christ règne publiquement dans les sociétés. » C’est faux.
« Un divorcé remarié a le droit de communier. » C’est faux.
« Un couple de même sexe peut recevoir une bénédiction donnée par un prêtre. » C’est faux.
« L’Ancien Testament est toujours en vigueur et n’a pas été abrogé. » C’est faux.
« La Vierge Marie ne doit pas être dite corédemptrice. » C’est faux.
« Le pape n’est pas le seul à détenir le pouvoir suprême dans l’Église. » C’est faux.
« Le souci du climat et la protection de la planète sont une priorité pour l’Église. » C’est faux.
« Le dialogue interreligieux est bienfaisant et fructueux. » C’est faux.
« La messe traditionnelle est périmée, obsolète, abrogée, dépassée, surannée, désuète. Elle ne répond plus aux aspirations du chrétien du XXIᵉ siècle. » C’est faux.
« Chacun a le droit de vivre selon sa conscience, même si cette conscience est erronée. » C’est faux.
On pourrait continuer la liste, hélas.
Nécessité d’évêques fidèles
Le cardinal Ratzinger, quelques semaines avant de devenir le pape Benoît XVI, dans une méditation pour un Vendredi saint, a comparé l’Église à une barque qui prenait l’eau de toute part. Je profite de cette image pour vous raconter une histoire qui se passe au milieu de l’océan Atlantique.
Un bateau vient d’être percé dans sa coque et l’eau commence à entrer dedans. Panique ! Alors un marin énergique se précipite pour essayer de boucher les trous, de colmater les brèches. Mais le commandant intervient : « Non, reste tranquille, je t’interdis de boucher les trous. »
Surpris, le matelot réagit : « Mais commandant, nous allons couler si nous ne faisons rien ! »
Néanmoins, le commandant reste inflexible : « J’interdis à tous les membres de l’équipage de colmater la moindre brèche. »
Stupéfait, ne comprenant pas pourquoi son chef donne un ordre si absurde, si incompréhensible, déraisonnable, le matelot réfléchit un instant puis décide de désobéir. Et, avec deux compagnons, il s’active à réparer le bateau pour l’empêcher de couler.
C’est intelligent, c’est raisonnable : c’est une image de ce qu’essaye de faire, bien modestement, la Fraternité Saint-Pie X ainsi que les communautés amies.
Aujourd’hui, dans la terrible crise que vit la Sainte Église, tout catholique doit agir pour garder la foi. Et les membres du clergé doivent en plus agir pour transmettre cette foi dans toute sa pureté doctrinale, avec une charité missionnaire.
Or, pour qu’il y ait des prêtres fidèles, il faut des évêques fidèles. Voilà pourquoi un sacre épiscopal est requis.
