Fin janvier, la radio chrétienne francophobe belge 1RCF cessera d’émettre en Belgique. Une décision annoncée par les épiscopat, et motivée par la « diminution des moyens financiers » de l’Eglise catholique en Belgique, ainsi qu’une volonté d’intégration de la radio au sein de Cathobel. En revanche les décrochages locaux de RCF en Wallonie (trois radios locales à Bruxelles, Liége et Namur sur la bande FM) ne sont pas concernés.
1RCF avait été créée en 2019 sur le DAB+ (Digital Audio Broadcasting Plus), lancé en Belgique francophone et censé remplacer la bande FM. Le DAB+ permettra à 1RCF Belgique d’être écoutée (pratiquement) sur l’ensemble du territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Bien que « les évêques de Belgique ont investi des moyens financiers et humains considérables dans ce projet« , ainsi que des mécènes, le DAB+ ne s’est pas répandu autant qu’espéré, et les jeunes lui préfèrent aujord’hui des contenus en ligne et des podcasts. Par ailleurs 1RCF ne semble pas avoir trouvé son public : « il est aujourd’hui impossible de chiffrer précisément le nombre d’auditeurs réguliers de 1RCF Belgique car celui-ci reste sous le seuil des minimas retenus ».
« »Les ressources actuellement mises à la disposition de 1RCF Belgique permettront de renforcer l’offre de CathoBel et de lancer de nouveaux projets. La priorité sera donnée à la diffusion sur internet, aux podcasts et à la présence sur les réseaux sociaux. La proposition exacte est encore en préparation. » Comme l’explique la RTBF, les évêques justifient leur décision par le retard dans le déploiement du DAB +, la fin de la bande FM, ainsi que par la diminution des moyens financiers de l’Église en général.
La Libre Belgique, qui a consacré un article au sujet, laisse entendre que la décision a été prise assez brutalement, au lendemain d’un dîner organisé par la direction de la radio pour trouver des mécènes.
Cathobel tente une explication : « c’est le défi financier qui explique en partie la proche disparition de la radio. L’Eglise doit aujourd’hui réaliser de sérieuses économies. « Et c’est difficile », souligne Olivier Fröhlich, délégué des évêques pour les médias. « Car aujourd’hui, ce n’est plus entre l’essentiel et l’accessoire que nous devons choisir, mais entre des choses qui nous semblent toutes essentielles. » Reste que la décision est aussi stratégique. La coexistence de quatre radios RCF sur le petit territoire belge francophone ne se justifie sans doute. Surtout, les modes de « consommation » des médias connaissent des bouleversements profonds. La diffusion « linéaire » de la radio (et de la télévision!) perd du terrain, singulièrement auprès des jeunes ».
Par ailleurs la société 1RCF dépendait déjà de Cathobel, comme ses équipes : « la société avait été logée au sein de l’asbl CathoBel, qui en détenait 80% des parts. Par ailleurs, l’équipe avait intégré le bâtiment de CathoBel, à Wavre. Au fil des ans, si les deux équipes sont restées distinctes, les synergies entre elles n’ont cessé de se multiplier« .
