Dans sa lettre aux membres de la Confraternité Saint-Pierre (Février 2026), l’abbé Hubert Bizard, FSSP, évoque la jalousie… à quelques semaines de l’entrée en Carême :
Chers amis membres de la Confraternité,
Lequel d’entre nous n’a jamais été jaloux ?
La jalousie est une tristesse qui parfois nous affecte, en considérant le bien de notre voisin. Ce bien que nous n’avons pas.
Elle s’infiltre très facilement dans les coeurs humains ; et même dans les coeurs ecclésiastiques (priez pour moi!).
On peut être jaloux des richesses du prochain, de ce qu’il possède et que nous ne possédons pas, de ses amis, de sa gloire, de sa réputation, de son intelligence, de sa famille, et même de sa vertu !
Et cette jalousie, parfois (regardons Hérode à Noël), peut nous pousser à avoir des sentiments mauvais envers ce prochain en apparence mieux pourvu que nous. A lui vouloir du mal ; ou tout au moins à souhaiter qu’il ne soit pas pourvu de ce dont nous sommes, nous, dépourvus.
Quand elle touche le domaine spirituel, et que nous en arrivons à jalouser les biens spirituels du prochain (nous attrister de ceux-ci), saint Thomas va jusqu’à dire qu’il y a dans cette jalousie un péché contre le Saint-Esprit ; le Saint-Esprit n’est-il pas en effet l’auteur des grâces dans l’âme du prochain ?
Quel grand remède pouvons-nous trouver à ce péché capital de la jalousie qui nous touche tous un peu à certains moments ?
L’habitude de l’action de grâces.
Rendons grâces à Dieu en toutes choses ; tant pour les dons que le Seigneur nous a accordé, que pour ceux dons répandus chez le prochain.
Par la communion des saints d’ailleurs (la communion des biens spirituels entre les personnes en état de grâce), si nous nous réjouissons des biens spirituels du prochain, ces biens nous dit saint Augustin deviennent un peu les nôtres. C’était aussi ce que pensait sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus qui écrivait un jour à sa soeur Céline :
Si j’aime le bien qui est en mon prochain plus qu’il ne l’aime lui-même, ce bien est à moi plus qu’à lui. Si j’aime en saint Paul toutes les faveurs que Dieu lui a accordées, tout cela m’appartient au même titre que lui. Par cette communion je puis être riche de tout le bien qui est au ciel et sur la terre, dans ses anges, les saints et tous ceux qui aiment Dieu.
Je sens que la ferveur de mes soeurs supplée à la mienne, dira-t-elle encore.
Et puis n’oublions pas de rendre grâces à Dieu pour sa sagesse ; sa sagesse qui est si différente de la nôtre. Et qui est surtout plus sage que la nôtre.
Il accorde aux uns en effet ce qu’il refuse aux autres. C’est la parabole des talents. Il accorde parfois même aux uns le même salaire qu’à d’autres ayant d’avantage travaillé, c’est la parabole des ouvriers de la onzième heure.
Et ce qui nous semble être une inégalité profonde (et elle l’est aux yeux humains) est permis par Dieu pour peut-être nous faire grandir en humilité ; ou encore pour nous apprendre à nous abandonner à cette volonté, que saint François de Sales appelait de bon plaisir, de Dieu que nous avons bien du mal parfois à comprendre et à suivre.
La jalousie rend malheureux. Elle assombrit les coeurs et la volonté. Elle nous fait ruminer. Et elle n’attire pas sur les âmes qu’elle touche les grâces du ciel.
Aimons notre vocation et l’état que Dieu nous a donné sur cette terre. Ne rêvons pas d’être ce que nous ne sommes pas, mais tâchons de bien être ce que nous sommes.
Et n’oublions que le prochain est un peu un autre nous-mêmes à qui nous devons toujours souhaiter du bien, puisque nous devons l’aimer comme nous-mêmes.
La prochaine messe à vos intentions sera célébrée le 22 février prochain.
Ce jour-là, vous pourrez également, par décision de la pénitencerie apostolique, obtenir une indulgence plénière en renouvelant mentalement de manière privée votre engagement dans la Confraternité. Moyennant les conditions habituelles (communion et confession dans les huit jours, prières pour le Souverain-Pontife et détachement de toute affection au péché). Et cette indulgence est applicable à une âme du purgatoire.
Lire la lettre aux membres de la Confraternité (Février 2026)
