Dans sa lettre aux membres de la Confraternité Saint-Pierre (Mars 2026), l’abbé Hubert Bizard, FSSP, évoque la recherche de Dieu… particulièrement avec l’exemple des chartreux.
Chers amis membres de la Confraternité,
Et si les Chartreux avaient finalement raison ?
Et si ces âmes qui ont tout quitté (leur famille, le monde, leurs amis et toute attente du « monde ») pour rechercher uniquement Dieu, étaient pour nous, sous un certain rapport, des modèles ?
Il y a quelques années déjà, je suis tombé sur deux courts films présentant, autant que des films puissent le faire, la vie des moines chartreux.
Ces deux petites vidéos (surtout celle des frères) m’ont beaucoup marqué, car elle m’ont rappelé combien il fait bon vivre uniquement avec Dieu.
Elles m’ont rappelé combien le vrai bonheur est si près de ceux qui savent le chercher au bon endroit ; combien les âmes données à Dieu, « véritablement et intégralement », sont heureuses.
A travers des croix et des combats, certainement, mais sont heureuses d’être avec Celui qui est notre « tout ».
Nous sommes faits pour Dieu. C’est là la plus grande vérité quant à notre existence.
Dieu est cet « unique nécessaire » dont parle l’évangile.
Et nous en sommes malheureusement (nous pourrons tous faire le même constat) dans le monde tellement facilement dissipés.
Par nos obligations. Par les tentations. Par tout ce que le monde propose. Par cette vie moderne qui ne nous laisse aucun répit et aucun repos.
Alors bien sûr, il faut pour « entrer en chartreuse » avoir la vocation cartusienne. Et nous sommes loin (moi le premier) d’avoir cette vocation si particulière et pourtant si belle.
Mais ne pourrions-nous pas pendant le temps du carême, faire de notre âme une petite chartreuse ?
Pourquoi ne pas profiter un peu de ce temps que nous offre l’Eglise chaque année, pour mettre de côté (autant que nous le pouvons) le monde et ses distractions : pour apprendre à côtoyer Dieu plus intimement ; à goûter et à voir, comme le dit le psaume, combien il est bon.
Pour que le feu de l’amour de Dieu puisse enflammer une âme, il faut lui donner du temps ; car ce feu divin doit commencer par chasser l’humidité qui se trouve en cette âme. Il doit la faire un peu « transpirer » avant de pouvoir l’enflammer et ne faire finalement qu’un avec elle.
Chaque année, le carême nous offre quarante jours d’efforts à offrir ; non pas pour le plaisir d’accomplir un exploit, mais pour nous rapprocher de Dieu en nous séparant concrètement de tout ce qui nous en éloigne.
Profitons de ce mois de mars, consacré traditionnellement à saint Joseph, pour demander au père nourricier de Notre-Seigneur de nous apprendre combien est belle la vie intérieure.
Bien sûr, Dieu est partout ; et nous pouvons (et devrions) le trouver partout.
Mais nous savons bien que le bruit du monde nous permet difficilement de l’entendre. Tandis que le temps à lui donné, souvent à l’écart (comme dans l’évangile ou le Seigneur conduisait souvent ses disciples « à l’écart »), nous permets tout à coup de le voir.
Il était pourtant bien là. Depuis toujours. Mais je ne le voyais pas.
Bon et saint carême.
