A la demande de plusieurs amis romains, Riposte catholique lance bien volontiers cette supplique au cardinal Parolin, secrétaire d’Etat, pour rétablir l’autorisation de célébrer la messe hors de la concélébration quotidienne à Saint-Pierre de Rome – la suppression étant à la fois un abus de pouvoir manifeste (puisqu’aucun prêtre ne peut être contraint à concélébrer) et une grave erreur doctrinale et pastorale (c’est précisément au coeur de l’épreuve que nous avons davantage besoin que de nombreuses messes soient célébrées et il serait absurde que la pandémie soit un prétexte à limiter notre recours au Sacrifice du Christ).
Eminence,
C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai appris que les messes privées devaient être interdites à Saint-Pierre de Rome.
Il me semble d’abord qu’il s’agit là d’un abus de pouvoir typique du cléricalisme contre lequel le Pape François a souhaité se battre, non sans raison. On se demande en effet de quel droit une administration pourrait forcer un prêtre à concélébrer, alors que le code de droit canonique écarte explicitement cette contrainte (can. 902).
Mais, surtout, il me semble extrêmement dommageable, en ces temps où l’humanité entière souffre des conséquences d’une pandémie d’empêcher que les mérites du Saint-Sacrifice nous obtiennent une rapide délivrance et les grâces pour traverser cette épreuve. Comme, hélas, c’est souvent le cas des décisions administratives, celle-ci me semble avoir été prise à rebours des nécessités pastorales les plus manifestes.
Je vous serais donc extrêmement reconnaissant si vous pouviez obtenir la révocation de cette décision si contraire au bien des âmes.
Dans cette espérance, je prie Votre Eminence de bien vouloir agréer l’expression de mes sentiments filiaux et de bien vouloir m’accorder Sa bénédiction.
tant qu’à citer le canon 902, autant le citer en entier. « À moins que l’utilité des fidèles ne requière ou ne conseille autre chose, les prêtres peuvent concélébrer l’Eucharistie, étant respectée la liberté pour chacun de la célébrer individuellement, mais pas quand il y a une concélébration dans la même église ou le même oratoire. »
Le canon 902 dans son entier va donc plutôt dans le sens de la décision romaine, puisqu’il y avait généralement de nombreuses célébrations et concélébrations en même temps à St. Pierre de Rome, ce qui est mentionné explicitement comme une restriction du droit de célébrer individuellement.
Canon qui reprend soit dit en passant Sacrosanctum Concilium 57 §2
Et personne n’empêche les prêtres de célébrer le Saint-Sacrifice individuellement :
D’une part il y a suffisamment de Basiliques, d’Eglises, de Chapelles et d’Oratoires à Rome pour le faire individuellement (même si bien sûr la Basilique St. Pierre est un haut lieu du catholicisme, avec peut-être des indulgences particulières attachées (j’ai pas vérifié)),
D’autre part il y a toujours la possibilité de concélébrer aux nombreuses messes proposées* (bon ok « mauvais » argument, mais qui reste tout à fait valable du point de vue du droit canon notamment, et de SC 27).
Ou finalement, en tout cas en forme ordinaire (vu les restrictions au niveau du nombre d’autel disponibles pour la forme extra-ordinaire, qui sont peut-être le point le plus contestable de la décision), il est toujours possible de célébrer avec un groupe de fidèles « sa propre messe », ce qui va dans le sens du canon 906 qui requiert, sauf juste motif, la présence d’au moins un fidèle.
Cela va aussi dans le sens du canon 898 qui parle de « en participant activement à la célébration du très auguste Sacrifice », et qui peut « justifier » la demande romaine d’avoir un chantre pour ces célébrations avec fidèles (cf. aussi SC 30 qui est encore plus explicite).
A cause de cela, l’argument « d’empêcher que les mérites du Saint-Sacrifice nous obtiennent une rapide délivrance et les grâces pour traverser cette épreuve » semble assez faible, en tout cas d’un point de vue des instances de l’église. (après reste la question des « visées théologiques » derrières cette « question », m’enfin là on entre dans un débat sans fin)
*A ce niveau il faut aussi rappeler que chaque prêtre, dans une concélébration, peut appliquer la messe qu’il concélèbre à une intention particulière (cf. canon 945 pour rester dans le droit canon). Et donc y avoir « plusieurs intentions » derrière une messe concélébrée, au niveau d’une par prêtre concélébrant (au lieu des mêmes intentions réparties dans plusieurs messes distinctes).
« Et personne n’empêche les prêtres de célébrer le Saint-Sacrifice individuellement »
Si justement c’est le but de la note, empêcher les messes tridentine. Pas besoin d’avoir un doctorat en droit canonique pour le comprendre…
Il est très pratique pour les prêtres séjournant au Vatican ou ceux de passage de célébrer leur messe privée le matin à St Pierre avant d’aller travailler. De plus si la tendance actuelle est à la concélébration il faut respecter ceux qui ne la souhaitent pas ou ne peuvent pas (forme extraordinaire) à moins que cela ne soit un moyen d’empêcher cette forme du rite. Combien de messes non célébrées à cause de ces concélébrations et de pertes des grâces qui leur seraient aattachéess.
Merci pour votre acharnement- vous avez réussi rendons grâce à Dieu
nous nous sommes éloignés du Seigneur par cette course à l’économie impensable que l’on bloque notre Saint Pierre de Rome
l’Europe est chrétienne ‘Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église
le monde est grand il ne nous appartiens pas nous en sommes que les usufruitiers la Grèce a portée cette chrétienté merci a tous ceux qui nous permettent de garder notre foi et pardonnons a ceux qui ne comprennent pas leur place !!!!
merci a nos consacré(es) même pas besoin d’écriture inclusive pour respecter la volonté des genres voulus par LUI
Le rétablissement des messes privées à Saint-Pierre de Rome est extrêmement important,surtout en cette période de pandémie !
Réponse à Christophe : vous connaissez certainement l’adage « Summum jus, summa injuria » (l’application la plus stricte du droit équivaut à la plus grande injustice).
Il y a évidemment des grâces spéciales attachées à la célébration de la messe dans Saint Pierre de Rome, tant pour le prêtre que pour le groupe de pèlerins qui .l’accompagnent. Ces groupes, qui sont accompagnés souvent de plusieurs prêtres, forment des communautés – même si c’est seulement pour le temps du pèlerinage, cette communauté est réelle, et d’ailleurs ces pèlerinages ont souvent des suites : ceux qui y ont participé gardent fréquemment des liens.
Dès lors, il apparaît peu pastoral de mélanger ces groupes lorsqu’ils arrivent à Saint Pierre de Rome, surtout s’ils n’ont pas la même langue.
Par conséquent il faut invoquer ici le principe d’équité, qui veut que chaque loi générale doit être appliquée avec un discernement qui tient compte des circonstances.
L’équité pastorale requiert donc la levée de cette interdiction difficilement compréhensible.
Abbé Bernard Pellabeuf
Continuez à quémander auprès des usurpateurs !
« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. »