Le site d’informations bretonnes Breizh info donne quelques éléments complémentaires sur la crise en cours au sein du diocèse de Quimper et indique que ce qui s’y déroule est symptomatique de la situation française, avec de jeunes évêques « romains » confrontés à un clergé à la mode des années 70. Que fera Rome après le passage de Mgr Gueneley ? L’avenir le dira et montrera s’il existe une issue pour les diocèses sinistrés de l’Eglise qui est en France.
« […] Monseigneur Philippe Guenely, évêque émérite de Langres, est nommé administrateur apostolique du diocèse, le temps de la vacance du siège épiscopal. Cependant ce départ pour raisons de santé, même s’il n’est pas tout à fait un pieux mensonge, n’est pas la seule raison de la décision du Vatican.
Depuis plusieurs années, le diocèse s’enfonce peu à peu dans une crise profonde. L’évêque de Quimper Mgr le Vert avait été nommé pour remettre de l’ordre dans un diocèse où son prédécesseur avait quelque peu laissé les choses partir à vau-l’eau. Mais cet officier de marine, très autoritaire, s’était retrouvé très vite aux prises avec un clergé et des prêtres plus progressistes.
Outre une ligne de fracture dogmatique, se sont ajoutées des considérations de pouvoir. L’évêque le déléguait plus à son entourage direct qu’aux personnes canoniquement chargées de l’assister dans sa charge comme les vicaires généraux. Dont un – celui de Quimper – est d’ailleurs parti le 9 avril. La moitié des personnes qui devraient siéger au conseil épiscopal – le gouvernement de l’évêché – ne le font plus.
La crise au sommet a justifié le placement de l’évêché sous la tutelle de l’archevêché de Rennes. Une information que l’évêque de Quimper a démentie par ailleurs, mais qui n’en reste pas moins vraie et confirmée par plusieurs sources internes au diocèse et à son administration. Cela ne signifie pas que le diocèse est à deux doigts de mettre la clé sous la porte, mais bien que l’Eglise sent que la situation va mal et qu’une nouvelle direction est nécessaire pour remettre la situation sur de bons rails.
La vraie question réside dans le choix du nouvel évêque. Soit l’Eglise maintient le même, après que l’administrateur apostolique ait conduit pendant plusieurs mois sa mission pacificatrice, pour écouter les différentes parties et clarifier la situation. Et surtout le temps que les médias passent à autre chose. Soit l’Eglise en nomme un autre. De quelle sensibilité sera-t-il ? Plus conservateur ou plus progressiste ? Voilà une nomination qui ne passera pas inaperçue.
Le « jusqu’à nouvel ordre » montre cependant que l’Eglise demande à prendre du recul sur une situation visiblement très tendue et très éprouvante. Et sur laquelle les ecclésiastiques finistériens ne sont pas très bavards. C’est le monde du silence, avec le commandant Cousteau en col romain.
Une situation économique pas si florissante qu’on pourrait le croire
Cette mise sous tutelle trouve aussi ses sources – en partie – dans la situation financière du diocèse. Bien que les comptes soient positifs, ce que l’économe Rémi Perrin s’est empressé de clamer sur tous les… clochers, les comptes recèlent quand même quelques surprises. Par exemple, en 2012, le montant des emprunts auprès d’établissement de crédit dépasse les 9 millions d’euros (9.304.428 très exactement) et double quasiment par rapport à l’année d’avant (4.625.723 €). Le total des dettes atteint même 15 millions d’euros. La moitié de ces emprunts doivent être remboursés d’ici 5 ans. L’économe diocésain refuse de détailler ces emprunts : « nous ne cachons rien. Mais nous ne sommes pas obligés de tout dire ».
Le tout avec un résultat d’exploitation qui reste négatif, le diocèse ne se rééquilibrant que sur les cessions, les dons (2.5 millions en 2012) et les résultats financiers. Bref, des recettes exceptionnelles. A ce sujet, le résultat enregistré en 2012 était exceptionnel, puisque en grande partie constitué par la reprise d’une provision sur les titres faites en 2011 à cause de la crise financière (947 000 euros) et de cessions de titres mobiliers (1.4 millions d’euros), sans oublier une reprise de provision sur les charges (encore 1 million d’euros). Ce bénéfice ne témoigne en rien de la performance économique du diocèse.
Quant aux cessions, elles sont constituées d’après Rémi Perrin de « deux ou trois presbytères et de salles paroissiales », qui s’inscrivent « dans un effort très important de rationalisation » commencé depuis son arrivée à l’économat en 2008. Et qui aura conduit à la vente d’une dizaine de presbytères et d’une demi-douzaine de salles paroissiales. Il sera d’ailleurs achevé d’ici un ou deux ans – c’est-à-dire que le diocèse ne pourra plus brader ses bijoux de famille pour rééquilibrer ses budgets.
Un des gros postes dans le budget du diocèse est occupé par les salaires et traitements. 3 216 123 € en 2012, auxquels s’ajoutent 1 079 251 euros de charges sociales. Rémi Perrin détaille : « il y a 144 prêtres actifs, 124 à la retraite, auxquels s’ajoutent 43 laïcs en mission ecclésiale et 74 en charge administrative ». Les prêtres reçoivent en moyenne un traitement moyen de … 504 euros. Auxquels s’ajoutent 182 € de forfait de déplacement. Soit un traitement moyen de 686 €, bien au-dessous de la moyenne française qui tourne autour de 850 € et qui atteint 1025 euros à Nice. Le traitement minimum est de 612 euros ; pour les prêtres retraités, le diocèse donne un complément qui permet d’atteindre cette somme. La provision commune à ce complément et à l’accueil des prêtres en maison de retraite atteint 5 millions d’euros, sur un poste distinct des charges salariales. Sachant que les salaires des prêtres actifs et retraités atteignent un total de 160.000 euros pour le diocèse, où vont les 3 autres millions d’euros du poste budgétaire ? Voilà des différences de traitement qui doivent attiser bien des rancœurs. »
tout ça est désolant : la volonté globale du CEF d’éliminer ceux qui les empêchent de tourner en rond se manifeste ici. pour que vive la pensée unique…. malheur aux réactionnaires suspectés de soumission à Rome….
Lire peut-être ex-officier de marine, même si sans doute l’on est marqué à vie par son passage à la baille !
Par ailleurs, situation pas forcément étonnante, se rappeler comment Mgr Cattenoz a été « combattu » à son arrivée dans son diocèse d’Avignon alors qu’il avait vraiment mis le doigt là où il fallait, et combien les diocèses comme ceux de Toulon ou de Bayonne par exemple font exception.
Il faut de la patience pour que l’Eglise en France, celle de l’enfouissement et de la sécularisation renaisse…mais tous comme pour les caciques politiques qui nous gouvernement depuis un demi-siècle, les temps évoluent et la jeunesse catholique (clercs et laïcs) de 2014 n’est pas celle des années 70. L’exemple douloureux de Quimper est peut-être un bon «révélateur-détonateur ».
Ne vous faites pas d’illusions… le Pape Bergoglio est un véritable jésuite qui refuse d’affronter l’ennemi de face … vous verrez…
Le problème est peut-être que certains évêques sont mal préparés à leur tâche. Ceux qui ont un cursus diocésain classique (curé, vicaire épiscopal, vicaire général) ont une expérience de gouvernement pastoral et sont probablement mieux préparés que des religieux ou des enseignants. Les nominations récentes effectuées par le pape François semblent privilégier ce profil classique.
… et gnan, gnan, gnan et gnan, gnan, gnan ! Les évêques sont là pour enseigner la doctrine de l’Église et réprimer l’erreur. N’oublions pas que les prêtres ne font partie de l’Église Enseignante que par délégation de l’Ordinaire. Une des choses encore que Vatican II a mis cul par dessus tête avec la vertu d’obéissance (à Dieu d’abord) !
La Vierge à la Salette et à ses grands mystiques a dit qu’il y aurait une affreuse crise dans l’Eglise. En voilà un exemple. C’est triste à dire. Je plains cet évêque, comme il doit souffrir. Soutenons-le de nos prières.
Rasseemblement de soutien à l’évêque Le Vert et de désapprobation pour l’importance trop grande donnée à des prêtres de la mouvance gaillot ou pro loi Taubira comme l’interview faite hier par Ou(e)st-France à Laurent Laot :
Dimanche 15 heures devant la cathédrale.
Il y a une erreur de fond dans l’avant-dernière phrase de l’article, qui dit : « Sachant que les salaires des prêtres actifs et retraités atteignent un total de 160.000 euros pour le diocèse, où vont les 3 autres millions d’euros du poste budgétaire ? »
Il ressort du dernier paragraphe que les salaires des prêtres actifs et retraités atteignent un total de 160.000 euros par MOIS, soit 1.920.000 euros par AN, auxquels s’ajoutent les salaires des 43 laïcs en mission ecclésiale et des 74 laïcs en charge administrative. Au total, on doit être tout proche des 3 millions d’euros pour lesquels l’auteur de l’aricle s’inquiète inutilement…
bravo pour cette manif en faveur de Mgr Le Vert
Bonjour,
Je suis un lecteur assidu de Perepiscopus. Mais je suis choqué de lire régulièrement des charges contre les laïcs salariés dans les diocèses. N’oublions pas que sans eux les Eglises particulières ne fonctionneraient plus !
Nous le vivons à Lyon ou le « dégraissage » a eu des répercutions dramatiques sur les effectifs de la Pastorale de Jeunes… et sur la confiance pour l’institution.
à Maxime Lyon
Bien sûr il y a des laics obéissants au Magistère et à la hiérarchie et au Pape,
MAIS mon expérience m’a montré que les service de formation des adultes du diocèse sert à former des laics cooptés par d’autres laics déjà en place, eux-mêmes mis en place par des prêtres très progressistes.
Ce service de formation est une citadelle progressiste.
D’autre part, vu les finances, il va bien falloir remercier ces laics, qui coûtent à l’évidence la peau des fesses. Ce n’est pas pour rien que jusqu’à présent l’Eglise avait pour personnel des bénévoles : prêtres, religieux religieuses, laics bénévoles…
Enfin, d’après la rumeur, le clash à Quimper a bien eu lieu sur un fond de crise financière et notemment de choix discutables de l’évêque (vente de l’immobilier pour financer les salaires, endettement en croissance très importante, construction discutable du côté de Gouesnac’h…
@Gwilhmod Tepod
c’est dommage de colporter ce que vous dire vous même être des rumeurs, ne trouvez vous pas ?
quand il y a rumeur, il faut chercher qui la initier pour savoir à qui cette rumeur rapporte.
Mgr Le Vert a bon dos ! Il a le dos large !!!
vous parlez de choix discutable de l’évêque : vous oubliez qu’il ne prend pas de décision tout seul. Surtout lui, qui est connu pour beaucoup consulter !
Tout ce que nous pouvons lire sur lui (tout ou presque) est positif, dit qu’il a fait beaucoup pour un diocèse qui n’était pas ou peu dirigé.
Mgr Le Vert autoritaire ! pour ceux qui le connaissent bien, ce n’est pas la caractétistique qui vient en premier lieu à l’esprit. C’est un homme courageux, d’écoute, il prend des décisions. Pour qu’il demande au Pape d’être autorisé à suspendre momentanément son ministère pour se reposer, est qu’il a dû être bien malmené par son entourage qui était sensé l’aidé. Conseiller l’évêque ne veut pas dire prendre des décisions à sa place.
Prions pour notre évêque et prions que la paix se rétablisse aussi à la lumière de la Vérité.
à Côme,
Oui c’est une rumeur, et malheureusement il faut bien s’en contenter car ici en Finistère c’est la Grande Muette. On a beau demander des explications on n’en obtient que des rumeurs… Cela fait maintenant trois semaines que j’enquête. Tout concorde pour qu’effectivement on puisse dire qu’il y a eu contestation d’un choix immobilier de Mgr Le Vert au sujet de sa secrétaire personnelle. Je considère que c’est un fait : il semble bien que son économe relayé par une grande partie de son conseil épiscopal ait critiqué ce choix, point barre.
En plus, et c’est lié, comme il a fait venir cette secrétaire après plusieurs mois d’épiscopat, cela a été vécu comme un déni de confiance envers ses vicaires généraux et « son équipe » en général. Le fait qu’il lui ait confié des responsabilité, le vicaire général Larvol ne l’a pas supporté. pourtant cet homme favorable à Gaillot en 1993 devrait être content de la part croissante donnée aux femmes dans l’Eglise. Il semble bien que l’on soit devant un cléricalisme de la part du clergé finistérien, bien qu’il soit très largement progressiste, à gauche pro avortement pro mariage gay (personne n’a soutenu l’évêque quand il a apprlé à manifester en 2013…) etc…
Mgr Le vert me laisse plutôt une impression d’être assez autoritaire. J’en sais quelque chose mais c’est personnel. C’est pour moi un fait et cela ne me dérange pas tant que cela. Quand on a pris pendant 40 ans la liberté de faire en gros ce que l’on veut dans le diocèse, toute directive contraire fait éffet d’autoritarisme. Je pense même que Rome l’a choisi pour sa poigne pour essayer de mettre ce clergé ultra progressiste, et pour tout dire hérétique pour moi , au pas. Il n’a pas réussi : ils ont eu sa peau.
Est ce que Monseigneur Gueneley va changer quelque chose ?
Il dit lui même qu’il est venu pour pacifier…
Pacifier : remettre comme avant ? la situation avant tous les changements initiés par notre Père Evêque Le Vert ?
Je commence à en douter.
Pacifier : recréer du lien pour poursuivre la réforme ?
Pacifier : lever le tapis du salon pour balayer la poussière dessous ?
Va t’il aussi pacifier l’ambiance à l’évêché où plusieurs cas de souffrance au travail auraient été mentionnés ? Il sera fort intéressant de voir comment ceux ci sont traités, car cela sera très emblématique de ce qu’il fera pour le reste.
Quid de l’économe diocèsain ? mission reconduite…
Quid du vicaire général démissionnaire ? repositionné…
Alors pacifier ? cela semble être remettre tout comme avant.
Si c’est la même chose qu’avant, pourquoi quelquechose changerait ?