Un jeune homme se meurt, privé de nourriture…
Cela se passe aujourd’hui et maintenant, quelque part en France, en pleine légalité et par application de la loi Leonetti. Un jeune homme – appelons-le Hervé – dans le coma depuis plusieurs années après avoir été victime d’un accident de la route, a fait l’objet d’une décision d’« arrêt de soins ». Non pas des soins d’acharnement, d’interventions lourdes et pénibles. Non : on lui a supprimé la nourriture, et réduit de manière drastique la quantité de liquide administrée. De 3 litres en 24 heures, son hydratation a été ramenée à quelque 100 ml sur la même période.
Il n’y a qu’une issue possible, c’est l’issue recherchée : la mort.
En France, aujourd’hui, alors qu’on fait mine de débattre autour de l’euthanasie, le corps médical peut décider de faire mourir un malade de faim et de soif, et les proches n’y peuvent rien. Ils ne peuvent que le regarder partir, la mort dans l’âme, bouleversés de voir que cette mort est voulue et organisée pour elle-même. C’est la définition de l’euthanasie. « Euthanasie par omission », en l’occurrence. Mais euthanasie quand même.
Coma ? Le jeune homme était en effet dans un état de coma profond après son accident. Puis, doucement, il est remonté au palier du coma végétatif. Et aujourd’hui, il est au stade du coma pauci-relationnel : cela veut dire qu’il est incapable de réagir de manière suivie à des instructions simples mais qu’il possède la conscience de son environnement, cette conscience fût-elle minimale. En particulier, il suit ses visiteurs des yeux. Dans ce type de coma, on constate une interaction avec l’environnement et notamment des réponses aux stimulations verbales, surtout lorsque la voix entendue est celle d’un membre de la famille. Il a été démontré par plusieurs études publiées par Neurology que les patients en état de conscience minimale perçoivent les émotions et la douleur.
Cela ajoute à l’horreur de la situation. Les médecins qui ont pris la décision, depuis plusieurs jours déjà, de supprimer l’alimentation et une grande partie de l’hydratation de Hervé n’ont pas même l’excuse de se réfugier derrière l’inconscience, réelle ou supposée, d’un malade plongé dans un coma dépassé, d’un coma profond sans retour.
Et les proches le savent bien, qui voient Hervé perdre des forces de jour en jour – et pleurer lorsqu’il les entend entrer dans sa chambre d’hôpital.
Il pleure ? Mais c’est qu’il a de la conjonctivite, assurent les médecins.
Car il n’y a pas beaucoup de sympathie pour les proches de la part de ceux qui, « collégialement » comme le veut la loi Leonetti, ont pris la décision d’arrêter les « soins » de Hervé – soins qui ne sont pas extraordinaires, et que nul n’est obligé d’accepter ou de fournir, mais soins ordinaires : apporter le minimum pour le confort d’un patient, ce qu’on ne devrait refuser à aucun être humain qui souffre : un abri, de quoi s’alimenter, de quoi boire.
Peu importe que cette alimentation soit apportée autrement que par la bouche, dès lors que cela ne fait pas inutilement souffrir le patient – qui est par ailleurs en bonne santé.
Les proches… Dans ce cas précis, c’est l’épouse du jeune homme qui a approuvé, peut-être demandé que la vie de son mari s’arrête là. Les parents, la famille de Hervé n’ont pas été consultés (la loi Leonetti le prévoit pourtant). Ils ont été mis devant le fait accompli. Et ont appris fortuitement que le processus avait déjà été mis en place. C’est la colère, la tristesse, l’indignation. Ils ont eu beau le faire savoir, le corps médical est implacable. Leur voix ne compte pour rien.
Et un jeune homme se meurt de mort lente, délibérément tué dans un hôpital français.
On peut supposer que, catholique, il n’aurait pas voulu de cette fin et ses larmes le confirment. La loi demande que l’on recherche la volonté du patient, s’il pouvait l’exprimer. Mais cela n’oblige non plus à rien.
On s’accorde en général à dire que la loi Leonetti de 2005 est une loi d’« équilibre » et respectueuse de la vie. Très peu de voix médiatiques se sont élevées – hormis celles de Présent, d’Yves Daoudal – à l’époque de son adoption pour dénoncer la légalisation de l’euthanasie qui y est discrètement mais réellement présente.
Le cardinal Vingt-Trois s’était associé au Grand rabbin David Messas, en 2009, pour le mettre en lumière. C’était déjà tard mais c’était courageux et juste :
« Le fait de ne pas entreprendre (ou de ne pas maintenir) pour un malade déterminé, tel ou tel traitement médical, ne dispense pas du devoir de continuer à prendre soin de lui. Juifs et catholiques, nous jugeons qu’il est de la plus haute importance de chercher le moyen et la manière les plus adéquats d’alimenter le malade, en privilégiant dans toute la mesure du possible la voie naturelle, et en ne recourant aux voies artificielles qu’en cas de nécessité. Seules des raisons graves dûment reconnues (non assimilation des nutriments par l’organisme, souffrance disproportionnée entraînée par l’apport de ceux-ci, mise en danger du malade du fait de risques d’infection ou de régurgitation) peuvent conduire dans certains cas à limiter voire suspendre l’apport de nutriments. Une telle limitation ou abstention ne doit jamais devenir un moyen d’abréger la vie. »
Le cas de Hervé rappelle en de nombreux points celui de Terri Schiavo aux Etats-Unis, qu’on a laissée mourir de faim et de soif parce que son mari en avait obtenu le droit par voie judiciaire, contre la volonté de ses proches. Son calvaire et son décès, huit jours avant celui de Jean-Paul II, avaient profondément remué la société américaine. Le Vatican avait clairement dénoncé le processus comme une « euthanasie par omission », aussi répréhensible que n’importe quelle euthanasie dite « active ».
En France, c’est le silence qui est de mise – car on imagine que le cas de Hervé est loin d’être isolé. Et si j’ai choisi pour cet homme le prénom de Hervé, pour protéger son identité et celle de sa famille, c’est en pensant à Hervé Pierra, resté dans le coma après une tentative de suicide par pendaison : il est mort dans d’atroces souffrances après une semblable privation de nourriture. Ses parents et le lobby de l’euthanasie en tirent argument pour réclamer le « droit de mourir », de mourir vite.
Mais c’est la vie qui mérite d’être protégée et entourée des meilleurs soins possibles, sans quoi la société humaine devient barbare, décidant elle-même qui peut vivre et qui doit mourir.
Cet article a paru dans Présent.
Ceci est triste et annonce la fin de la civilisation judéo-chrétienne
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Ses tenants ont beau la magnifier comme le bouquet final d’un feu d’artifice des mille libertés, l’euthanasie n’est que le produit d’une économie et d’une politique.
C’est parce que l’Europe de la récession, aux 20 millions de pauvres, est devenue un océan de chômage du fond duquel ne monte plus aucune étoile nouvelle, que le gouvernement de la France, financièrement acculée, choisit en effet «la piqûre pour tous». Comme une seringue d’or facilitant les équilibres budgétaires, dans un bouillon de culture qui sent le ranci des vieilles idéologies, du malthusianisme, de l’obscurantisme et du nihilisme.
Mais les idiots utiles de droite se préparent à vendre la seringue pour se faire piquer, pendant que ceux de gauche travaillent déjà à se la faire rembourser, sans jamais comprendre que le mal de celui qui veut mourir vient de plus loin que la maladie qu’il affronte. Car s’il a pris la vie en haine, c’est qu’il n’a plus la flamme d’un bonheur et s’il veut mourir, c’est pour cesser de ne plus pouvoir croire.
La loi sur l’euthanasie, loin d’être l’extase de la République, dans la fraternité compassionnelle des injections, n’est donc que la fuite en avant d’une société qui ne voulant pas voir les détresses qu’elle crée, préfère éliminer tous ceux qui viennent les lui rappeler. En leur faisant croire au passage qu’ils le lui ont demandé.
Et Il faut lireaussi l’excellent article d’Anne Brassié sur son blog….
http://annebrassie.fr/?p=2342#comments
En France on n’a plus de respect pour rien . La vie n’a plus d’importance .Le materiel a pris le pas sur le spirituel . Pour moi , le corps s’en va mais heureusement que l’ame demeure pour ceux qui croient.
Il ne s’agit en aucun cas de l’application de la Loi Léonetti !!!!
Je suis un ancien hospitalier. Ce qui me ferait véritablement vomir ce n’est pas la loi elle-même, mais plutôt ce qu’elle permet : une attitude viciée de la junte (je maintiens) médicale dans ce cas. L’humanité, les Humanités de la profession sont diluées dans la déresponsabilisation collégiale (principe de foule sociologique bien connu). Et on en arrive à des situations vomitives, abjectes…
Le pays va bien bien mal. La santé, la justice, les fermiers généraux, la sécurité, l’instruction et l’éducation spécialisée, …
Il y a du travail Monsieur Normal 1er ! Au lieu de créer une déliquescence sociale (et même « sociétale » maintenant), occupez-vous des vrais problèmes. Pas de rayer sur votre liste de choses à faire de vos intentions de campagne, ce que vous avez réellement accompli…
Quelle pitié !
Prions pour les politiques … Ils en ont besoin. (Perso j’ai un cas récent absolument navrant. Un miséreux spirituel. Une terre de mission comme l’aurait aimé La petite Thérèse).
Oremus
Renaud qui se fait confirmer à la Pentecôte (priez, pensez à moi, svp. Je ferais de même.)
Je pense que la loi Leonetti est une bonne loi mais elle fait appel à la conscience et à la responsabilité des intervenants. Que sont devenues responsabilité et conscience de nos jours ? voir loi Taubira.
Ne tirons pas trop vite sur le corps de santé…Il est soumis à de terribles pressions de tous ordres. »Il faut qu’un lit soit rentable » Il faut de la rotation rapide etc…Sinon…
La situation des hopitaux est proche de la faillite.Et même les urgences ne répondent plus..Alors la réflexion éthique devient un luxe….SOS
Nous sommes les parents d’Hervé Pierra. Notre fils est resté plongé pendant 8 ans ½ dans un coma végétatif chronique irréversible, à l’âge de 20 ans, suite à une tentative de suicide par pendaison. Il était figé dans une grande rigidité, paralysé à 100%, inconscient, trachéotomisé et nourri par sonde gastrique. Il s’étouffait chaque jour, depuis le début de son calvaire, dans ses propres glaires, entrainant de récurrentes et éprouvantes régurgitations.
Nous vous soumettons avec humilité, quelques questionnements ou quelques pistes de réflexions pour aider à cheminer dans le débat sociétal sur la fin de vie qui va, prochainement s’instaurer.
Vous trouverez ci-dessous, le lien pour prendre connaissance de la lettre que nous avons adressée aux députés et sénateurs:
http://parents-herve-pierra-fin-de-vie-loi-leonetti-euthanasie.over-blog.com/article-lettre-que-nous-adressons-a-tous-nos-deputes-et-senateurs-concernant-les-etats-vegetatifs-chronique-115497390.html
J’ai éclaté en sanglots, et envoyé un résumé à mes proches, intitulé » A savoir si vous deviez tomber dans le coma », suivi de :
« cela peut nous arriver demain. En ce qui me concerne, dussé-je passer des années dans le coma, souffrir ou avoir de graves séquelles, je dénie à quiconque le droit de faire interrompre mes soins ou abréger ma souffrance.
Toute volonté exprimée d’en finir ne serait que pathologique et transitoire, ce que confirment tous les psychiatres, et nécessiterait un anxyolithique, du repos et du réconfort (si vous conservez quelque sympathie à mon égard).
Que personne ne m’empêche de me battre de toutes mes forces jusqu’au bout.
Lionel. »
Y a t’il encore une possibilité de sauver « hervé » ?
Ses parents ont ils déposé plainte pour mise en danger de la vie d’autrui ?
Dites moi ce que je peux faire.
Merci pour cet article. Comment avez-vous obtenu cette information ? a-t-on le vrai prénom ou le nom de famille de ce jeune garçon ?
Il est important de faire le buzz pour alerter, il n’est pas encore trop tard. Le rôle des médias est essentiel….
Attention au syndrome de la blouse blanche, il faut que nous nous prenions en charge nous-même nous surveiller les uns les autres. Cette femme qui laisse son mari mourir, on ne comprend pas!
C’est à peine croyable et dire qu’à entendre les élus UMP c’était la panacée. C’est un véritable meurtre. Pour donner du fric aux étrangers ou pour se sucrer les politiciens ont de l’argent mais pour des Français à maintenir en vie il n’y en a plus. C’est tout à fait dans l’optique de cette 5ème Ripoublique.
Tout est et a toujours été pourri dans cette République.
Comment peut-on agir face à cette situation si le cas est anonyme ?
Le domaine des soins palliatifs est un dossier qui relève de la conscience professionnelle du médecin et de son équipe médicale La loi Leonetti spécifie que l’alimentation est un soin En plus que l’on reçoive des leçons de ces catho intégristes qui ferait mieux de s’occuper de leurs ouailles égarées
Les médecins dont un est profondément admiré par son personnel ont décidé en leur ame et conscience ce qu’il faut respecter .Ce porc d’avocat hitlérien ferait mieux d’aller s’occuper des hooligans à Paris plutot que de se faire remarquer sur RTL