Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, signe une longue tribune dans le mensuel La Nef de janvier 2012, sur la christianophobie dans l’art contemporain. Intitulée « Du Blasphème à l’Epiphanie« , il revient sur le droit des chrétiens à manifester publiquement leur indignation et à user du droit de se défendre. Mgr Rey est le seul évêque à avoir soutenu la plainte en justice portée par l’Agrif pour faire interdire la pièce scatologique de Rodrigo Garcia. Mais je voudrais attirer l’attention sur un autre point de son article. Après avoir retracé très brièvement la décadence de l’art, des Romantiques à aujourd’hui, manifesté par un refus du vrai, du beau et du bien, pour parvenir à un art à la fois « prétexte à la déconstruction« , récupéré par la marchandisation, et à la fois subversif, Mgr Rey appelle à un renouveau :
Un des enjeux majeurs de la nouvelle évangélisation de la culture sera précisément de promouvoir positivement l’avènement d’un art « épiphanique », et de soutenir des artistes conscients de leur mission prophétique.
Cette phrase est intéressante quand on regarde le massacre culturel que l’Eglise qui est en France a organisé et financé depuis des décennies. Et qui continue : que l’on songe aux peintures et vitraux qui ne représentent rien, aux églises modernes qui ressemblent plus à des halls de gare qu’à des lieux de culte, aux vêtements liturgiques souvent plus proche de la mode serpillère que de la dignité relevant du culte divin, au mobilier tronqué contre de la ferraille ou du plastique et surtout aux autels magnifiques, souvent brisés, remplacés par des cubes ridicules. On a d’ailleurs l’impression que la taille de ces nouveaux autels a été conçue pour qu’on ne puisse pas y faire tenir un crucifix et six chandeliers en même temps. Pire, ils sont la plupart du temps inamovibles et surélevés sur une estrade afin de mieux boucher la vue vers le maître autel…
Nous avons souvent rapporté, sur ce blogue, cette triste réalité artistique (vous trouverez les articles traitant de l’art sacré sur cette page), pour ne pas nous réjouir de la volonté manifeste de l’évêque de Toulon de soutenir les véritables artistes, car il y en a !