À la différence des années précédentes, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X ne pourra donc pas célébrer de messe au sein du sanctuaire en raison de la récente position romaine sur les sacres. Aucune prière publique ne pourra avoir donc lieu de sa part, comme le précise la note d’information de Mgr Jean-Marc Micas, actuel évêque de Tarbes et Lourdes. Ce refus se lit dans la logique des récentes sanctions romaines – automatiques, précisons-le -, encore fraiches à l’égard des sacres du 1er juillet dernier. Il faut ensuite prendre en compte le fait que le pèlerinage reste un acte public et qu’une nouvelle autorisation aurait créé une dissonance à l’égard du récent décret romain et de la notice explicative du 2 juillet 2026. En un sens, il paraît difficile de faire comme si rien n’existait au niveau canonique à l’égard de la FSSPX. Mais de l’autre côté, il faut se garder de croire la situation résolument condamnée à une impasse.
Une prudence de la part des interlocuteurs ?
En effet, dans sa note d’information, Mgr Micas fait aussi part de la « conscience de la douleur et peut-être de l’incompréhension que cette décision causera ». Il est vrai que l’on ne sort pas aussi facilement de plusieurs années de bienveillance des autorités diocésaines à l’égard des pèlerins et des organisateurs du pèlerinage et plus généralement d’un certain climat romain manifesté par les facultés canoniques reconnues à la Fraternité. De son côté, l’abbé Gonzague Peignot, actuel supérieur du district de la FSSPX, déplore la situation, mais indique tout de même dans son communiqué que « le district de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X assure Mgr Micas de son respect et de sa prière, sans ressentiment, et avec l’espérance qu’il pourra un jour reconnaître en elle, non des rebelles, mais des fils désireux de vivre et de servir dans l’Église catholique. » Bref, des deux côtés, on notera une volonté, certes minimale, d’éviter toute acrimonie et polémique inutile, comme si l’on était conscient que quelque chose clochait. En ce sens aussi, on n’est pas tout faut revenu à la situation « crispée » des années 1990. On ne saurait effacer en si peu de temps des transactions pratiques.
La jurisprudence de Mgr Périer: un accès possible au sanctuaire de Lourdes pour la Fraternité Saint-Pie X même en temps de crise
On peut toujours rétorquer que la FSSPX ayant ainsi agi le 1er juillet dernier, il devient difficile de lui permettre d’accéder au sanctuaire alors qu’elle n’a ni statut – c’était le cas avant le 1er juillet 2026 -, ni facultés canoniques – elle les avait encore avant le 1er juillet dernier, même si leur suppression est matière à discussion. Mais cela signifie-t-il que même sans statut, même implicite, la Fraternité ne peut accéder au sanctuaire de Lourdes et y prier ? Ce serait oublier qu’alors même qu’elle ne bénéficiait d’aucune reconnaissance, fût-ce a minima, elle a pu paisiblement accéder au sanctuaire, conformément à la « jurisprudence » de Mgr Jacques Périer, évêque de Tarbes et Lourdes de 1998 à 2012. Un arrangement est toujours envisageable, parce qu’il est possible. Tout simplement parce qu’il a été réalisé, et ce avant même les mesures de bienveillance prises sous le pontificat précédent.
