Si on lit la Notice explicative du Dicastère pour la Doctrine de la foi du 2 juillet 2026 publiée par Rome il y a bientôt deux semaines, les facultés canoniques accordées par le pape François aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X concernant les confessions et les mariages n’ont plus lieu d’être. Mais cette position est discutée, car elles n’ont pas été révoquées par le pape, même implicitement, ce qui implique un raisonnement fondé sur le parallélisme des formes.
Le rappel des facultés accordées par le pape François à la FSSPX
En effet, dans la lettre apostolique Misericordia et Miseria du 20 novembre 2016, le pape François affirme clairement
Au cours de l’Année jubilaire, j’avais concédé aux fidèles qui, pour des raisons diverses, fréquentent les églises desservies par des prêtres de la Fraternité Saint Pie X, la faculté de recevoir validement et licitement l’absolution sacramentelle de leurs péchés. Pour le bien pastoral de ces fidèles et comptant sur la bonne volonté de leurs prêtres afin que la pleine communion dans l’Église catholique puisse être recouvrée avec l’aide de Dieu, j’établis par ma propre décision d’étendre cette faculté au-delà de la période jubilaire, jusqu’à ce que soient prises de nouvelles dispositions, pour que le signe sacramentel de la réconciliation à travers le pardon de l’Église ne fasse jamais défaut à personne.
Ces facultés n’étaient pas autre chose que la pérennisation de celles qui avaient été accordées dans le cadre de l’Année jubilaire de la Miséricorde dans la lettre du 1er novembre 2015:
Une dernière considération s’adresse aux fidèles qui, pour diverses raisons, désirent fréquenter les églises où les offices sont célébrés par les prêtres de la Fraternité Saint Pie X. Cette Année jubilaire de la Miséricorde n’exclut personne. Certains confrères évêques m’ont fait part en plusieurs occasions de leur bonne foi et pratique sacramentelle, unie toutefois à la difficulté de vivre une situation pastorale difficile. J’espère que dans un proche avenir, l’on pourra trouver les solutions pour retrouver une pleine communion avec les prêtres et les supérieurs de la Fraternité. Entre temps, animé par l’exigence de répondre au bien de ces frères, j’établis, par ma propre disposition, que ceux qui, au cours de l’Année Sainte de la Miséricorde, s’approcheront, pour célébrer le Sacrement de la Réconciliation, des prêtres de la Fraternité Saint Pie X recevront une absolution valide et licite de leurs péchés.
Le pape avait ensuite accordé en 2017 des facultés dans la question des mariages. Par une lettre de la commission Ecclesia Dei du 27 mars 2017 approuvée par le pape François, la Fraternité Saint-Pie X a bénéficié d’une délégation qui permet de consolider les mariages en suppléant au défaut de juridiction – un grief reproché aux mariages célébrés au sein de la FSSPX. Ce texte permet notamment à l’ordinaire – donc à l’évêque du diocèse – de « concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité qui célébrera aussi la Sainte Messe, en lui rappelant qu’il a le devoir de faire parvenir au plus vite à la Curie diocésaine la documentation qui atteste la célébration du Sacrement. »
La Notice du 2 juillet 2026 ne procéderait pas à une révocation des facultés du pape François
Or la Notice explicative du 2 juillet 2026 indique dans son point numéro 3 que
le saint Peuple de Dieu est averti que les ministres sacrés de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X administrent illicitement les sacrements et que le sacrement de pénitence qu’ils administrent ainsi que le mariage qu’ils célèbrent sont invalides.
Il y a donc contradiction, mais cependant, certains font observer que les textes ne sont pas de rang égal: il faudrait un texte explicité du pape pour abroger les dispositions d’un autre texte pontifical (même le texte de la commission Ecclesia Dei a été approuvé par le pape François). La Note explicative ne cite pas les deux textes du pape François et – surtout – ne les révoque pas.
Le débat est donc ouvert et une discussion peut sereinement avoir lieu. Alors même que la FSSPX a indiqué son intention de former un recours contre le décret du 2 juillet dernier.
