Le cardinal Cristobal Lopez Romero, actuel archevêque de Rabat, a été mis en cause pour des abus commis sur cinq femmes lesquelles témoignent de gestes déplacés et équivoques. Le cardinal a accepté de se mettre en retrait le temps de l’instruction.
« En tant qu’évêque je ne travaille pas pour l’Église »
Dans une de ses interventions, le cardinal défend une conception très limitée du rôle de l’Église – plus un instrument qu’une réalité de salut – et semble la réduire à une organisation externe et oublie la dimension du Corps mystique. Une distinction radicale entre l’Église et le Royaume de Dieu récusée par Jean-Paul II dans Redemptoris Missio que l’on citera juste en-dessous. Curieusement, c’est une conception « bellarmienienne » de l’Église que le prélat défend en réactivant cette idée de séparation radicale du corps et de l’âme de l’Église.
De même, on ne peut disjoindre le Royaume et l’Eglise. Certes, l’Eglise n’est pas à elle-même sa propre fin, car elle est ordonnée au Royaume de Dieu dont elle est germe, signe et instrument. Mais, alors qu’elle est distincte du Christ et du Royaume, l’Eglise est unie indissolublement à l’un et à l’autre. Le Christ a doté l’Eglise, son corps, de la plénitude des biens et des moyens de salut; l’Esprit Saint demeure en elle, la vivifie de ses dons et de ses charismes, il la sanctifie, la guide et la renouvelle sans cesse. Il en résulte une relation singulière et unique qui, sans exclure l’action du Christ et de l’Esprit Saint hors des limites visibles de l’Eglise, confère à celle-ci un rôle spécifique et nécessaire. D’où aussi le lien spécial de l’Eglise avec le Royaume de Dieu et du Christ qu’elle a «la mission d’annoncer et d’instaurer dans toutes les nations».
