Le 1er juillet 2026, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX) a malheureusement procédé, comme elle l’avait annoncé de longue date, à la consécration épiscopale de quatre prêtres issus de ses rangs, sans mandat pontifical et contre la volonté expresse du Saint-Père.
Il s’agit là, non seulement d’un acte de désobéissance d’une extrême gravité, mais d’un acte de nature schismatique qui en vertu du droit canonique, entraîne ipso facto une peine d’excommunication.
Le décret du Dicastère pour la Doctrine de la Foi en date du 2 juillet 2026 confirme et précise que le Supérieur général de la FSSPX, M. l’Abbé D. Pagliarani, les deux évêques qui ont accompli cette consécration (Mgr A. de Galaretta et Mgr B. Fellay), les quatre évêques qu’ils ont ordonnés, ainsi que tous les clercs et les laïcs qui adhèrent formellement – c’est-à-dire en pleine connaissance de cause et de manière constante et non seulement occasionnelle – à ladite Fraternité, encourent la peine d’excommunication latae sententiae prévue par le Code de droit canonique (Cf. les can. 1387 et 1364 § 1). J’ai bien conscience toutefois que nombre de fidèles attachés à la FSSPX pour des raisons historiques et affectives aiment sincèrement l’Église et cherchent à être fidèles à la foi catholique et au Souverain Pontife.
Il en résulte que les dérogations qui, ponctuellement, pouvaient être accordées à des prêtres ou des fidèles de la FSSPX, n’ont plus lieu d’être : l’accès de nos églises et de nos chapelles en vue de la célébration de mariages ou d’obsèques leur sera désormais refusé.
À cela, il convient d’ajouter que le sacrement de pénitence conféré par les prêtres de la FSSPX et les mariages auxquels ils assistent, sont désormais considérés comme invalides, comme l’indique la Note explicative qui accompagne le décret du Dicastère pour la Doctrine de la Foi.
En tant qu’évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, je ne peux que m’associer à la grande tristesse du pape Léon XIV, appelé à « présider dans la charité » toutes les Églises, face à ces événements qui, déchirant une fois de plus la Tunique sans couture du Christ, portent si gravement atteinte à l’unité de l’Église.
Je reste, bien entendu, à l’écoute de tous les fidèles que cette rupture blesse et désoriente, et ouvert au dialogue avec tous les catholiques qui souhaiteraient demeurer ou revenir dans la pleine communion avec l’Église et le Successeur de Pierre.
Puisse cette situation susciter en chacun d’entre nous, prêtres, consacrés et fidèle laïcs, un véritable examen de conscience quant à nos propres carences, nos défaillances, voire nos infidélités à l’Évangile et au Magistère, à la discipline liturgique et canonique de l’Église, qui ont blessé par le passé ou blessent encore elles aussi la Communion au sein de l’Église. C’est aussi l’occasion pour nous tous de renouveler notre adhésion affective et effective au Successeur de Pierre et aux évêques en communion avec lui.
L’heure n’est certes pas au jugement des personnes mais à la prière : que le Seigneur ait pitié de ceux qui se séparent ainsi de la communion ecclésiale dont le pape demeure le garant, par mandat exprès du Seigneur, qu’il leur inspire de revenir à la pleine communion et qu’il nous renforce tous dans l’unité de l’unique Église du Christ fondée sur Pierre et « tous ceux qui gardent fidèlement la foi catholique reçue des apôtres ».
+Marc Aillet
Évêque de Bayonne, Lescar et Oloron
Fait à Bayonne, le 3 juillet 2026, en la fête de saint Thomas, apôtre.
