L’Abbaye Saint-Vincent de Chantelle dans l’Allier, fondée en 937, a accueilli des générations de bénédictines depuis 160 ans.
Dès le ve siècle, à Chantelle, sur les bords de la Bouble, existaient un château fort et une église dédiée à saint Vincent, dont s’empare Pépin le Bref au VIIIe siècle. L’abbaye a pour origine le prieuré dont l’acte de fondation daté de 937 est signé par saint Odon, abbé de Cluny ; il est confié aux chanoines de Saint-Augustin d’Évaux, en Combraille. L’église fut reconstruite au XIIe siècle dans le style roman. Le prieuré est rebâti au XVe siècle ; il est inclus dans l’enceinte du château des ducs de Bourbon. Le château fort, qui était situé au sud des bâtiments actuels de l’abbaye, fut la résidence au XVI siècle d’Anne de Beaujeu, fille aînée de Louis XI, régente de France de 1483 à 1491. En 1527, un arrêt du parlement ordonne le démantèlement de la forteresse. Richelieu achèvera la démolition à l’exception du prieuré.
Au début du XVIIe siècle, le monastère, en déclin, est placé sous la dépendance des jésuites du collège de Moulins. À la Révolution, les religieux sont chassés et le prieuré est vendu comme bien national en 1794. En 1853, les bénédictines de l’abbaye de Pradines achètent la propriété et y fondent une communauté. Le pape Léon XIII érige le monastère en abbaye en 1890.
Si, il y a peu, elles étaient une trentaine à occuper les lieux, aujourd’hui, elles ne sont plus que six, plutôt vieillissantes. L’une d’elles a même atteint 105 ans. L’abbaye est devenue trop grande et les lieux ne sont plus adaptés. Les religieuses ont décidé de se transférer dans une maison voisine qu’elles ont achetée.
L’abbaye, ouverte à la visite, est devenue un « gouffre énergétique » et son entretien un véritable fardeau.
Les religieuses proposent de vendre leur abbaye, mais pas à n’importe qui : pas d’hôtel de luxe ni de projet privé exclusif.
« Nous souhaitons que le lieu reste ouvert, culturel et spirituel ».
Quant à l’activité cosmétique, lancée par les sœurs en 1954, elle continuera dans le bâtiment contigu, avec l’aide de neuf salariés laïques.
