Le cardinal Blase Cupich a publié mercredi une réflexion soutenant l’objectif du pape François de supprimer la messe traditionnelle en latin, arguant que l’existence d’un seul « rite » est une question d’« unité ».
« Accepter la réforme autorisée par l’Église, c’est préserver l’unité de l’Église, comme l’a déclaré saint Pie V, une vérité que le défunt pape François a rappelée ».
Cupich faisait référence à la propre citation du cardinal Roche du pape saint Pie V, que l’évêque Athanasius Schneider a plus tard soulignée comme étant sortie de son contexte : « De même que dans l’Église de Dieu il n’y a qu’une seule façon de réciter les psaumes, il ne devrait y avoir qu’un seul rite pour célébrer la messe », écrivait saint Pie V lors de la publication du Missel romain de 1570.
L’archevêque de Chicago a explicitement invoqué ce principe d’« unité » pour justifier la suppression de la messe tridentine par la Traditionis Custodes. Cupich a souligné que François considérait la « réforme » liturgique du concile Vatican II – à savoir le Novus Ordo Missae – comme « l’expression unique de la lex orandi du rite romain ».
Le fait de privilégier le Novus Ordo tout en supprimant la messe traditionnelle en latin est donc « conforme à la position de son prédécesseur, le pape saint Pie V », car « il ne doit y avoir qu’un seul rite comme moyen de préserver l’unité de l’Église », selon Cupich.
Le prélat Schneider a récemment souligné que Roche avait fait référence de manière sélective à Quo Primum dans son document consistorial lorsqu’il a cité sa déclaration selon laquelle « il ne devrait y avoir qu’un seul rite pour célébrer la messe ». En réalité, comme l’a souligné Schneider, l’encyclique Quo Primum « autorise explicitement toutes les variantes du rite romain qui étaient en usage continu depuis au moins deux siècles à se perpétuer légitimement », y compris les rites ambrosien et dominicain. « L’unité ne signifie pas l’uniformité, comme en témoigne l’histoire de l’Église », a-t-il précisé. Faire référence à Quo Primum ici est malhonnête de la part de Roche et Cupich, car la bulle de 1570 contredit clairement leur point principal en autorisant fermement la TLM « à perpétuité ».
Quo Primum déclare que « ce Missel doit désormais être suivi absolument, sans aucun scrupule de conscience ni crainte d’encourir une quelconque peine, jugement ou censure, et peut être utilisé librement et légitimement. Les supérieurs, administrateurs, chanoines, aumôniers et autres prêtres séculiers, ou religieux, quel que soit leur titre, ne sont pas tenus de célébrer la Messe autrement que selon nos prescriptions. Nous déclarons et ordonnons également… que ce présent document ne peut être révoqué ni modifié, mais demeure toujours valide et conserve toute sa force. »
