Le dernier bulletin de l’Oeuvre de Saint François de Sales est paru il y a quelques semaines (Octobre-Novembre-Décembre 2025, n°51).
Au sommaire ce trimestre notamment : L’origine du mal ? La chute selon Saint Augustin – suite (Abbé Christophe Héry) [Extrait ci-dessous] ; La source de l’équilibre surnaturel : l’amour de Dieu – suite (Saint François de Sales)…
L’origine du mal ? La chute selon Saint Augustin
Le serpent, hôte du tentateur ?
Le serpent lui-même, tout comme l’ange déchu, fut selon la Bible créé bon ; Sa prudence est montrée en exemple par le Christ, en même temps que la simplicité de la colombe. La malédiction qui le frappe à la fin du récit de la chute (Gen 3, 14-15) s’adresse évidemment au diable et non à l’animal. Celui-ci ne fait que prêter malgré lui sa langue bifide au démon, « menteur et père du mensonge» On 8, 44), lequel au dire d’Augustin, entre en possession de l’animal par permission divine – le Christ lui-même a permis aux démons d’entrer dans des porcs (Mat 8, 32) – à des fins toutes pédagogiques, pour enseigner aux hommes comment agit le tentateur : par dissimulation, ruse, fascination, duplicité, insinuation et instillation de son venin mortel :
« N’allons pas nous imaginer que le démon ait été libre de choisir le serpent pour tenter l’homme et l’incliner au péché. Si sa volonté perverse et envieuse a suscité en lui le désir de tromper, il ne le put qu’au moyen de l’animal dont il lui fut permis de se servir. En chacun la volonté de nuire peut venir en effet de la dépravation de son âme, mais le pouvoir ne vient que de Dieu (Rom, 13, 1).4»
On remarquera que la « volonté de nuire » et le « désir de tromper » qui caractérisent ici le démon – « homicide dès l’origine », dira même de lui Jésus-Christ (Jn 8, 44) – procèdent de l’envie qui le ronge et le pousse à perdre l’homme autant qu’à détester le Créateur. De la jalousie, Dieu n’est évidemment pas responsable. Pourtant, affirme saint Augustin, le « pouvoir [de faire Le mal} ne vient que de Dieu».
En effet, si la Bonté de Dieu est cause de la liberté de sa créature, elle ne l’est pas du mauvais usage qu’en fait celle-ci, ni de son refus de la vérité ou du bien. Mais n’ayant rien créé de mauvais, le Créateur ne reprend pas ses dons. C’est pourquoi Il demeure cause principale du « pouvoir » dans l’exercice du libre arbitre qu’il a donné au Malin comme à toute créature spirituelle. « En chacun », ce « pouvoir » employé à tort manifeste à la fois la réalité de la liberté, qui est don naturel de Dieu, et l’enchaînement volontaire de celle-ci dans le mal, dont Dieu n’est nullement coupable. Les saints, tels saint Jean de la Croix, voient dans le mal qu’ils subissent de la part des hommes (ou du Malin), la main de Dieu qui le permet.
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