Le 12 janvier, le Président de la Conférence des évêques de France (CEF), le Cardinal Jean-Marc Aveline et l’archevêque de Paris, Mgr Laurent Ulrich, ont présenté leurs vœux devant les responsables des cultes et les responsables associatifs. Extrait du discours prononcé par Mgr Jean-Marc Aveline :
[…] S’adressant au roi Baudouin, saint Anselme de Cantorbéry écrivait : « Le Christ n’aime rien tant en ce monde que la liberté de son Église. » L’Église doit avoir la liberté d’aller à contre-courant, de dire des choses à cause de l’Évangile, même si ses propos ne correspondant pas à la pensée dominante. Cette liberté, la liberté de conscience ou encore la liberté religieuse, nous devons la cultiver, en particulier dans la perspective des échéances électorales qui approchent : il nous faudra veiller à ne pas nous laisser balloter par toutes les idées dominantes mais plutôt à regarder la boussole de l’Évangile, pour savoir dire oui ou non. Ce travail de discernement est le principe même de la liberté, qui est la condition essentielle du dialogue et de la recherche du bien commun. La laïcité – nous venons de fêter le 120e anniversaire de la loi de séparation de l’Église et de l’État – est une option politique qui garantit la liberté, lorsqu’elle est vécue selon l’esprit de 1905. Mais veillons à ce qu’elle ne se confonde pas le laïcisme, qui est une idéologie visant à faire disparaître toute expression publique de la foi. Oui à la laïcité, non au laïcisme.
Ce vœu de liberté est particulièrement important dans le champ éducatif. L’éducation ne se limite pas à la transmission de savoirs mais elle engage la formation des consciences, c’est-à-dire la capacité de résistance à l’anesthésie, nourrie par les réseaux sociaux et leurs algorithmes ou par les chaînes d’informations en continu, qui n’offrent que peu d’espace de réflexion et de dialogue. La résistance à l’anesthésie est un défi pour l’éducation. C’est pourquoi la Conférence des évêques de France a décidé que, pour les trois ans qui viennent, la question de l’éducation sera un chantier prioritaire de nos travaux, pas tant pour faire valoir les bienfaits de nos œuvres et de l’Enseignement catholique, mais parce nous avons le souci de tous les jeunes de France. Certes, nous puiserons dans la richesse de nos expériences pastorales d’hier et d’aujourd’hui et dans la sagesse dont l’Église est porteuse, sans oublier qu’à bien des reprises, nous n’avons pas été et ne sommes pas à la hauteur de la responsabilité qui nous est confiée ; mais nous souhaitons associer à nos travaux tous les acteurs de l’éducation qui ne partagent pas la foi catholique pour travailler ensemble au service de la jeunesse de France. […]
