Mgr Yves Baumgarten, évêque du Puy-en-Velay, a été interrogé dans Le Progrès à l’occasion de ses voeux. Extraits :
« Il y a trois ans, les comptes étaient en effet fortement déficitaires, de l’ordre de 1,5 million d’euros. On a avancé pour arriver à un équilibre en 2024 avec un résultat positif de 100 000 euros. On devrait le maintenir en 2025. Pour cela, on a limité au maximum nos charges. On a réduit de manière progressive la masse salariale. En cinq ans, on est passé de 40 à 35 équivalents temps plein.
On a développé une campagne de legs qui a fortement aidé à rétablir les comptes en plus d’une gestion de l’immobilier. On arbitre entre ce qu’on doit garder et ce dont on peut se séparer. On vend principalement des appartements ou des maisons qu’on a reçus en legs.
Se pose aujourd’hui la question de l’ancien lieu de communautés religieuses de Sereys à Chomelix. On a en projet de le vendre avec la chapelle. L’Église ne vit que de dons. Le denier de l’Église (la collecte annuelle auprès des fidèles) a connu un léger tassement en 2025 (moins 1 %), mais ça ne remettra pas en question notre équilibre. »
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« Il n’y a pas eu d’ordination de prêtres depuis 2013. Mais cela va changer puisque nous accueillons trois nouveaux séminaristes. Ils arrivent du Mexique, du Costa Rica et d’Équateur, via le Chemin Néocatéchuménal , un mouvement de formation catholique. Actuellement, ils poursuivent leurs études dans le séminaire d’Avignon puisqu’il n’y en a pas au Puy. L’un d’eux est médecin ». […]
« Actuellement nous avons sept prêtres de Madagascar qui ont le statut de Fidei Donum et qui nous sont prêtés pour un temps limité. Le vivier, en France, est faible. La tradition d’ordonner uniquement des prêtres qui venaient du diocèse est loin. Au printemps, nous devrions avoir l’ordination de trois diacres permanents : un agriculteur à Venteuges, un ébéniste à la retraite à Brioude et un cadre d’entreprise au Puy-en-Velay. Des hommes qui peuvent être mariés, avoir un métier mais qui se mettent pour le reste de leur vie au service de l’Église. Ils célèbrent les baptêmes, les mariages, les funérailles etc. Il y a vingt diacres actuellement au Puy-en-Velay, soit trois fois plus que la moyenne nationale. Nous essayons de développer l’appel dans l’est du département. Nous avons aussi lancé une équipe de laïcs pour la gouvernance de paroisse qui assume la charge du curé à Brives-Charensac. On va développer cette proposition de responsabilités probablement en septembre dans une ou deux autres paroisses. »
Ils sont 79 prêtres à résider en Haute-Loire contre 109 il y a encore quatre ans. La moyenne d’âge est de 72 ans.
A propos de la loi sur l’euthanasie, l’évêque déclare :
« Pour moi, cette actualité est douloureuse. C’est la vie qui doit être défendue, pas la mort. On sait que les soins palliatifs ne sont pas assez mis en œuvre. Accompagner les personnes vers la fin naturelle de leur vie peut être fait. On a déjà la loi Claeys-Léonetti qui permet dans les cas les plus dramatiques de souffrances, de proposer des protocoles de sédation profonde qui peuvent même entraîner les morts. On ne doit pas ouvrir un droit général à mourir. Quand quelqu’un doit mourir, on l’accompagne. On ne le fait pas mourir. Parce que cela ne nous appartient pas. » […]
