Suite à l’assassinat d’un nationaliste corse, tué par balle en pleine cérémonie d’obsèques de sa mère, le cardinal Bustillo publie un communiqué :
LA VIOLENCE NE PEUT PAS DEVENIR UNE HABITUDE
La Corse est confrontée à une forme de paroxysme dans la montée de la violence, et dans la multiplication des assassinats. Ce sont des combats fratricides. On dirait que le syndrome de Caïn l’emporte sur l’idéal du pardon et de la réconciliation. Nous ne pouvons pas céder à une culture mortifère et fataliste. Nous ne pouvons pas nous habituer à la violence. Nous devons lutter contre la permanence de la violence dans notre société. Si la violence l’emporte, nous devenons des êtres barbares, et nous perdons notre humanité.
L’Église de Corse travaille et travaillera toujours pour la Paix. En ce mois de janvier, nous disons: « Pace è Salute ». Si le premier terme de la salutation pour commencer l’année est « Pace », c’est que cette Paix n’est pas encore un idéal en Corse. Nous devons l’incarner par des comportements pacifiques
L’Église de Corse œuvre pour créer une culture de la paix et de l’espérance. Pourquoi ? Parce que nous pensons aux enfants et aux jeunes. Quel avenir leur préparons-nous sur cette terre ? Un avenir sombre, violent ? Non. Le devoir de l’Eglise, c’est de sortir de la Corse son potentiel de Bien et d’avenir, et de sortir des Corses ce qu’ils ont de meilleur. Pour cela, il faut combattre le
pire.
« Heureux, les artisans de Paix, ils seront appelés Fils de Dieu » (Matthieu 5, 1-12)
CARDINAL FRANÇOIS BUSTILLO
Évêque d’Ajaccio pour la Corse
