Mgr Marco Agostini est un prêtre italien qui a consacré toute sa vie au service de l’Église, d’abord dans son diocèse d’origine, puis, depuis seize ans, au cœur même du Vatican. Son nom était peu connu en dehors des cercles liturgiques et de la Curie, mais sa présence était régulière – quoique toujours discrète – lors des grandes célébrations papales.
Appartenant au diocèse de Vérone, Marco Agostini a été ordonné prêtre le 6 juin 1992. Dès le début de son ministère, il a manifesté une nette vocation pour le service liturgique, un domaine exigeant et souvent négligé, mais pourtant essentiel à la vie de l’Église. Ses premières années ont été consacrées à des tâches pastorales et à des missions diocésaines, au cours d’une carrière relativement paisible, marquée par la régularité et la fidélité à l’institution. Ceux qui le connaissent soulignent sa nature méthodique, réservée et profondément cléricale, loin des projecteurs médiatiques.
Au fil du temps, Agostini fut appelé à Rome pour intégrer les structures du Saint-Siège. Avant sa nomination comme maître des cérémonies, il travailla comme fonctionnaire au Secrétariat d’État, plus précisément à la Section pour les relations avec les États, un établissement réputé pour sa rigueur, sa discrétion et son respect des règles institutionnelles. Cette expérience consolida sa réputation de prêtre de confiance, habitué au travail discret et à la discipline curiale.
Le 13 juin 2009, sous le pontificat de Benoît XVI, il fut nommé maître des cérémonies pontificales. Dès lors, sa vie fut rythmée par le calendrier papal : célébrations solennelles, canonisations, consistoires, voyages apostoliques et événements à forte médiatisation.
Le maître de cérémonie ne décide pas, il exécute. Il ne parle pas, il dirige. Il n’improvise pas : il veille à ce que le rituel soit accompli avec précision. Agostini a assumé ce rôle pendant plus de seize ans, une durée exceptionnellement longue dans un milieu où les changements de personnel sont généralement fréquents.
Tout au long de son mandat de maître de cérémonie, Agostini a servi sous trois pontificats, s’adaptant à différents styles et sensibilités liturgiques sans jamais se retrouver mêlé à des conflits ou des controverses. Sa longue carrière témoigne, en soi, de la confiance que l’institution lui accordait et de sa compétence technique. Il n’a jamais été une figure politique ou médiatique : son nom apparaissait rarement dans les médias, et lorsqu’il y figurait, c’était à titre de référence, et non comme un acteur principal.
Ces dernières années, Agostini s’est de plus en plus identifié à la liturgie traditionnelle. Il célébrait fréquemment la messe selon le rite romain traditionnel dans la crypte de la basilique Saint-Pierre. Sa participation au pèlerinage traditionnel à Covadonga a renforcé cette identification.
Jusqu’à hier , Marco Agostini demeurait, de facto, le maître des cérémonies papales. Son limogeage soudain, sans explication officielle, met fin à plus de seize années de service direct dans les affaires cérémonielles papales.
