La grande fête du mois de janvier est l’Epiphanie. Nous avons tous entendu parler, depuis notre plus tendre enfance, des rois mages qui viennent apporter à l’enfant Jésus leurs présents, l’or, la myrrhe et l’encens. Cette fête est souvent accompagnée de la fameuse galette des rois. Mais la liturgie, dans son antienne des deuxièmes vêpres nous invite à contempler aussi deux autres évènements de la vie de notre Seigneur : « Trois prodiges ont marqué ce jour que nous honorons. Aujourd’hui l’étoile a conduit les Mages à la crèche ; aujourd’hui l’eau a été changée en vin au festin nuptial ; aujourd’hui le Christ a voulu être baptisé par Jean dans le Jourdain, pour notre salut, alléluia. ».
Il nous faut donc comprendre pourquoi cette fête liturgique a un triple objet. Le mot épiphanie vient du grec épiphanéia : « apparition » ; de épiphainéin : « paraître ou briller sur ». La Solennité de l’Epiphanie célèbre donc la manifestation de Jésus comme Messie.
C’est ainsi que chacun des événements fêtés en ce jour manifeste la divinité de Notre Seigneur.
L’arrivée des mages est rapportée par saint Matthieu. C’est cet aspect de la fête qui se trouve particulièrement mis à l’honneur dans l’office romain. Saint Léon et saint Grégoire, ont paru vouloir y insister presque uniquement, dans leurs Homélies sur cette fête, quoiqu’ils confessent avec saint Augustin, saint Paulin de Nole, saint Pierre Chrysologue, et saint Isidore de Séville, la triplicité du mystère de l’Épiphanie. L’or est offert à Jésus vrai Roi, la myrrhe à Jésus vrai homme et l’encens à Jésus vrai Dieu. Maintenant, même les païens connaissent l’Auteur du Salut. Il s’est manifesté à eux. Voici ce que nous dit saint Léon : « Reconnaissons donc, mes bien-aimés, dans les Mages adorateurs du Christ, les prémices de notre vocation et de notre foi, et célébrons avec des cœurs pleins de joie les débuts de cette heureuse espérance. […] Honorons donc ce très saint jour en lequel l’Auteur de notre salut s’est fait connaître, et Celui que les Mages ont adoré petit enfant dans une crèche, adorons-le, tout-puissant dans les Cieux. Et, comme les Rois firent de leurs trésors des offrandes mystiques au Seigneur, cherchons de même à trouver dans nos coeurs des dons qui méritent d’être offerts à Dieu. »
Les deux autres manifestations de la divinité de Notre Seigneur, son baptême par Jean au Jourdain et son premier miracle à Cana restent, en ce jour, plus discrètes, estompées par la grandeur de la visite des mages. C’est pourquoi l’Eglise les a ensuite fêtés pour elles-mêmes à l’octave de l’Epiphanie et au deuxième dimanche après l’Epiphanie afin de mieux les mettre en valeurs.
Le baptême de Notre Seigneur révèle que Jésus est le Fils de Dieu. Le Saint-Esprit apparaît sous la forme d’une colombe et la voix du Père se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé qui a toute ma faveur. » « L’Emmanuel s’est manifesté aux Mages ; mais cette manifestation s’est passée dans l’enceinte étroite d’une étable à Bethléem, et les hommes de ce monde ne l’ont point connue. Dans le mystère du Jourdain, le Christ se manifeste avec plus d’éclat. Sa venue est annoncée par le Précurseur ; la foule qui s’empresse vers le Baptême du fleuve en est témoin».
Les noces de Cana sont pour Jésus l’occasion de révéler qu’il possède la puissance divine : Il fait son premier miracle, à la demande de sa mère. « et ses disciples crurent en Lui » dit saint Jean. Jésus appelle certains d’entre les hommes à entretenir avec Lui une intimité particulière. Ce miracle est le premier d’une longue série qui obtiendra la conversion de beaucoup, juifs et païens, qui reconnaîtront ainsi la divinité de Notre Seigneur. « Mon Seigneur et mon Dieu » reconnaîtra saint Thomas l’incrédule.
Ce trop court article veut vous inciter à approfondir le sens de ces trois évènements de la vie de notre Seigneur et peut être encore plus le baptême de Notre Seigneur et les noces de Cana. Vous trouverez beaucoup de choses intéressantes chez Dom Guéranger (l’année liturgique) ou Dom Pius Parsch (le guide dans l’année liturgique).
Je vous souhaite une sainte fête de l’Epiphanie.
Abbé Loïc Courtois, FSSP
Extrait des Clefs de Saint-Pierre (Janvier 2026), bulletin de la Fraternité Saint-Pierre dans l’archidiocèse de Bordeaux
