Dans L’Appel de Chartres (n°286, Mars 2025), gazette des pèlerins de Notre-Dame de Chrétienté, le Chanoine Alban Denis, ICRSP, évoque la personnalité de Saint Joseph :
Figure discrète quoiqu’incontournable, saint Joseph est célébré à la fois comme l’époux virginal de la Très Sainte Vierge Marie, le père nourricier de Notre Seigneur Jésus-Christ, le protecteur de la sainte famille ou encore le modèle des travailleurs. Depuis le 8 décembre 1870, et le décret Quemadmodum Deus du pape Pie IX, saint Joseph est aussi invoqué en tant que patron officiel de l’Eglise universelle.
Du joueur de rugby, plein de charisme, de maîtrise et d’allant, les commentateurs le décriront facilement comme le « patron » de son équipe. « Patron » de l’Eglise universelle, saint Joseph l’est par excellence. Il est un pilier, à bien des égards. Et si saint Joseph était l’homme viril par excellence ?
A l’occasion de l’année saint Joseph voulue par le pape François en 2021, le philosophe Martin Steffens eut l’occasion de s’arrêter sur la figure masculine de saint Joseph. Dans une entretien donné alors à l’hebdomadaire France Catholique, il expliquait : « Saint Joseph nous révèle que la virilité est d’abord une vertu relationnelle ». S’il est possible, bien évidemment, d’honorer son auguste chasteté, s’il est tout à fait convenable de contempler sa souveraine docilité aux desseins de Dieu et aux voix de l’ange qui lui indique de ne pas répudier Marie ou de fuir en Egypte, les baptisés que nous sommes auraient tort d’en rester à cette seule contemplation. Sans la virilité, sans cette fameuse caractéristique propre à une masculinité vécue en plénitude, la chasteté et la docilité du bon saint Joseph pourraient renvoyer à des idéaux sans vie et figés, telle une image jaunie coincée dans l’épaisseur des pages d’un vieux missel oublié.
Nous le savons, en accueillant dans son sein, par son fiat le jour de l’Annonciation, le Verbe de Dieu, Marie la très sainte devint « le tabernacle vivant de la divinité », selon la jolie formule du chantre de Notre-Dame, saint Louis-Marie Grignon de Montfort. Porter dans ses entrailles la vie donne à chaque femme d’entrer dans le mystère inouï de sa condition spécifique. A plus forte raison, en devenant le réceptacle de la deuxième personne de la Très Sainte Trinité, la sainte Vierge fait l’expérience extraordinaire de devenir l’enceinte du formidable trésor de vie qu’est le Christ le fils du Dieu vivant. Or cette enceinte, analyse Martin Steffens, n’est en fin de compte qu’une fine enveloppe de chair. Il faut un homme pour protéger l’enceinte, une figure virile qui fasse rempart contre un monde hostile, qui protège face à ce qui bouscule ou ce qui menace.
A l’heure où la crise du mariage et de la famille continue d’entraîner de multiples situations de détresse, à l’heure où le nombre de mères célibataires ne cesse d’augmenter, la figure spirituelle de saint Joseph vient rappeler avec profit aux hommes ce qu’est une authentique masculinité et aux femmes le roc précieux que cette dernière constitue.
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