L’association Fraternité Victimes a réalisé une étude des sites web des diocèses français du 18 au 20 mars dernier quant à la journée de prière et de mémoire pour les victimes d’abus, censée être le 3e vendredi de Carême, le 28 mars prochain – date qui d’ailleurs flotte entre le 21 et le 30 mars selon les diocèses. Six diocèses français sur dix ne l’ont pas annoncée en 2025, quinze ne l’ont pas annoncée en 2022 ou 2023.
« Fraternité Victimes constate que 60% des diocèses n’ont pas annoncé cette journée mémorielle pour 2025. Parmi eux, une trentaine n’ont jamais annoncé aucune journée de mémoire sur leur site web. Nous remarquons par ailleurs que, pour certains diocèses qui annoncent la journée, il est nécessaire de chercher longuement avant de trouver des informations. Nous notons enfin que parmi les quatre évêques membres du conseil de prévention et de lutte contre la pédophilie (CPLP) un seul annonce la journée de 2025« .
Communiqué de l’association Fraternité Victimes :
« Voulue par les évêques de France, la journée de de mémoire et de prière pour les victimes d’abus sexuels dans l’Église n’existe que dans peu de diocèses. L’association Fraternité Victimes déplore le manque d’engagement concret de la part des évêques alors que la journée sera célébrée le vendredi 28 mars 2025 (3e vendredi de Carême).
Malgré de nombreuses promesses d’actions et les propositions concrètes de la Conférence des évêques, Fraternité Victimes constate que 60% des diocèses n’ont pas annoncé cette journée mémorielle pour 2025. Parmi eux, une trentaine n’ont jamais annoncé aucune journée de mémoire sur leur site web. Nous remarquons par ailleurs que, pour certains diocèses qui annoncent la journée, il est nécessaire de chercher longuement avant de trouver des informations. Nous notons enfin que parmi les quatre évêques membres du conseil de prévention et de lutte contre la pédophilie (CPLP) un seul annonce la journée de 2025.
Cette journée de mémoire et de prière doit s’inscrire dans la volonté d’écouter et de prendre soin des personnes victimes, mais aussi de lutter contre les violences et agressions sexuelles et les abus de pouvoir et de conscience. Le devoir de mémoire est vital pour que plus jamais de tels actes ne se reproduisent et pour que les personnes victimes n’aient plus honte de parler.
Dans quelques jours, les 31 mars et 1er avril, tous les évêques de France seront présents à Lourdes pour une session exclusivement dédiée à la lutte contre les abus, où de nombreux invités (dont Fraternité Victimes) seront présents. Nous demandons un réel investissement aux autorités ecclésiales afin de construire la fraternité. Nous exigeons le respect des engagements pris : une date réellement investie ainsi qu’un lieu mémoriel national choisi avec les personnes victimes.
« Nous appelons les évêques de France à une cohérence entre leurs déclarations et leurs actes, explique Mélanie Debrabant, président de Fraternité Victimes. Il est inadmissible de se dire solidaire des victimes sans agir concrètement. La journée ayant été voulue par les évêques, qu’ils s’en saisissent afin de témoigner d’une réelle volonté de reconnaissance et de soutien envers les personnes victimes et de permettre aux fidèles de leurs diocèse de faire de même. »
La responsabilité est d’abord celle des évêques, mais également de tous les catholiques et de l’ensemble de la société. Fraternité Victimes invite chacun à manifester leur solidarité envers les personnes victimes et à réaffirmer leur engagement contre toutes formes d’abus, en participant aux initiatives du 28 mars prochain, ou à interroger les responsables de l’Église locale sur l’absence de proposition« .