L’Eglise fête aujourd’hui la Chaire de Saint-Pierre à Antioche. Prions pour le Pape. Prions pour les prêtres et séminaristes de la Fraternité Saint-Pierre dont c’est une des fêtes patronales.
Conformément à ce que nous avons observé le 18 janvier, aujourd’hui, selon l’antique tradition romaine, maintenue sans altération jusqu’au XVIe siècle, l’on célébrait la fête de la Chaire romaine de saint Pierre, sans qu’Antioche eût rien à y voir. Il ne s’agit pas, en effet, d’honorer les diverses et successives résidences de l’Apôtre en différentes parties du monde ; seule la Chaire vaticane s’élève comme le symbole de la primauté universelle que Pierre et ses successeurs exercent de Rome sur toute l’Église ; honneur sans précédent et que la Ville éternelle revendique exclusivement pour soi.
L’origine de cette fête, déjà mentionnée en ce jour dans le Férial Philocalien de 336 : Natale Petri de Cathedra, est sûrement romaine ; elle est pourtant omise par les Sacramentaires Gélasien et Grégorien, sans que nous arrivions à en entrevoir la raison, à moins que cela ne se doive attribuer au fait qu’elle tombe presque toujours durant le Carême. Le fait même que la sedes ubi prius sedit sanctus Petrus, dans le cimetière Majeur, trouva vers le Ve siècle une sérieuse concurrence dans la chaire de bois du Vatican, contribua à diminuer l’importance de l’antique Sedes de la voie Nomentane. Vers le VIIe siècle, des causes qui nous échappent déterminèrent en outre l’autorité ecclésiastique à limiter et même à empêcher le culte que, par l’offrande de lampes et d’encens, le peuple rendait à une chaire de tuf existant dans le cimetière Majeur. Ce fut probablement sous l’impression de semblables désordres que l’Église romaine tenta d’effacer des sacramentaires la fête du 22 février.
La tradition fut toutefois plus forte que tout édit de proscription, puisque dans l’Antiphonaire de Saint-Pierre nous trouvons la fête de la Chaire célébrée au Vatican à sa date primitive et traditionnelle, le 22 février.
Bienheureux Cardinal Schuster