C’est à l’occasion du synode sur l’Amazonie que l’on découvre l’existence de cet évêque français au Brésil. Mgr Dominique You est né le 3 juillet 1955 en France. Fils du général Bernard You, commissaire national de l’Association des guides et scouts d’Europe, Dominique You est entré au séminaire de Paray-le-Monial avant de poursuivre sa formation au séminaire français de Rome. Il est le frère du Père François You, père abbé de l’abbaye Notre-Dame de Maylis. Bien qu’originaire du diocèse de Fréjus-Toulon, il a été ordonné prêtre le 23 juillet 1981 pour le diocèse de Tulle. Dans son diocèse, il est vicaire à la paroisse Saint-Sernin de Brive, puis aumônier des lycées et collèges de Brive.
En 1992, il part au Brésil comme prêtre fidei donum. Il coordonne l’Œuvre Points-Cœur dans ce pays et est directeur spirituel au séminaire « Central da Bahia ». En 1994, il est nommé curé de la paroisse « Nossa Senhora dos Alagos », ministère qu’il conservera jusqu’à son ordination épiscopale. Nommé évêque auxiliaire de São Salvador de Bahia au Brésil le 11 décembre 2002, il a été ordonné le 10 février 2003. Depuis le 8 février 2006, il est évêque de Santíssima Conceição do Araguaia, en Amazonie, toujours au Brésil.
Dans un témoignage à Famille chrétienne, Mgr You indique
« En lisant l’Instrumentum laboris du Synode, j’ai été frappé de constater l’écart entre ce document et la contribution que nous avons fait parvenir, au nom du diocèse dont je suis l’évêque, à la Red eclesial panamazonica (Repam) à laquelle le Saint-Père a confié la préparation de ce Synode. L’Instrumentum laboris est dirigé presque exclusivement vers l’appui qui doit être donné aux populations indigènes et, ceci, dans une perspective socioculturelle, alors que la préoccupation des diocèses est d’abord d’élaborer une authentique pastorale évangélisatrice. […]
Pour déprécier le ministère itinérant de nos consacrés et promouvoir ces deux initiatives, un slogan enchanteur est apparu : il nous faut “passer d’une pastorale de la ‘visite’ à une pastorale de la ‘présence”. C’est beau, mais c’est trompeur. Car, l’Évangile lui-même ne cesse de nous montrer Jésus célibataire, “faisant route” et “visitant” les villes, ne s’arrêtant en aucune d’entre elles.
Apparaît ainsi une autre limitation de notre “document de travail” : son fondement biblique se limite à quelques citations. L’Instrumentum laboris ne s’appuie jamais sur une réflexion biblico-théologique approfondie. Dans ses propositions, il ne manifeste pas ce qu’on est en droit d’attendre de lui : le souci extrême de fidélité à ce que nous dit la parole de Dieu. Car, en fin de compte, c’est elle qui a toujours été et demeure, avec la sainte Tradition, la norme suprême de l’Église.
Et dans La Vie, il déclare :
Entendre des évêques dire que 65% des communautés ecclésiales n’ont l’eucharistie qu’une fois par an m’a transpercé le cœur… Il n’y a pas que l’aspect idéologique, j’ai entendu le cri de grande souffrance des évêques disant : “ Ça ne peut pas continuer comme ça !” Cela fait 250 ans que ça dure pour les plus anciennes communautés… En somme, la question n’est pas simple, et ce qui est difficile, c’est quand elle est idéologisée. À nous de multiplier les ministres de l’eucharistie – de la distribution – et de faire monter les vocations !