Suite à mon article sur les finances du diocèse de Saint-Denis, un lecteur nous écrit :
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Monsieur le Directeur,
Je lis sur Riposte Catholique que le diocèse de St Denis est en déficit de 900.000 €, parce que la population est pauvre. Disons plutôt que la population est toujours plus maghrébine, et qu’elle n’a pas l’idée – c’est bizarre, n’est-ce pas ? – de donner au denier de l’Eglise.
Donc, le diocèse de Saint-Denis n’est pas plus riche que les diocèses d’Alger ou d’Oran. La belle affaire ! Il devrait faire des économies. Or, l’association créée par le diocèse de Mgr Delannoy pour restaurer le chœur a dépensé 700.000€ pour un nouvel autel et un nouvel ambon pour la cathédrale, franchement ignobles. 700.000 €, et non 400.000€, comme on a raconté. Un vrai scandale ! C’est un autel en pierre avec un trou de lumière en forme de croix au milieu, nappé d’une grosse couche de verre. L’idée de l’artiste slovaque Vladimir Zbynovsky, dont j’espère qu’il donne au denier de l’Eglise, est de laisser passer la lumière du jour au milieu du bloc de pierre qui constitue l’autel sur tombeau de Saint-Denis dans la crypte. Génial non ? Oui, et 700.000€. Et donc pas de nappe sur l’autel, vendredi saint perpétuel ! Par ailleurs aucun décor sur cet autel de très grand luxe, pas de croix, pas de chrisme, rien de rien : un bloc de pierre.
Et alors, comme toujours quand on gagne peu et qu’on dépense beaucoup, on n’a plus d’argent, et il ne reste plus qu’à pleurer et à dire qu’on ne peut pas nourrir ses prêtres.
Un chrétien du diocèse
PS : selon mes informations, il faut revoir toute la voûte de la crypte, qui menace de s’effondrer sous cet autel druidique, d’autant que, pour le jour passe, il est prévu d’ôter la clé de voute de la crypte : faire tenir une voûte sans clé, c’est assez compliqué.
A ma connaissance, la crypte ne comporte aucune voûte sous l’autel. Dans cette partie de la crypte (et à la différence de l’autre partie où se trouvent trois cercueils de rois deux cercueils de reines appelée aussi la chapelle d’Hilduin ), la couverture est faite avec des poutres en béton.
B.H.
Peu importe le détail de la cléf de voute.
Cette révélation faite par un vrai chrétien et non par les affairistes du diocèse, éclaire tout.
Il donne le ton de la dérive dans laquelle tombent les soi-disant responsables diocésains qui confondent à escient, denier de l’église qui ne leur appartient pas, avec leurs ambitions personnelles inspirées davantage par l’étage d’en bas (où ils iront) que par l’Esprit Saint.
Comment en est-on arrivé à “ça”…?
Pauvre JESUS CHRIST que l’on crucifie tous les jours avec de tels dépenses pharaoniques alors que les chrétiens sont martyrs d’un très grand nombre de pays et meurent ou subissent la torture sans que le VATICAN s’en soucie?
Je trouve INDECENTS ces travaux DANS certaines églises quand, dans notre pays, certains diocèses ont des églises qui menacent de s’effondrer, n’ont pas de chauffage, n’ont… plus de prêtres…! voir ne peuvent plus donner à leur prêtre les moyens de survivre?
Est-ce là l’EGLISE DE JESUS CHRIST?
Je ne vais pas au-delà car je suis révoltée dans mes profondes réflexions sur ce qui se passe aujourd’hui dans les pays chrétiens. Nous n’allons pas le rester longtemps…
Je suppose que l’auteur de cette lettre n’est pas passé par Saint-Denis depuis fort longtemps. Il se rendrait compte que les Maghrébins y sont nettement concurrencés par le Proche-Orient, mais aussi toute l’Afrique sub-saharienne et toute l’Asie. Il y a cependant de nombreux chrétiens dans cette population étrangère ou d’origine étrangère et pas mal de catholiques au milieu des évangélistes. Et les Africains d’Afrique noire sont habitués, dans leur diocèse d’origine, à la dîme : ils donnent – réellement – à leur paroisse au moins 10 % de leur revenu mensuel (en RCA cela va parfois jusqu’à 50 %). Le coût de la vie en France étant très supérieur à ce qu’il est chez eux et continuant pour beaucoup à donner à leur paroisse d’origine (car, contrairement à ce que l’on croit trop souvent, ils n’ont pas, pour la plupart, l’intention de rester en France), ils ne donnent pas ici autant que là-bas mais donnent quand même beaucoup. Un smicard ivoirien donne parfois plus chaque année à sa paroisse en France qu’un cadre supérieur français. Je doute donc que le diocèse de Saint-Denis soit si pauvre. Par contre, la charge immobilière est réellement très importante et explique sans aucun doute le déficit. En outre, l’autel a fait l’objet d’une souscription et a été payé par le mécénat : http://www.lejsd.com/content/basilique-cherche-m%C3%A9c%C3%A8nes
400 000 € est bien le montant de la souscription et le diocèse n’avait aucun intérêt à le réduire.
Pour mémoire, une paroisse africaine, par exemple Sainte Monique du Plateau Dokui dans l’archidiocèse d’Abidjan, crée en 1991, c’est environ 2000 personnes à chaque messe avec 4 messes par dimanche (les Ivoiriens réussissent à faire des cérémonies de 2 heures avec le rite ordinaire), le tout d’une excellente tenue…
Afin que les choses soient claires, précisons que le prix de l’aménagement du chœur (400K€ à 500K€ comme indiqué dans la souscription, ou 700K€ comme indiqué dans l’article) ne sont pas à l’origine du déficit de 900K€ annoncé pour l’Association diocésaine.
L’aménagement du chœur est payé par une association des amis de la basilique, qui a lancé pour cela une souscription.
De plus, ce type d’aménagement mobilier fait l’objet d’amortissement – à minima sur 20 ans j’imagine – et ne pèserait donc que pour un vingtième dans le résultat comptable de la structure juridique qui les porte.
Enfin, cet aménagement du chœur relève de l’immobilier par destination, donc sera la propriété de l’État Français. Ils ne figurera pas dans le bilan de l’Association diocésaine, et ne pèsera donc pas dans ses dotations aux amortissements. Je ne suis pas certain que l’Etat amortisse ce type d’immobilisations…
Je sais bien que nulle part vous n’avez indiqué qu’il en était autrement, mais pour la clarté de l’information de chacun, vous permettrez cette précision qui n’est pas forcément évidente pour tous.
Nous réfutons suffisamment les tentatives d’amalgame par rapprochement chez les ennemis de la foi catholique pour éviter de risquer d’y succomber, ou de nous laisser à y entrer… comme chacun veux !
Saint-Denis, je connais un peu car il m’arrive d’y accompagner certaines messes. Je confirme la laideur de cet “autel” qui n’en est pas un, outre que pour y célébrer la messe… Que sont devenus les majestueux autels, couverts d’une belle nappe brodée, avec fleurs et candélabres entourant le Christ ? Cet argent que pour ma part j’estime gaspillé aurait pu servir utilement à faire restaurer – à peu de frais et de manière pour mon goût plus urgente – l’orgue d’accompagnement (dans les stèles, à gauche), petit bijou de Cavaillé-Coll qui, malgré ses petites dimensions, est capable de remplir l’église de sons autrement mélodieux que ceux produits par l’infâme orgue électronique au pied de l'”autel”. En ce qui concerne la population résidant à St-Denis, il est évident, lorsqu’on circule en ville, qu’on n’est plus en France.
On lit : En ce qui concerne la population résidant à St-Denis, il est évident, lorsqu’on circule en ville, qu’on n’est plus en France.
Encore faut-il s’entendre sur la notion de FRANCE, car il n’y en a pas qu’une : il y a celle de Pétain, et il y a celle des arrivistes qui l’ont condamné à mort (notamment le planqué et opportuniste de Londres).