Mgr Luc Ravel, évêque aux Armées, écrit dans la revue diocésaine de février 2015 quelques réflexions après les attentats :
« La guerre. Son nom est aujourd’hui prononcé. Mettre un mot sur la réalité est gagnant. Mais de quelle guerre s’agit-il ? Dans toute guerre, la tendance facile consiste à se mettre dans le camp du bien contre des ennemis empêtrés dans celui du mal. Ainsi nous plaçons-nous dans le camp de la liberté contre l’islamisme obscurantiste. Mais concrètement est-ce aussi simple? En luttant contre le terrorisme à revendication religieuse, en face des islamistes, sommes-nous pour autant dans le camp du bien tout pur ? Ne risquons-nous pas d’être aspirés dans une spirale libertaire et suicidaire avec qui nous partageons le même combat, contre le terrorisme, mais pas nécessairement les mêmes certitudes ? Dans la Résistance, il y avait de nombreux communistes. Pour autant, devions-nous adhérer à l’idéologie communiste en résistant contre le nazisme ? Nous y sommes.
Voilà que, dans la guerre naissante, la peur nous saisit d’être pris à revers…
Le chrétien se sent jeté précipitamment dans la zone de no man’s land où s’échangent les tirs d’obus. Il rampe au milieu des mines et autres barbelés, entre deux tranchées adverses d’où pleut la mort. Sa place au cœur de la bataille se résume alors à aller chercher les blessés pesant sur la boue tandis que deux idéologies terribles, deux pensées de mort, deux camps inhumains s’affrontent au dessus de sa tête. Il sait qu’il en sera la première victime, dans la foulée de son Maître, l’Agneau de Dieu qui l’envoie comme une brebis au milieu des loups. Pris pour un ennemi par les deux côtés, il recevra la mort de l’innocent, Agneau de Dieu – ND de Paris brancardier du monde, titubant entre les corps, pour la dignité du mort et le salut du blessé.
Voilà que, avec inquiétude, nous découvrons que notre guerre n’est pas simple ; qu’il nous faut choisir notre camp ; que nous nous armons contre le mal manifeste sans prendre position pour le mal sournois. Le chrétien se sent pris en tenaille entre deux idéologies. D’un côté, l’idéologie qui caricature Dieu au mépris de l’homme. De l’autre, l’idéologie qui manipule l’homme au mépris de Dieu.
D’un côté, des adversaires déclarés et reconnus : les terroristes de la bombe, vengeurs du prophète. De l’autre côté, des adversaires non déclarés mais bien connus : les terroristes de la pensée, prescripteurs de la laïcité, adorateurs de la République.
Dans quel camp se situer comme chrétien ? Nous ne voulons pas être pris en otage par des islamistes. Mais nous ne souhaitons pas être pris en otage par des bienpensants. L’idéologie islamique vient de faire 17 victimes en France. Mais l’idéologie de la bienpensance fait chaque année 200 000 victimes dans le sein de leur mère. L’IVG devenue droit fondamental est une arme de destruction massive. Alliés pour la France avec d’autres, nous devons faire front contre les attaques terroristes explicites. Mais, pour autant, nous ne devons pas cautionner les folies de l’euthanasie, du mariage pour tous et autres caricatures de Charlie-Hebdo. Que faire ?
L’histoire n’est pas neuve. Il s’agit de faire corps avec son pays, mais de refuser les idéologies qui le traversent. Etre russe, sans être soviétique, chinois sans être communiste, allemand sans être nazi. Les idéologies ne font que passer. Au regard de l’histoire, leur durée de vie est plus courte que leurs propagandistes ne le pensent.
Bien avant, les prophètes eurent la même attitude : tout en se rangeant du côté du peuple d’Israël, ils en dénonçaient les perversions. L’invasion des babyloniens n’empêche pas Jérémie de protester contre les idolâtries du peuple dont il partage la destinée. Né vers 650 avant J.C., Jérémie va connaître la période tragique de la ruine par morceaux du Royaume de Juda alors concentré autour de Jérusalem. En 587, Jérusalem est prise par les babyloniens, le Temple est incendié, la population déportée. Passionné par Juda, passionné par Dieu et pour son peuple, Jérémie fulmine aussi bien contre Juda que contre les nations païennes. La première partie du livre contient des menaces contre Juda et Israël (1, 1 à 25, 13), la deuxième partie contre les nations, les peuples adverses (25, 13 à 25, 38 et 46 à 51). Les autres passages sont essentiellement biographiques, Jérémie y révèle ses souffrances. Il fait corps avec son peuple : il souffre de tous ses membres de son infidélité mais il en reste solidaire jusqu’au bout.
A ce qu’il me semble, à ce point de mes réflexions, j’ose affirmer qu’épouser la cause de Dieu pour sauver l’homme ne signifie pas :
Refuser de servir son pays. S’éloigner des combats jugés fugaces pour l’éternel Royaume. Refuser la loi des corps et des esprits qui naissent et grandissent dans la lutte.
Mais je crois pouvoir dire qu’épouser la cause de Dieu pour sauver l’homme signifie :
Reconnaître toutes les idéologies, leur virulence, leur opposition (souvent l’une révèle l’autre). N’en suivre aucune : les dénoncer symétriquement et systématiquement. Ne pas en construire une autre, à mi-chemin entre les deux.
Et pour cela, il y a une discipline à pratiquer :
Se méfier des idées, de toutes les idées surtout enveloppées de croyances, voire de christianisme. Les idées tuent, elles sont les idoles modernes auxquels on sacrifie l’homme libre.
Aller vers l’homme concret, individuel, de chair et d’os : tant d’idéologies humanistes organisent les génocides au nom de leurs principes. Que de morts au nom de la vie, que d’emprisonnements au nom de la liberté ! Ce chemin de l’homme concret conduit à Dieu.
Le chrétien n’est pas apatride : sur terre, il appartient à des communautés dont deux sont d’institution divine, la famille et la nation. Où en sont-elles ?
De cette discipline découlent trois missions concrètes, c’est le camp du chrétien et son action particulière dans la guerre :
Il va à l’homme individuel. Il va vers lui, en épousant ses joies et ses espoirs… tout ce qui le rapproche de cet homme blessé lui convient mais le partage de la même misère est le meilleur raccourci pour aller à l’autre.
Il défend la famille. Car c’est la première communauté d’hommes et de femmes concrets qu’il rencontre et sans laquelle il finit par imploser dans sa solitude. Le pape François aux Philippines (16.01.2015) s’écrie : « Comme nous avons su dire non à la colonisation politique, nous devons dire non à toute forme de colonisation idéologique qui viserait à détruire la famille. »
Il prend part à la dynamique de son pays. Et s’il doit combattre dans les rangs de son armée, il le fait sans honte et sans retenue. Car se faisant, il ne prend pas la cause de telle ou telle idéologie semée dans sa nation ; les poilus de 14 ne prenaient pas fait et cause pour l’anticléricalisme régnant en se battant pour la France. Le catholique allemand devait être dans les rangs allemands et le catholique français dans les rangs français.
La cause de l’homme, le camp de Dieu s’incarne ainsi dans l’homme, la famille, la nation. A nous de nous intégrer à fond dans l’homme, la famille et la France.
Guerre compliquée, donc, parce que nous sommes courageux mais aussi lucides. Nous voulons défendre la France mais sans être pris en otage par une revue de misère. Nous voulons nous opposer au terrorisme islamique sans donner raison au terrorisme contre Dieu. Nous serons courageux avec les autres mais nous serons lucides pour les autres en questionnant.
Par exemple, à force de laïcité (agressive) n’avons-nous pas laissé le saint Nom de Dieu entre de bien mauvaises mains ? A force de le cacher dans un placard, n’avons-nous pas laissé le saint Nom de Dieu moisir en milieu de haine ? Certaines questions feront mal à nos élites, docteurs de la Loi, gardiens du Temple.
Comment aussi demander aujourd’hui à des musulmans droits et de bonne volonté de s’intégrer à une France qui leur est présentée comme une somme de valeurs libertaires, irréligieuses, amorales ? L’intégration en France ne doit pas présupposer l’assimilation à des valeurs déifiées et erronées. On peut, on doit demander l’intégration à la France mais pas à la caricature de la France. L’intégration, par ailleurs, fait peur à certains au motif que chacun doit rester avec sa culture, sa religion etc. On pourrait en rire en d’autres circonstances: en république laïque, l’intégration n’impose aucune religion ou changement de religion ! Et donc pourquoi revenir sans cesse sur cette conjugaison religion-intégration ? Intégration signifie faire corps ensemble, comme la main, le foie, le cœur ne s’intègrent au corps qu’en réunissant leur force pour la vie de la personne totale. Quand un soldat français musulman combat et meurt pour la France, lui a-t-on demandé de renoncer auparavant à sa culture et à sa religion ?
La position, je parle là en militaire, sera inconfortable. Mais avec la Grâce, elle ne sera pas intenable. Seul notre courage validera notre lucidité aux yeux des autres. Seule notre lucidité validera notre courage aux yeux de Dieu. »
Voilà une belle réflexion : les musulmans sincères ne sont-ils pas scandalisés que nous ayons abandonné Dieu ? Leur foi ne les conduit-elle pas ainsi à nous mépriser, ou tout au moins à ne pas nous respecter, nous et notre culture, et notre pays ?
C’est un fait que les difficultés d’intégration des musulmans ont un lien avec la pratique visible de leur religion, et que leur développement a été concomitant de la désertion des églises… Concomitant ne veut pas dire consécutif, mais tout de même, on peut y réfléchir …
La religion des musulmans n’est pas vraimente une religion, mais elle est une idéologie totalitaire et três oppressive sous la forme d’une fausse religion, ne différant pas de leur également dieu adoré par les communistes, le dieu du pouvoir, ainsi comme les musulmans, chacun d’une façon, mais tous les deux à l’intention de dominer le monde et y imposer leurs « religions » athéistes par la force.
Ils éduquent les enfants musulmans dès leurs début avec le feu et l’épée dans cette religion d’un faux dieu et seulement composée d’externalités, en appartenant à la classe des religions païennes et ils créent les hommes-bombes!
Les Chrétiens sont aussi persecutés par les idéologistes ennemis di catholicisme qui poursuivent particulièremente l’Eglise catlholique; c’est un vrai Satan et ses légions x Jesus Christ et ses disciples!
La lucidité semble être une qualité qui manque à beaucoup de Français, surtout aux soi-disant responsables politiques qui paraissent être presque seuls à ne pas avoir compris que nous sommes effectivement en guerre.
Prions pour eux!
Oh oui, je veux laisser un commentaire. Je suis ECOEUREE de voir que le monde entier se pâme de douleur pour les sculptures détruites par les assassins musulmans et et qu’en face ce monde pourri n’a pas une larme (juste une larme! ) pour ces milliers de chrétiens et même de musulmans (mais je ne les entends pas beaucoup se révolter, c’est vrai qu’ ils risquent la mort s’ils sortent le bout du nez, il y en a cependant des courageux qui marchent la tête haute car ils ont compris ce qu’est l’islam.) décapités, égorgés, assommés, comme des statues!
Ils sont vivants ces chrétiens!, ils n’ont pas 2000 ans comme les statues, non, mais 30, 20,2,70 ans, Pleurez mauvaises gens, ce sera votre tour quand se manifesteront ceux que vous avez installés, vous, hommes d’Eglise et de gouvernement.
C’est monseigneur Ravel qui va nous fournir les armes pour défendre notre Patrie? Que fera-t-il quand les SS de Valls et Hollande tireront sur la foule?
Ce texte est bon mais je ne me permettrais pas de le commenter du point de vue religieux,cet Evêque ayant beaucoup plus légitimité que moi sur ce plan.Je résume mon jugement politique:si la France est évidemment dans une impasse,la cause est simple et unique:la France a perdu toute indépendance politique nationale;dès lors,plus rien de réel n’est possible!Si de Gaulle a accéléré l’indépendance de l’Algérie mais aussi de tout le reste-et beaucoup en ont souffert-,le but état d’avoir les mains;avec la bombe,c’était définitivement acquis et la France est sorti de l’otan sans que amerlocs ne pipent mot.Qu’un autre pays essaye de le faire aujourd’hui tout « l’occident » lui tombera dessus et il finira par caner sur tout,voir la Grèce.Les successeurs de de Gaulle,hors Pompidou, ayant tout bradé,nous repartons à zéro et avec moins d’atouts mais l’objectif doit rester le même:l’homme politique-d’Etat en fait- qui prendra cette direction gagnera un jour ou l’autre les présidentielles haut la main,les français étant été trop humiliés pour en supporter davantage sous peine de disparaître en tant que nation:ensuite ce qui semblait impossible deviendra possible comme par enchantement et toutes les portes bouclées s’ouvriront une à une!Même un moins grand que de Gaulle peut y arriver car des forces sont prêtes sans toujours le savoir à combattre derrière lui:il nous faut une nouvelle libération définitive cette fois et redire comme nos Rois: »la France est empereur en son royaume »!Rien à voir avoir avec « la France seule » de Maurras,la France ayant eu toujours besoin d’alliés mais ,ne doit ni être vassale ni vassalisatrice et la France redeviendra « éducatrice des peuples » à la vraie liberté! ps à celui qui m’ envoyé un message sur Jean Paual II et Baltasar:j’ai réfléchi sur le message que je lui ai renvoyé en commentaire mais j’ai des choses à ajouter qui je pense nous permettrons de mieux nous comprendre et de dissiper des malentendus et de mieux cerner s’il en reste nos divergences mais mon ordinateur m’ayant joué un tour je je ne peux plus le joindre ayant perdu ses références:s’il lit ce message,qu’il me réponde et nous pourrons avancer! Merci!
D’accord avec Mgr Luc Ravel sauf sur l’opposition qu’il fait entre les deux camps: celui des islamistes ennemis de l’homme et celui des libertaires ennemis de Dieu.
Car les islamistes sont aussi ennemis de Dieu quoi qu’ils disent et les libertaires sont aussi ennemis de l’homme quoi qu’ils disent. Et les deux se conjuguent pour détruire les hommes ou les bafouer dans leur dignité et leurs valeurs qu’ils tiennent de Dieu. Les deux s’acharnent à détruire la Civilisation au nom de la barbarie au pouvoir. Chacun fait le lit de l’autre.
Un lit carnassier.
Ainsi le Pouvoir médiatico-socialiste libertaire a toujours soutenu les terrorisme islamisme y voyant « Le Printemps ». Et ac présent, il le laisse poursuivre impunément les pires violations des droits de la personne humaine.
Ainsi l’Islamisme a pris prétexte des provocations des libertaires pour brûler des églises et tuer des chrétiens …
Les chrétiens doivent défendre la vie et la dignité des personnes humaines ; l’amour et l’honneur de Dieu. Ils doivent défendre la Civilisation.
Que ce soit difficile à faire avec le peu de moyens dont ils disposent, je le reconnais.
Chrétiens de tous les pays, unissons-nous ! Et d’abord, osons parler et désigner les auteurs des crimes contre l’humanité, même si nous avons peur car dans bien des pays, comme en France, ils ont pris le pouvoir .
Remarquable discours qui résume à merveille les conditions du combat que nous imposent les deux idéologies dominantes actuelles. Les militaires demeurent le dernier bastion de bon sens qui subsiste dans le cœur de ceux qui veulent demeurer Français. Merci Monseigneur d’être aujourd’hui leur digne porte-parole, au milieu du silence assourdissant de bien d’autres pasteurs, qui « laissent le saint Nom de Dieu moisir en milieu de haine ».
D’accord Monseigneur !
Mais je voudrais bien connaitre le discours des Aumôniers musulmans dans l’Armée française ???
Dixit : Intégration signifie faire corps ensemble, comme la main, le foie, le cœur ne s’intègrent au corps qu’en réunissant leur force pour la vie de la personne totale. Quand un soldat français musulman combat et meurt pour la France, lui a-t-on demandé de renoncer auparavant à sa culture et à sa religion ?
La position, je parle là en militaire, sera inconfortable. Mais avec la Grâce, elle ne sera pas intenable. Seul notre courage validera notre lucidité aux yeux des autres. Seule notre lucidité validera notre courage aux yeux de Dieu. »
Des questionnements dignes de l’Esprit Saint et prions !
Une réflexion profonde. Merci Mgr Ravel. Mais pour ce faire, il faut sortir Dieu ou son nom moisi du placard. Le nettoyer et l’exposer brillant à chaque carrefour.
On a assez fait de courbettes devant le politiquement correct et les intellectuels de ‘autodestruction. C’est le moment, avant que ce soit trop tard, de prendre nos valeurs en armes et de nous attaquer avec courage, détermination et respects aux eunuques des valeurs, ceux qui ont vendu notre lendemain au diable!
Bravo pour ce court commentaire plein de bon sens.
La réaction doit être immédiate car il est peut-être déjà trop tard.
Malheureusement les prières – même si elles sont indispensables – ne suffisent plus.
Il faut absolument qu’il se passe quelque chose, et vite!
Mettre sur le même pied les nihilistes de Daech d’un côté et les « prescripteurs de la laïcité et adorateurs de la république » de l’autre me paraît inaproprié. Je suis toutefois d’accord pour dire qu’il ne faut pas dénoncer un excès en promouvant des excès opposés. Personellement je suis un prescripteur de la laïcité et je trouverais blessant qu’on me compare à un égorgeur de Daech.
« Comment aussi demander aujourd’hui à des musulmans droits et de bonne volonté de s’intégrer à une France qui leur est présentée comme une somme de valeurs libertaires, irréligieuses, amorales ? » – Allons bon, et les chrétiens droits et de bonne volonté, est-ce qu’ils ne le font pas ?